‹ Histoire des PersesChapitre 5 sur 192 · CHAPITRE I«f. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I«f. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES

Iraniens n'avaient pas jusqu'alors fait scission , ne formant tons ensemble qu'un même peuple. Il n'y avait pas lieu à colonisation ni à conquête. Cependant l'impulsion gé~ nérale ne parait pas être venue uniquement du côté du nord-est. Après la prise de possession de l'Hyrcanie, le flot, abandonnant cette direction, se reporta immédiatement vers le sud. Là, il couvre l'Arachosie, Harakayty, a la belle » . Puis il envahit l'Haëtoumat, « la brillante » , <c la lumineuse, » appelée Itomand par le commentaire parsy que j'ai déjà cité, et c'est l'Étymandre des historiens d'Alexandre, l'Helmend actuel, le pays appelé par les anciens Sacastania , et par les Arabes et les Persans, Sedjestan ou Seystan.

Arrivés à cette limite, les Arians paraissent avoir eu des raisons décisives pour ne plus marcher de préférence vers la région méridionale , soit que le pays , tout à fait stérile comme il l'est et défendu par un climat à peine supportable , ne leur parût plus valoir la peine d'être occupé, soit qu'il fût trop bien gardé par ceux qui le possédaient , soit, et cette opinion est encore la plus admissible, que les principales forces des conquérants, leur agrégation centrale, se trouvant cantonnées dans le trapèze dont Balkh , l'Hyrcanie , Hérat et Kaboul formaient les angles , des motii^ d'équilibre les aient fait incliner naturellement vers l'ouest à ce moment de leur expansion.

Ici donc se présente dans la liste du Vendidad, Ragha, « aux trois châteaux » . Les Iraniens sont ainsi désormais arrivés dans la Parthyène, au cœur de leur pays, sur le point qui en sera toujours la métropole naturelle. C'est la Rhagès du livre de Tobie, la grande ville de Rey de l'époque musulmane , dont Téhéran, la nouvelle capitale de la Perse , n'était jadis qu'un faubourg.

Après la fondation de Ragha vient celle de Chakhra, « la forte » . Puis le3 Arians bâtissent Varena, » la carrée » .

10 LIVRE I»r. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN.

Ghaklira pourrait être assimilée à Gharax , que Ptolémée compte au nombre des villes parthes. Le géographe Isidore , qui en était originaire , dit que Gharax se trouvait au sein des montagnes caspiennes, et il est certain qu'il faut entendre sous ce nom la longue chaîne longeant la mer, c'est-à-dire i'£lbourz. Sir H. Rawlinson , en jugeant ainsi , place Ghakhra soit près des Portes et du côté de Fyrouz- Kouh , au nord-est de Bagha , ce qui est peu probable , puisque Chakhra fiit fondée après la cité aux trois châteaux et devait, par conséquent, marquer un progrès fait dans l'ouest; soit, et ceci est plus admissible, à six ou sept lieues de Ragha , dans la direction occidentale , au pied de la montagne, à l'entrée dé la plaine et près d'un lieu qu'on appelle aujourd'hui Keredj. Je remarque toutefois que ce dernier nom , qui n'est pas sans quelque analogie avec celui de Ghakhra , appartient moins ù l'emplacement indiqué qu'à une petite rivière qui le traverse, et ce cours d'eau , dont la direction est tracée très-inexactement sur les cartes, sort en effet de l'Elbourz, précisément à cet endroit, et court vers le sud; mais jusque-là il a coulé de l'est à l'ouest, entre deux chaînes fort élevées, au creux d'une vallée assez large, où il a reçu plusieurs affluents. Dans cette vallée, à cinq farsakhs ou sept à huit lieues au nord-est de Téhéran à peu près, se présente une agglomération de quelques villages qu'on nomme Shehrestanek , « le district de la ville » . G'est sur ce terrain que je retrouverais volontiers le site de l'ancienne Ghakhra.

Varena, « la carrée » , parait être Demawend ', ville de la montagne dont on ne saurait contester l'extrême anti-

1 Demawend est la capitale du district de Garên, que Ton Terra souvent cité daus l'histoire héroïque, et qui, à Tépoque de la conquête musulmane, garda son indépendance et l'ancienne foi au moins jusqu'au dixième siècle de notre ère.

Page 1