‹ Histoire des PersesChapitre 78 sur 192 · CHAPITRE XL — GUERRES D'ABTYN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL — GUERRES D'ABTYN

fort était violent et que les traditions déjà peu sûres n'y gagnaient pas en cohésion, elles se démembrèrent, et en même temps des parties qui en étaient distinctes se fondirent avec elles. L'unique Abtyn se sépara en deux personnages, qui furent ParsondèsetMermer, ou bien encore, car ce serait manquer de raison que de prétendre ici sortir du vague et (aire plus que de chercher à expUquer des procédés de composition, les Iraniens, venant après les Mèdes, reprirent dans la Montagne leur tradition primitive, la résumèrent, la resserrèrent, et, à la place de plusieurs princes successifs , firent d'un prince unique le héros époux de Zeryna ou Férareng, que sa renommée recommanda pour remplir le personnage phis ou moins vrai de la mère de Férydoun.

Gtésias n'est pas le seul des Grecs qui ait conservé la mémoire de l'insurrection et des succès d' Abtyn. Diodore de Sicile, qui puisait aux mêmes sources que lui et peutêtre à d'autres encore , rapporte qu'un certain Mède , homme magnaniiùe et brave, nommé Arbaces, commandait les troupes de sa nation en garnison à Ninive ^ Il fiit encouragé par un devin chaidéen , célèbre parmi les prêtres de Babylone et appelé Bélësys , à renverser l'empire que gouvernait alors Sardanapale.

Arbaces, séduit par la perspective d'une couronne que les astres lui garantissaient, commença à pratiquer des intelligences avec les hommes disposés à le servir. Il fit si bien , que non-seulement il détermina les Mèdes et les Perses à la révolte, mais entraîna même les Babyloniens et les Arabes, promettant à tous les peuples la liberté.

Sardanapale, averti de ce qui se passait, marcha audevant des rebelles, les battit, et força leurs bandes à s'enfuir dans des montagnes situées à soixante-dix stades de Ninive. La tête d' Arbaces fîit mise à prix, et le roi

1 DioD. Sic, II, S9.

niniyite fit savoir partout que celui qui pourrait lui amener le rebelle vivant, non-seulement recevrait les deux cents talents d'or qui avaient été promis, mais en aurait le double, et en outre la principauté du pays mède. Personne ne se présenta pour g^ag[ner une si riche récompense ; le monarque se mit donc à la poursuite des fugitifs. Un nouveau combat eut lieu , dans lequel beaucoup des partisans d'Arbaces furent tués , et le reste se cacha dans les rochers.

Abattu par ces défaites successives , Arbaces réunit ses amis et les consulta. La majorité opina pour qu'on eût à retourner en Médie et à s'y défendre de son mieux dans des lieux forts ; mais Bélésys , insistant sur les signes mystérieux de la volonté divine qu'il était en son pouvoir de connaître, garantit un heureux événement, et décida ses compagnons à tenter encore le sort des armes.

Une nouvelle épreuve ne fîit pas plus favorable que les précédentes. Sardanapale s'empara du camp des insurgés, et les poursuivit jusqu'aux frontières de la Babylonie. Arbaces lui-même , combattant avec intrépidité, fut blessé par les Assyriens et contraint de se retirer.

Il n'y avait plus moyen de tenir, toute espérance était perdue; les chefs résolurent d'abandonner l'entreprise et de se disperser pour rentrer chacun dans leur pays. Mais Bélésys, plus fierme, avait passé la nuit à observer les astres, et il y lut des choses si consolantes , que le matin il annonça un changement complet des affaires et une victoire décisive, si seulement on consentait à persévérer encore cinq jours. Il appuya son dire de serments solennels, et insista pour qu'on lui donnât satisfaction. Les cinq jours furent accordés.

Soudain la nouvelle arriva que des troupes nombreuses se montraient au loin ; elles étaient envoyées au secours de Sardanapale par le roi de la Bactriane. Arbaces essaya

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