‹ Histoire des PersesChapitre 41 sur 192 · CHAPITRE VII. — RÈGNE DE ZOHAK · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII. — RÈGNE DE ZOHAK

dëjà nommé , qui s'identiBe tout naturellement avec le roi des Mèdes institué par Ninos, et qui, d'ailleurs, réside à Hamadan, c'est-à-dire Ecbatane. Il est fils du roi Nywaseb, et l'auteur du Koush-nameh fait ce dernier fils de Zobak; ailleurs il n'est donné que comme son parent par alliance.

Peut-être est-ce encore ici une indication obscure de l'existence de la dynastie médique de Ninive. Puis Zobak fait en ce point pendant à Djem-Shyd : sa personnalité représente non-seulement tout le mouvement militaire et conquérant de l'Assyrie à l'époque de la conquête de l'Iran, mais encore une série entière et fort longue de dynasties dont la tradition persane, qui en a oublié le détail , se souvient dans l'ensemble , puisqu'elle dit que Zohak a régpié mille ans moins un jour. Ici les documents conservés par Gtésias et Diodore trouvent leur place, ainsi que ceux dont se sert Hérodote , et nous pouvons en toute certitude revenir à l'histoire de Sémiramis. C'est à la fois une reine assyrienne, mède et iranienne.

On la voit consolider et étendre l'empire fondé par l'éponyme Ninus. Elle bâtit Babylone, assure Diodore, bien que Bérose s'élève contre ce sentiment, et il parait avoir raison. Elle peut avoir ag^randi la ville, ou, pour être plus vrai, la domination ninivite que représente son nom a accompli une telle œuvre et bien d'autres. Quant à la création de Babylone proprement dite et même à celle de Ninive , le mieux est de n'en pas parler avec trop d'insistance. La Bible dit, au rebours de l'histoire profane, que la première de ces villes a été construite avant l'autre et fiit l'œuvre de Nemrod :

A Et le commencement de son règne fut Babel, Érek , 1» Akkad et Kalné , au pays de Sinhar.

» De ce pays-là sortit Assur , et il bâtit Ninive et les » rues de la ville, et Kalah ' . »

« Gencte, x , lO-I I .

136 LIVRE 1er. — PREM. et SEC. FORMATION DE L'IRAN.

Ce qu'il importerait de savoir d'une manière certaine, c'est ce que le Livre saint prétend désigner par le pays de Sinhar. J'ai déjà présenté mes doutes sur l'identification avec la Mésopotamie , et j'ai dit combien je serais enclin à voir là une contrée située à l'orient, séjour antérieur des populations émigrantes. Quant aux noms de Babel et de Ninive, j'ai indiqué aussi que l'antiquité ne donnait jamais de dénominations précises et directes, mais seulement des noms vagues. En considérant que Babel ne signifie autre chose que « la Porte de Dieu » , c'est-à-dire un lieu consacré quelconque, on conçoit que bien des localités ont pu, ont dû être ainsi dénommées. Quant à Ninive, c'est une forme de l'arabe « newy », « la maison , la demeure » , et ce- terme est encore plus indécis que celui de Babel. L'opinion la plus vraisemblable, c'est que personne n'a fondé ni la Ninive ni la Babel de l'Assyrie, et que, nées obscurément du concours des populations , ces deux cités se sont graduellement agrandies, fortifiées et embellies sous le règne des souverains de la dynastie zohakite , adite ou quel que soit le nom qu'on voudra lui donner.

Sémiramis fit encore de grandes créations dans la Médie, enrichit Ecbatane de monuments considérables, au nombre desquels on cite surtout les travaux d'irrigation. Dans la Perside, elle multiplia tellement les constructions, que partout , jusqu'au temps où écrivait Gtésias , il était d'usage de lui attribuer les restes de palais et de remparts ruinés répandus çà et là, et l'on prétendait que c'étaient ses camps, absolument comme en France les vestiges des Romains passent encore aujourd'hui pour devoir leur origine à César.

Je n'insiste pas sur les prétendues conquêtes de la reine d'Assyrie, elles sont par trop immodérées; s'il est admissible et même presque assuré qu'à l'ensemble des provinces de

Page 1