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CHAPITRE II. — RÉGNE DE FÉRYDOUN. Î

Le renyersement de l'empire ninivite ne tranchait donc pas la question en faveur de l'ancien Iran. C'était un Iran tout nouveau qui allait commencer ; on allait y voir de nombreux compromis. C'est à cette situation, que les événements développèrent de plus en plus , qu'on doit attribuer la perpétuité de ces souvenirs de sympathie et d'admiration pour Zohak que les entretiens de Mohammed-Taghy me donnèrent lieu de remarquer.

Férydoun poursuivit ses succès en délivrant d'abord d'une manière complète le Kohistan de Rey de l'occupation eimemie. Ce résultat était facile à atteindre. Quelques garnisons étrangères, c'était tout ce qui avait jamais pu s'établir sur ce sol rebelle. C'est là ce qui a constamment assuré à la Montagne une pureté de sang relativement plus grande que dans le reste de l'Iran. Des troupes assyriennes tenaient sans doute le Demawend. La tradition affirme qu'il y en avait à Âmol. Une armée gardait le Ghylan pour empêcher les Scythes de secourir les Iraniens. Les auteurs grecs représentent tous ces faits par la mention des entreprises fréquentes des Mèdes contre les Caduses, amis des Parthes. Cette force ninivite, en partie ébranlée déjà par Abtyn , fîit définitivement anéantie par Férydoun , qui , s'étant emparé d' Amol , y établit sa capitale, suivant l'auteur du Koush-nameh. Mais Ferdousy et Abdoullah-Mohammed , fils de Hassan , fils d'Isfendyar, nomment la nouvelle métropole Témysheh et la placent dans le voisinage de la grande forêt de Naroun . Gomme c'est une allusion évidente aux bois étendus du Mazenderan, il ne parait pas qu'il y ait contradiction entre les deux récits ; d'ailleurs le second des écrivains que je cite décrit d'une manière très-reconnaissable et qui s'applique bien à la situation d'Amol , ce qui , suivant lui , caractérise le houlough ou la cité de Témysheh : « Elle est située , dit-il , » en dehors des Portes Gaspiennes. Elle appartient au

» Taberystan et au Gourgan (rHyrcanie) , et a toujours servi' » de résidence aux Merzebans ou feudataires de la pre- » mière de ces provinces. Son étendue est de quatre far- » sakhs. Postérieurement au règne de Férydoun , Gourgan, » fils de Mylad , roi de Rey , put passer pour son fondan teur, parce qu'il s'y établit, et ses bergers, chargés de » la garde- des troupeaux de mulets qu'il possédait dans r> les vastes pâturages situés à l'est du district, y construi- » sirent, avec le temps, une nouvelle ville, qui prit le nom » d'Asterabad ou la « demeure des mulets » .

Férydoun, restaurateur de l'empire, au nom de l'ancien principe iranien , ne pouvait se soustraire à la nécessité de subir au moins le plus essentiel de ce principe. Son pays était, à la mort de son père, d'une étendue médiocre, puisqu'il ne comprenait que l'Iran y c'est-à-dire l'Elbpurz, la Montagne ; mais, si petit qu'il fût, le représentant des Djems ne le gouvernait pas directement dans son entier. Le fédéralisme, si cher à la race ariane, avait repris toute sa puissance, avec les formes féodales accoutumées. Le roi régnait à Amol ; mais, sous sa suzeraineté, Nestouh résidait à Rey , tandis que Gaweh et son fils Garen tenaient de lui, à fief, le pays de Demawend.

La Chronique persane raconte si expressément que Gawëh avait commencé par être forgeron à Ispahan, qu'il n'y a guère moyen de I9 démentir. Il est pourtant bien douteux qu'Ispahan ait pu se mettre en relations si intimes avec la Montagne, dont elle était séparée par la mer ; qu'un homme du bas peuple, un artisan, se soit trouvé à la tête d'une insurrection iranienne et s'y soit maintenu ; que ce même homme ait réussi à s'élever au rang de puissant vassal de Férydoun et à devenir le chef et l'ancêtre de la maison la plus considérable de l'Iran occidental ; que ses domaines aient été précisément ceux qui , libres de tout temps, avaient été gouvernés par Selket pendant la jeu-

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