‹ Histoire des PersesChapitre 91 sur 192 · CHAPITRE II. — RÈGNE 0E FÉRYDOUN. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RÈGNE 0E FÉRYDOUN. Î

nesse du Libérateur. De pareilles fortunes sont communes dans l'Asie moderne et dans les pays où les races sont très-mélangëes. Elles Font toujours été dans les pays chamo-sëmites, mais elles sont invraisemblables dans riran de Férydoun, où un homme ne valait que par sa . généalogie. Quoi qu'il en soit, il faut se résigner à enregistrer le fait , faute de moyens suffisants pour l'attaquer. Aussitôt que l'Elbourz fut complètement délivré, le héros s'attacha à la conquête du Rbawer, de la Médie. Gaweh s'y employa , mais surtout ses deux fils y brillèrent, Garen et Gobad , qui se montrèrent constamment les conseillers les plus sages et les champions les plus redoutables du camp de Férydoun. Outre que ces chefs possédaient avec leur père le territoire de Demawend, ils tenaient encore la région occidentale de la Montagne depuis les confins du Demawend à peu près, jusqu'à la rivière appelée aujourd'hui Rizil-Ouzen et que l'on rencontre au passage du Raflan-Rouh. C'était en partie un territoire dû à la conquête récente. C'est pourquoi Garen est toujours donné comme le voisin des Arméniens et des populations scytbiques. On voit que l'Iran s'était déjà étendu, car, aux temps primitifs , sa frontière n'atteignait pas même jusqu'à l'emplacement actuel de Razwyn.

Après des combats nombreux soutenus par les Mèdes contre les Iraniens , le roi Roush « aux dents d'éléphant » fut vaincu par Garen et amené dans le Demawend, où on l'enchatna à côté de Zohak. Ainsi , au rebours de ce que disent les Grecs, la Médie ne prit pas la Parthyène , mais la Parthyène prit la Médie. La tradition iranienne le veut ainsi , et comme elle est aussi suivie , aussi cohérente , et, dans son ensemble, aussi rationnelle que les détails recueillis à Babylone, à Suse, peut-être à Ecbatane par les historiens grecs, se montrent décousus et difficiles à concilier entre eux, la vérité doit être de son côté.

tS2 LIVRE II. — TROISIÈME FORMATION DE LIRAN.

Hamadan ou Ecbatane suivit le sort du pays dont elle était la métropole. Férydoun l'occupa, mais il n'y trans* porta pas sa résidence. Il resta à Âmol, ou Témysheh. Il ne donna pas non plus la nouvelle conquête aux Gawides, qui en étaient les héros. Ce fut Nestouh, roi de Ragha, qui eut l'investiture. Dans le nom de Nestouh se retrouve celui d'Astyages.

L'empire iranien atteignit ainsi du côté de l'occident une limite qui ne fîit pas dépassée jusqu'au règne de Gyrus. La guerre , sinon permanente , du moins fréquente contre les Assyriens, put amener des incursions sur le territoire de la Mésopotcunie , mais il n'en résulta pas d'annexions jusqu'à l'époque encore lointaine que j'indique. A l'est , les choses se passèrent différemment et exigent un récit détaillé.

Dans cette partie essentielle du premier empire d'Iran , la domination des Zohakides s'était assise avec assez de facilité , du moins beaucoup mieux que dans la Montagne. On peut s'en étonner parce que ces provinces étaient plus éloignées des territoires assyriens ; mais on revient de cette surprise quand on songe que l'état de civilisation toujours plus avancée des pays djemshydites de l'est avait d'abord favorisé la révolution, et ensuite porté les peuples à s'en accommoder, enfin, s'était prêté à ce que des colonisations telles, que celles de Rophen ou Kandahar se formassent et devinssent des points d'appui d'une grifnde ressource pour l'esprit étranger. Si des oppositions survécurent, elles n'eurent point un caractère activement hostile et surtout ne ressemblèrent en rien à la résistance obstinée des montagnards de l'Elbourz, parce que toute civilisation urbaine développe chez les peuples qui s'y abandonnent un degré d'énervement et de démoralisation proportionnel à ses mérites. C'est ainsi que la Bactriane, la Sogdiane , la Margiane et les autres territoires jusqu'à

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