‹ Histoire des PersesChapitre 75 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN. , t3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN. , t3i

de passer au récit de cette nouvelle et grande époque, il est indispensable de comparer tout ce que la tradition persane nous a fourni sur le compte d*Abtyn avec certaines parties des historiens grecs qui, se trouvant avoir de nombreux points de ressemblcuice avec ce qu'on vient de lire, pourraient bien se rapporter au même sujet. Je m'adresserai à Gtésias.

Cet auteur place en tête de la dynastie médique qui aboutit à Astyage , grand-père de Cyrus , une généalogie ainsi construite :

Gyaxares. Arbyanès.

Arbas. Artayos.

Mandakès. Artynès.

Sosannès. Astybaras.

Artykas. Aspadas ou Astyage ^

Cette liste, par la répétition des mêmes formes de noms, rappelle assez bien celle des Abtiyans. On peut, sans trop de hardiesse, penser qu'elle a pu avoir même l'intention de les reproduire, car nous les avons vus transcrits de manières bien différentes par les textes asiatiques euxmêmes : Atwya, Athfyan, Angywan, Iteghyar. Toutes les variantes d'orthographe causées par les confusions de lettres dans les manuscrits sont possibles. Mais ce n'est pas sur ce point que je veux insister. Il y a plus de profit à rapprocher les faits.

Au temps d'Artayos, continue Ctésias, une grande guerre s'engagea entre les Mèdes et les Scythes-Caduses. On se souvient que ces dernières tribus avaient leurs demeures entre l'Iran et la Médie. Un Perse, nommé Parsondès, se révolta contre les Mèdes, dont il était le sujet, et s'unit à leurs ennemis, qui le reconnurent pour leur souverain.

Afin de bien comprendre le sens de ce morceau , il faut « CTB8IA8, IV, 82, 83, 8*. — DioD. Sic, II, 8Î, 33.

232 LIVRE I". — PREM. ET SEC. FORMATION DE L'IRAiN.

se placer à l'époque et dans le milieu où Gtésias a recueilli les éléments de son ouvrage. Il était à Suse, et Ton considérait alors comme ayant été Mède tout ce qui appartenait au passé de la nation gouvernée par les Achéménides. Ce qui n'avait pas été Mède étant toutefois Iranien , avait été Perse, puisque les Perses, anciens vassaux, avaient fini par arracher l'empire à leurs maîtres. Ainsi le chef insurgé contre les Mèdes ayant été un Iranien, avait nécessairement, dans les idées telles qu'on les concevait à Suse, au milieu des populations méridionales, été un Perse, et Gtésias devait considérer cette façon de déterminer la nationalité exacte du rebelle Parsondès comme d'autant plus exacte que, pour lui Grec, le nom d'Iranien ne se pouvait rendre que par le mot Perse.

Ceci posé, l'alliance de Parsondès avec les Scythes- Caduses représente bien celle d'Abtyn avec le roi scythe du Ghylan.

Puis, Parsondès est reconnu comme souverain par les Scythes. De même on a vu Abtyn exercer l'autorité sur les armées unies de Zybay et de Bésila et les mener contre les Mèdes de Koush-Héféran.

A dater du jour où les Scythes-Caduses se trouvent sous la conduite de Parsondès et de ses successeurs , ils deviennent forts et puissants. Ils désolent la Médie, assure toujours Gtésias, par des incursions perpétuelles, et cet état de choses se prolonge jusqu'au temps de Gyrus.

Voilà, en vérité, le tableau exact de ce que nous venons de voir commencer, et qui va continuer, en effet, jusqu'à l'avènement de Key-Khosrou ou Gyrus. G 'est l'antagonisme bien marqué, bien violent de la Médie d'une part, et de l'autre des Scythes du Ghylan, associés aux Iraniens du Kohistan de Rey, sous la conduite d'Abtyn.

Puis Gtésias ajoute que sous Astybaras les Parthes étaient en insurrection contre les Mèdes. G 'est, avec plus

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