‹ Histoire des PersesChapitre 70 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN

rue en song^e, et il Taima parfaitement. Au bout d*une année , elle lui donna un fils qui fut appelé Khosron. Cependant le roi , toujours avide d« plaire à Amaleh , lui avait demandé d'exprimer un désir, et elle avait répondu qu'elle souhaitait de voir peupler le lieu où elle avait été découverte par Mehr-Fyrouz, en ajoutant qu'il faudrait donner son propre nom au ruisseau , qui jusque-là se nommait FHormouz, du nom même de la Divinité.

L'amoureux souverain s'empressa de donner les ordres nécessaires pour que les vœux de la reine fussent accomplis. De nombreux pionniers accoururent dans le désert qu'il s'agissait de coloniser, et se mirent courageusement à l'œuvre ; mais, quels que fussent leurs efforts, ils ne parvinrent pas à détourner le cours de l'Hormouz de manière à le faire passer sur l'emplacement de l'ancienne demeure d'AmaIeh, qui leur avait été désigné comme devant être celui de la ville future.

La reine, informée de ces difficultés, ordonna d'interrompre les travaux. Elle laissa passer quelque temps, et un jour elle se plaignit au roi que l'air de Balkh était nuisible à sa santé. Le souverain lui permit de quitter la ville et d'aller s'établir dans son pays natal, où elle se mit à diriger elle-même la fondation qu'elle prétendait faire. Modifiant ses premières idées , elle laissa la rivière conserver le nom divin qu'on ne lui pouvait ôter , et changeant d'emplacement , elle traça l'enceinte un peu au - dessous de l'endroit où elle était fiée, et lui donna son nom. Ce fut Amol.

Elle voulut que la nouvelle cité fût digne de porter sa mémoire à la postérité. Le palais était en briques cuites, ce qui est d'un grand luxe dans un pays où l'on n'emploie pas la pierre et où les plus somptueux édifices sont construits, pour la majeure partie, en carrés d'argile séchés au soleil. Les murailles étaient assez épais9^s pour que

Sn LIVRE !•'. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAN.

trois cavaliers pussent cheminer de front sur leur crête. Des fossés profonds ceignaient les remparts, et on pénétrait dans l'enceinte par quatre portes, qu'on nomma : porte du Gourgan ou de THyrcanie, porte du Ghylan, porte de la Montagne et porte de la Mer, suivant la direction des routes qui y aboutissaient.

La surface contenue entre les murailles était de quatre cents djérybs. Quant au palais, ajoute AbdouHah-Mohammed , fils de Hassan , fils d'Isfendyar , avec un véritable sentiment d'antiquaire,^il était situé dans cette rue que, du temps où vivait le narrateur, on appelait la a Rue des crieurs publics. »

C'est là qu'Amaleh vécut et régna glorieusement pendant de longues années. Après sa mort , son fils Kbosrou augmenta beaucoup le nombre des édifices. Ses successeurs firent de même, et ils furent imités par tous les Merzebans ou seigneurs de leur État, qui se firent un honneur de posséder dans la capitale de beaux logements , des jardins ombragés, et d'y fonder des bazars et des caravansérails pour la commodité des marchands et du peuple.

En finissant, Abdoullah - Mohammed , fils de Hassan, fils d'Isfendyar, s'attache à donner l'étymologie du nom d'Amol et par conséquent celle du nom d'Amaleh. Il dit que dans le langage parlé par les Iraniens au temps où se passe son histoire , ce mot signifiait « la mort « , et fut employé comme expression d'un voeu d'immortalité. Une façon si peu correcte de présenter un fait exact en luimême, prouve que le chroniqueur répétait fidèlement une tradition ancienne qui n'était pas claire à ses yeux, mais qu'il n'inventait ou ne modifiait aucunement. Les deux lettres / et r se confondent et se remplacent aisément dans les dialectes de la Perse. Les populations habituées au zend n'avaient pas la première, dit-on; mais peut-être

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