‹ Histoire des PersesChapitre 6 sur 192 · CHAPITRE l^. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES. li · texte numérisé non relu

CHAPITRE l^. — APERÇUS GÉOGRAPHIQUES. li

quité, ou encore S«ry, située en face de la mer. On peut invoquer en faveur de cette dernière supposition Tautorité du Zend-Avesta , qui , dans une de ses parties , à la vérité les plus modernes, met le pays de Varena sur les bords du grand lac Y oourou-Kasfaa , autrement dit la Caspienne *.

En tout cas, et c'est là un fait capital, ni Chakhra ni Varena ne dépassent guère la longitude de Téhéran, et sont les dernières stations iraniennes; au delà, pour ces premiers peuples de la Bonne Loi, il n'y a plus que l'inconnu. Le Vendidad, après avoir mentionné ces postes avancés de la race , termine brusquement sa liste des possessions arianes dans l'ouest. Il retourne à la frontière orientale extrême et nomme les Sept-Indes , c'est-à-dire le nord du Pendjab, qu'il ne distingue pas des terres sacrées, parce qu'en effet il n'y avait pas lieu de le faire alors. Le livre dit ensuite quelques mots d'une contrée vague située à Toccident d'un territoire nommé Bangha, dont les habitants, dit-il, se gouvernent sans rois; et ici finit sa nomenclature, avec l'assurance qu'il existe encore d'autres lieux, d'autres places, d'autres plaines et d'autres pays. S'ils ne sont pas énumérés , c'est que certainement ils n'ont aucun droit à être considérés comme appartenant aux contrées pures, c'est-à-dire aux contrées arianes.

Il résulte de ce qui précède, que pour les temps primitifs , les temps qui ont suivi les premières migrations et qui furent témoins de la fondation du premier empire, l'Iran ne comprenait ni la Médie, ni la Susiane, ni la Perside, ni le Kerman, ni le Mekran. Le cœur de cet Iran originel, c'était Balkli, c'était Merw. Sa frontière vers le sud, c'était la limite du Seystan , dont il n'embrassait probablement pas la totalité. Vers l'ouest, il ne dépassait qu'à peine Bhagès, et restait ainsi à six ou sept journées de marche de la Médie. Au nord, il contournait le coin oriental de

< Yesbt Ardevysoura-Kereshaspa.

la Caspienne, s'élevait du côte de TOxus, et se confondait sur toute la ligne septentrionale avec les territoires qui , plus tard , appartinrent exclusivement aux Scythes , dont rien alors, ni le sang, ni les mœurs, ni la langue, ni la foi , ne le séparaient, non plus que des Hindous.

Au sud de Rhagès et de Hérat, à Touest du cours inférieur de THelmend, il y a de fortes raisons d'admettre que la frontière des pays iraniens était tracée par les rivages d'une vaste mer intérieure, dont le bassin subsiste encore sous la figure du désert salin étendu sur tout le plateau central de la Perse.

Le lac Hamoun, à l'orient, le désert de Khawer, à l'occident, n'étaient que des golfes de cette masse d'eaux. Le Kerman faisait face au midi. L'oasis actuelle de Yezd, qui en occupe à peu près le centre, en était l'île ou une des îles principales. Aujourd'hui la stérilité la plus absolue, une chaleur dévorante, une sécheresse uniforme, ont remplacé la présence des vagues , sauf au lac Hamoun et dans la contrée de Khaw^er.

La particularité la plus remarquable du lac oriental est de changer d'emplacement. Dans son état actuel il occupe un bassin qui, à ses côtés, à l'ouest, en laisse un autre vide dont les contours sont parfaitement reconnaissables. Mais maintenant que les sables charriés par l'Helmend , débouchant dans le bassin , ont réussi à en exhausser le fond d'une manière considérable, le courant recommence à se frayer une issue vers le nord, et regagne insensiblement son ancien domaine, dont plusieurs parties sont déjà atteintes. Il est visible qu'après un temps donné, les sables, continuant à affluer, achèveront de combler l'étendue actuelle et reporteront le lac tout entier la où il était jadis. Il y séjournera jusqu'à ce que l'Helmend remaniant dans l'ancien lit l'encombrement qui en a jadis repoussé les flots, les chassera sur le nouveau et les forcera à se rouvrir

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