CHAPITRE XI. — GUERRES D'ABTYN. Î
de précision encore, la guerre de Tlran proprement dit, des peuples purs de la Montagne contre la dynastie médôninivite.
Afin de soutenir leur résistance , poursuit Tauteur grec , les Parthes s'unirent aux Scythes, qui vinrent occuper leur pays.
Voilà une nouvelle phase des mêmes événements; seulement il né s'agit plus ici des Scythes-Gaduses , mais des Scythes-Saces, qui, venant du nord, représentent les peuples de Bésila, les cavaliers de Tyhour.
Ces Scythes--Saces , accourus au secours des Parthes , sont commandés par une reine appelée Zeryna. C'est le mot persan « zeryneh » , qui signifie « d'or », « de couleur d'or » , l'équivalent du nom de la fille de Tyhour, de l'épouse d'Abtyn, de la mère de Férydoun, Férareng, c'est-à-dire « de couleur splendide, brillante, éclatante comme l'or. »
Ainsi ce que raconte la tradition iranienne venue jusqu'à nous, d'une aUiance des habitants de la Montagne avec les Scythes du Nord , fortifiée par un mariage, a été raconté de même à Suse au médecin d'Artaxerxès , car, suivant ce que rapporte celui-ci , Zeryna épousa le roi des Parthes , ce qui ne signifie pas autre chose sinon que Férareng avait épousé Abtyn. Seulement, de même que dans la première partie du récit Abtyn était représenté par Parsondès, son Sosie est ici un prince nommé Mermer, et c'est ainsi que se retrouve ce nom asiatique de Mermer, Mermeros, déjà produit chez les Grecs par la légende de Médée , et que j'avais annoncé plus haut comme devant reparaître.
Il est vrai qu'il nous est donné par un auteur hellénique , mais il n'est pas perdu pourtant d'une manière complète pour les écrivains asiatiques. On le voit aussi dans le Heya-el-Molouk. L'auteur rapporte que des héros
d'un âge postérieur à celui dont il est ici question , Roustem et Barzou, fils de Sohrab, s'étaient enfin réunis après une longue séparation. Il dépeint la joie que cet événement avait fait nattre parmi les populations du Seystan , fief de Roustem , et chez tous les guerriers de l'empire, puis il ajoute : « On vit alors arriver, pour partager le » bonheur du vieux champion embrassant son petit-fils, V tous les paladins de l'Iran, Gonderz, Gyvtr, Bijen, et les » descendants des rois, comme Mermer, et Lebwas, et » Koustehem, et tous les grands chefs. »
Le Heya-el-Molouk n'explique pas pourquoi il donne à Mermer le titre si considérable de « descendant des rois » . On pourrait n'y voir qu'une exagération de style, si le texte de Gtésias n'était là pour nous mieux renseigner. Grâce. à l'auteur grec, nous savons qu'il s'agit d'un personnage éminent et qui tenait une grande place parmi les puissances de la Montagne, pays des paladins qui viennent d'être nommés et qui l'entourent. D'autre part, le texte du Heya-el-Molouk montre le prix qu'il faut attacher à celui de Gtésias. En conséquence, on ne saurait laisser de côté un autre récit relatif à Zeryna ; c'est encore le médecin grec qui le donne, la tradition iranienne ne me l'a pas fait rencontrer.
Au temps où Zeryna était devenue la femme de Mermer,' elle prit part à ses côtés à un combat livré par les Parthes contre les Perses, et dans l'action elle déploya le plus grand courage.
Il faut encore remarquer ici que le mot Perses, employé
à Suse par les traditionistes qu'écoutait Gtésias , signifie
« Mèdes » , puisque c'était avec les Mèdes que les Parthes
étaient en guerre, ainsi que Gtésias l'a dit lui-même plus
haut.
Les Parthes ayant cependant eu le dessous, Zeryna s'enfiiyait avec les siens, quand , tout à coup blessée , elle