‹ Histoire des PersesChapitre 74 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERRES DABTYN. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERRES DABTYN. Î

La tradition que je viens de rapporter est celle que donne le Koush-uameh. Mais ce n'est pas la seule qui ait cours sur l'enfonce de Férydoun. Les historiens en prose, et principalement l'auteur du Rouzet-Ëssefo, racontent que le héros naissant fut remis à un berger et nourri par une vache. Le Nasekh-Attewarykli assure que le nom de cette vache était Pormayeh * . Ainsi les premières années du Libérateur se seraient écoulées au milieu des troupeaux. Zohak, averti de sa présence , vint lui-même pour le saisir ; mais Férareng , appelée ici par corruption Feramek, cacha son fils, et le tyran furieux se vengea en massacrant toutes les vaches.

Il ne faut pas choisir entre les deux récits. Ils contiennent l'un et l'autre des traits empruntés à de très-anciens souvenirs. On se rappelle que les ancêtres directs de Férydoun , les Abtiyans, mentionnaient le taureau dans leurs surnoms, et AbdouUah-Mohammed , fils de Hassan, fils d'Isfendyar, prétend qu'au temps de Férydoun il n'existait pas de chevaux dans la Montagne, et que le prince, ainsi que ses compagnons, chassait et faisait la guerre monté sur un de ces animaux. J'ai déjà parlé ailleurs des « Gaw-Séwarans » ou Ghevaucheurs de taureaux, tribu de l'Elbourz au temps où les Abbassides persécutaient les descendants d'Aly. Les détails relatifs à ces usages m'ont été fournis par le Behr-el-Nésab et le Medjalys-el-Moumenyn, «laMer des généalogies» et « les Entretiens des croyants » . En plaçant les premières années de Férydoun au milieu des troupeaux, le BouzeV-Essefa et les auteurs qui reproduisent les mêmes récits ne disent nullement, du reste, que Seiket n'ait pas été son gardien, et ne contredisent pas la version du Koush-nameh. Ils rappellent seulement que le jeune prince et ses amis vi-

^ Le BorLan*é*6até et le Ferheng - Souroury appellent cet animal Fflymayonn.

tZQ LIVRE l^'. — PREM. ET SEC. FORMATION DE L^IRAN.

valent de Texistence pastorale de leurs ancêtres, et à la manière des Arians-Scythes, ce qu'ils expriment aussi en les montrant toujours armes de massues à tête de taureau. Les peintures persanes n*y manquent jamais , et sur les pierres gravées de toutes les époques , à commencer par les cylindres les plus anciens, les taureaux sont un des sujets les plus ordinaires choisis par Tartiste.

Abtyn, après avoir embrassé son fils qu'il ne devait jamais revoir, ne s'occupa plus que de poursuivre ses propres entreprises. Pendant plusieurs années, pendant dix ans, dit le poëte, Koush-Pyldendan, fils de Kousb-Héféran et après lui roi des Mèdes et neveu de Zohak , ignora que son adversaire était revenu de Bésila. Comme Abtyn cachait son nom avec soin , les Assyriens trompés mettaient ses attaques sur le compte de quelqu'un de ces aventuriers qui, à l'exemple de Selket, se montraient de temps en temps dans le pays. Enfin, le roi d'Hamadan connut la vérité. La guerre, dès lors, fut poussée par lui avec plus de vigueur. Il invoqua le secours de son oncle le souverain de Ninive, et tandis qu'il se chargeait de faire (ace aux Scythes de Bésila, accourus au secours d' Abtyn, Zohak lui-même marcha en personne contre le prince iranien.

Le roi mède pénétra dans le Matjyn , tua Béhek après avoir pris sa capitale, puis, malgré l'éloignement et les difficultés d'une longue traversée, franchit la Caspienne, et forçant les défilés qui couvraient la ville où Tyhour s'était réfugié avec ses trésors, mit le siège devant Bésila. Pendant ce temps Zohak , non moins heureux , battait les Iraniens, et bientôt il envoya à son vassal la joyeuse nouvelle qu'Abtyn et deux fils que celui-ci avait encore eus de Férareng, venaient d'être tués dans un combat et leurs têtes apportées à ses pieds.

Le Ninivite triomphait , mais c'était le règne de Férydoun qui commençait et la fin de ses prospérités. Avant

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