‹ Histoire des PersesChapitre 67 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN

pour son hôte, qu'il lui donna sa fille en mariage. C'est ainsi que le grand aïeul d'Abtyn s'était lui-même allie à un roi scythe.

La gravité de l'histoire ne permet pas de suivre la légende dans tous les développements romanesques qu'elle se plaît a tirer de ce thème. Elle ne manque pas de raconter le mariage d'Abtyn avec les détails auxquels nos romans chevaleresques nous ont accoutumés en pareille circonstance. Férareng, la fille de Tyhour, princesse incomparable, est frappée, au premier aspect, de la beauté héroïque du guerrier ira-

simple tamolus tenraot de tombeau, oa dernier vestige d'un monument écroulé. J*aiyu de ces derniers tépébsdans la vallée de Lar; mais, originairement, les tépélis, on le comprend par Tapplication de ce nom aux monuments bouddhiques, sont bien en eux-mêmes des édifices importants, et tels qu'une ville pouvait et devait s*en glorifier et les prendre comme la représentant par excellence, c'est-4i-dire les faire figurer dans son nom. « Basileion » ou « le Royal » est-il un mot traduit de l'ancien mot scythe? Peut-ou admettre qu'il faille le rendre par « Regia » ? Dans ce cas, la tradition persane dont s'est servi l'auteur du Koush-nameb aurait travaillé sur des documents fournis originairement par les Grecs, et se serait renseignée soit dans Strabon lui-même, ce qui n'est pas très-probable, soit dans le rapport de Patrocle auquel Strabon devait tout ce qu'il a dit. On le peut admettre, et dans ce cas le nom persan de m Bésila » n'est pas antre chose que le « Basileion » de la traduction hellénique. Mais les Grecs ont souvent transformé ainsi des mots étrangers à leur langue , dont le son se prêtait à être compris d'une certaine façon. Le sanscrit a un verbe, « vasa » , qui signifie « habiter • ; « vasy » veut dire « l'habitation » ;• en y joignant l'affixe « la » , qui figure dans beaucoup de dénominations géographiques de l'Inde, comme Pattala, Rouçasthala, Pankala, Vrikasthala et une foule d'autres, on aurait dans le mot Vasyla ou « Bésiln » le nom très-explicable et naturel d'une vieille cité ariane, « le lieu habite » , auquel on aurait joint plus tard la mention du « tépéh « , ou principal monument qui la décorait. J'avoue que je penche vers cette dernicrc interprétation; mais, en tout cas, soit que la tradition persane ait puisé la connaissance qu'elle a eue de Bésila à la source scythique ou à la source grecque, on voit ici de la manière la plus incontestable qu'elle a possédé ce renseignement très-ancien et qui jette une vive lumière sur cet état de prospérité, de civilisation avancée et de puissance commerciale dont les régions scythiques ont été le théâtre ^ une très-ancienno époque, et sans lequel , il faut l'avouer, on ne saurait en aucune façon s'expliquer ni la raison d'être, ni la multiplication, ni la richesse des colonies grecques de l'Euxin.

«16 LIVRE ler. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN.

nîen. Ce qu'elle apprend de la noblesse de sa naissance et surtout de ses exploits la transporte d 'admiration et bientôt d'amour. Elle laisse deviner l'état de son âme au brillant aventurier. Il s'ensuit des rendez-vous dans les jardins au milieu de la nuit, tandis que les rossi{piols emplissent de leurs concerts un air embaumé par les senteurs des plantes. Des serments mutuels sont échangés entre les amants. Le roi Tyhour est averti par des sur\'eillants indiscrets. Suivent des scènes de colère, de menaces, de craintes douloureuses d'éternelle séparation, qui enfin se terminent par l'apaisement du père et le plus doux des hyménées. Férareng est une des favorites de la tradition persane. C'est une merveille d'attraits, de grâce, de douceur , de tendresse et de dévouement. On va voir bientôt qu'elle le sera également de courage et d'énergie , et elle se montrera aussi grande que les devoirs qui vont marcher devant elle.

Pendant quelques années Abtyn habita le royaume de Bésila , jouissant de son bonheur mais non pas amolli et encore moins oublieux. Il le prouva en quittant une fois son refuge pour aller au secours du roi Béhek, que menaçait une armée médique et qui demandait de l'aide. Il repoussa les agresseurs et revint victorieux.

Mais ce n'était pas assez, et son repos ne le satisfaisait pas. Sa situation finit par lui être intolérable. Des songes ou plutôt des visions multipliées lui ordonnèrent de ne pas s'écarter plus longtemps de sa tâche et de reprendre ses travaux libérateurs. Les circonstances qui l'avaient jadis désarmé et contraint de fuir étaient pourtant les mémos, et l'ennemi n'avait rien perdu de sa force. Cependant, et malgré les suppUcations de Tyhour qui. ne voulait point se séparer de sa fille , Abtyn se résolut à partir , et afin que le roi des Mèdes , Koush-Héféran , ne pût être averti de ses desseins et lui disputer le passage de la fron-

Page 1