‹ Histoire des PersesChapitre 40 sur 192 · CHAPITRE VII. — RÉGNE DE ZOHAK · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — RÉGNE DE ZOHAK

ques pour être celui des Mèdes et, par conséquent, des hommes de la Loi pure, car c'est ainsi que l'entendent les Grecs.

Sémiramis , douée d'un esprit et d'un coup d'oeil merveilleux, ne tarda pas à remarquer la situation critique où se trouvaient les Assyriens, et elle se rendit compte que, ceux-ci ne faisant aucune démonstration contre la citadelle, tout occupés qu'ils étaient à assaillir les endroits les plus faibles, cette citadelle était mal gardée par les défenseurs de la place , trop confiants dans la difficulté des approches. Elle réunit un certain nombre de soldats accoutumés à escalader les hauts lieux , et grimpant avec eux le long des escarpements les plus difficiles, elle parvint jusqu'aux remparts de l'acropole, en occupa le sommet, et de là avertit les siens de son succès. Les guerriers iraniens, surpris et épouvantés, désertèrentleurs postes qu'ils jugeaient dès lors intenables, et la place tomba entre les mains des assaillants.

L'admiration et les récompenses ne manquèrent pas à Sémiramis. Mais Ninus , allant au delà de la reconnaissance et frappé de sa beauté, en devint éperdument amoureux. Il la demanda à son- mari, qui refusa de la céder. En vain, Ninus lui offrit en dédommagement la main de sa fille Sosana, probablement Sousan, a le lys» ; voyant qu'il ne pouvait vaincre sa résistance, il le menaça de lui faire arracher les yeux, et Onnès désespéré se pendit. Sémiramis devint femme du monarque d'Assyrie et reine souveraine.

Ninus mohrut. Sa veuve lui fit ériger un tombeau glorieux, tumulus immense, large de dix stades et haut de neuf, sur lequel on construisit ensuite une forteresse qui exista plus longtemps que l'empire ninivite et longtemps encore après que les Mèdes eurent renversé l'État dont jadis ils étaient les vassaux '.

1 DiOD. Sic, II, 1-9.

Je reTÎendrai tout à Theure à la personnalité de Sémi-* ramis, qui mérite d'être examinée; en ce moment , il s'agit de terminer ce qu'il y a à dire sur Zohak. Il est certain , d'après ce qui précède et qui s'incorpore d'une manière si manifeste dans la légende iranienne, que ce prince, personnifiant la conquête sémitique au milieu de l'Iran et l'agrandissement formidable de l'empire des Adites, ou, si l'on aime mieux, des Ninivites, doit être considéré comme une figure synthétique dans laquelle Ninus et tous les chefs secondaires que j'ai nommés et que mentionnent aussi bien les Orientaux que les Grecs, se réunissent , tout en laissant apercevoir des traces notables de leurs existences séparées. La confusion établie sur les origines, sur les titres, sur les noms véritables du colosse assyrien, en est la preuve manifeste. On peut conserver le nom de Ninus comme étant celui qui convient le mieux au souverain suprême pour lequel et par lequel se sont accomplies toutes les conquêtes dans l'Iran ; on peut donner le nom de Déjocès, ou Dahaka , ou Zohak, a son puissant vassal de Médie ; dans l'un comme dans l'autre système, pourvu qu'on ne supprime rien des indications fournies par les autres personnages aperçus sous ces deux appellations, on restera fidèle au véritable esprit de la tradition.

L*idée de vassaux grands et puissants attachés à la monarchie ninivite est un fait si important pour les Orientaux , et qui est demeuré si ferme dans leur esprit, qu'un très-ancien historien arabe, Aboul-Faouarès, cité par Moslih-Eddyn Mohammed Lary , assure que Nemrod n'était autre que le gouverneur institué par Zohak sur les pays de la Loi pure.

D'ailleurs, aussitôt la conquête accomplie, Zohak ne parait plus comme souverain direct du sud de la Perse. Ce titre appartient à Héféran ou Koush-Héféran que j'ai

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