‹ Histoire des PersesChapitre 69 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERRES DABTYN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERRES DABTYN

plus tôt, et le fit accompagner de trésors et de dons magnifiques.

Après une route assez longue, Mehr-Fyrouz arriya dans la contrée qu'il avait l'intention de parcourir. Pendant une année entière,- il la visita danfi tous les sens, s'enquérant des jeunes filles avec un soin extrême, les examinant avec le plus vif désir d'en trouver une qui répondit tant soit peu aux merveilleuses descriptions du roi. Mais, lui non plus , il ne découvrit rien , et quand il eut cherché de son mieux, fouillé les bourgs, les villes, les villages, force lui fut de renoncer à tout espoir. Très-affligé et ne voyant plus rien à tenter, il dut se résigner à retourner à Balkh les mains vides. H fit charger ses bagages sur les bêtes de somme, et, le cœur gros, prit son chemin du côté de la mer, afin de gagner le nord et se diriger ensuite vers l'est du côté de l'Iran. Bientôt il se trouva engagé dans un dédale de marécages, perdu dans des forêts sombres, et il ne sut plus de quel côté tourner ses pas.

Les mulets et leurs muletiers , ses chevaux et ses serviteurs ou s'égarèrent, le perdirent de vue et ne purent le rejoindre, ou périrent dans les fondrières. Lui-même il tomba avec sa monture au passage d'une rivière ; l'animal se noya, et le cavalier eut grand'peine à se dégager et à gagner terre à la nage. Échappé à ce péril, quand il eut pris pied et regardé autour de lui , il se vit seul et n'entendit rien que les bruits confus des feuilles et du vent. Il erra sans direction sur les bords d'un ruisseau assez large dont les eaux étaient singulièrement limpides et fraîches. Il pensait que l'attrait de ce courant aurait peutrétre décidé quelques colons à s'étabUr sur la rive, et dans cette espérance il remonta le long du flot. En6n , il arriva à la source d'où les ondes jaillissaient, et près de la fontaine sa surprise fut grande et son effiroi

presque égal d'apercevoir tout à coup une jeune fille si belle, qu'il la prit d'abord pour un être surhumain. « Si » c'est un démon, se dit-il, je le tuerai ; mais si c'est un n être de notre espèce, certainement j'ai trouvé ce que je » cherche. »

Il mit l'épée à la main et marcha droit à la créature dont il doutait. Elle lui parla la première et avec tant de grâce et de séduction qu'il perdit aussitôt sa méfiance, et demanda à être conduit près des parents de la jeune merveille qu'il ne se lassait pas d'admirer.

L'enfant de la fontaine, marchant devant lui, le mena jusqu'à une maison construite au milieu des bois. Elle le laissa devant la porte, et entra seule. La famille était allée dans la forêt couper des branches , et il ne restait au logis que la mère et un jeune garçon. La vieille femme envoya aussitôt celui-ci à la recherche de son mari , accueillit l'étranger et le fit asseoir. Le mari arriva suivi de ses fils aînés, souhaita cordialement la bienvenue à Mehr-Fyrouz, et pendant trois jours l'hébergea de son mieux sans lui faire aucune question. Le cousin du roi ne fut pas moins charmé des parents qu'il ne l'avait été d'abord de leur fille, et ceux-ci de leur côté ne pouvaient comprendre quelle bonne fortune leur amenait un voyageur aussi accompli.

Quand le moment des confidences fut arrivé et que, sans manquer aux lois de l'hospitalité, on put se permettre les questions, on se nomma réciproquement, et il se trouva que la jeune fille était appelée Amaleh et que son père était ce Yezdan , jadis fugitif du Deylem et meurtrier d'un des grands du pays. Eshtad, en sa quaUté d'ainé , fut consulté sur la demande que fit Mehr-Fyrouz de la main d' Amaleh pour son royal parept, et il ne manqua pas de consentir volontiers à une telle aUiance.

Le roi Fyrouz épousa donc la femme qui lui était appa-

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