‹ Histoire des PersesChapitre 79 sur 192 · CHAPITRE XI. — GUERBES D'ABTYN · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. — GUERBES D'ABTYN

de gagner ces auxiliaires par l'espérance de liberté qui lui avait valu ses autres amis , et il réussit.

Si je poussais plus loin l'exposition du texte de Diodore , j'empiéterais plus que je ne le fais déjà sur le règne de Férydoun. Il me parait visible que les sources où a puisé l'historien , si toutefois il n'a pas fait autre chose que répéter le texte perdu de Gtésias dont Athénée a conservé un fragment en le mêlant à la version de Duris , ont fait une seule personne d'Abtyn et de son fils y et dans la dorée d'un seul règne ont renfermé l'attaque et la ruine de l'empire de l'Assyrie. Je me bornerai donc à donner ce qui a évidemment rapport à Abtyn. Sous le nom d'Arbaces, sous le titre d'un officier au service du roi ninivite , on retrouve l'ensemble des aventures du descendant de Djem-Shyd. On doit mettre à part quelques-unes des circonstances qui viennent d'être racontées et qui s'appliquent assez bien à Férydoun, ainsi qu'on le verra plus tard. Tout ce que je prétends ici , ce n'est pas établir une analogie parfaite dans les narrations : cette exactitude n'existe pas; mais je cherche à relever et à rapprocher des rédactions assez ressemblantes de faits identiques que la légende persane a conservés d'une façon tandis que les Grecs les ont exposés d'une autre, et à bien déterminer qu'en réalité ce sont les mêmes actions qui servent de texte aux deux légendes. Avec leurs personnages distincts, leurs époques et leurs attributions complètement indépendantes, les traditions persanes appartiennent au groupe d'événements auxquels s'attachent et Parsondès, et Mermer, et Zeryna, et Stranghiœos. Il ne serait pas impossible que le vieux guerrier iranien Seiket, si instruit dans la Loi pure, et qui devint , après avoir été signalé longtemps comme un des plus fermes soutiens de la résistance contre les Assyriens , le gouverneur de Férydoun enfant , il ne serait pas impossible, dis-je, que ce personnage ait été travesti, avec

le temps , sous la robe assyrienne du savant Bélësys , prêtre d'une naissance illustre, suivant Diodore, prince desGhaldéens , suivant Ctésias , dans tous les cas très-habile dans les connaissances astrologiques , et qui joue comme conseiller un rôle déterminant dans l'histoire de l'Insurrection d'Arbaces.

Ce qui me semble, malgré les apparences chronologiques , déterminer le mieux l'identité du récit de Diodore avec ce que les Orientaux nous apprennent de l'insurrection iranienne , c'est avant tout l'apparition des Bactriens, c'est-à-dire des Iraniens, dans toute cette période. Il serait difficile de faire remonter ime intervention victo- -rieuse des peuples de la Loi pure dans les affaires ninivites à l'époque du premier empire ; un tel fait ne saurait non plus trouver place après l'avènement de Férydoun ; par conséquent il faut le reporter au temps d'Abtyn.

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