‹ Histoire des PersesChapitre 92 sur 192 · CHAPITRE II. — RÉGNE DE FÉRYDOUN. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RÉGNE DE FÉRYDOUN. Î

rHelmend , que nous avons vus travaillés par le luxe et le bien-être matériels, et qui abondèrent dans des idées contraires au génie arian sous le règne des derniers Djems , portèrent sans trop de protestations le joug des Assyriens. Dans les temps antiques, le rôle d'un pays conquis laissait plus de place à l'indépendance morale que cela n'a lieu actuellement. Le vainqueur ne manquait pas d'introduire son culte , mais il n'avait pas tous les moyens nécessaires pour expulser définitivement les croyances précédentes. L'inquisition était mal dirigée ; féroce quand elle apercevait sa victime, elle avait le plus souvent de la peine à la découvrir. Il fallait payer un tribut plus ou moins lourd ; il fallait dans les guerres du prince figurer comme auxiliaire. Ces conditions remplies, les dynasties locales conservaient presque toujours leur couronne, et c'était seulement au début de la prise de possession que le souverain vaincu payait de sa vie , de sa liberté ou tout au moins de sa puissance, l'audace qu'il avait eue de résister, et le malheur de s'être laissé vaincre. Mais son frère , son fils ou son cousin , profitait de son infortune. Cette politique était universelle et se pratiquait aussi bien dans l'Inde qu'en Assyrie et dans les pays égyptiens. La raison en est fournie par l'impossibilité absolue où les dominateurs se trouvaient d'établir aucune centralisation , nonseulement parce que les instruments du pouvoir étaient faibles, que l'administration était imparfaite et les voies de communication peu rapides, mais par ce motif plus profond que les distinctions entre les races se maintenaient si tranchées, si puissantes, si inconciUables, qu'elles opposaient une résistance invincible à toute fosion. En conséquence, les monarques les plus despotiques se voyaient contraints de laisser vivre les vaincus à leur mode, n'aspiraient pas à les transformer, et bornaient toute ambition à tirer d'eux une certaine somme d'avantages et de services.

Il est peu question des rois secondaires qui sous la suzeraineté zohakide régnaient à Randahar, à Hérat, à Kaboul , à Merw , à Balkh ; mais on connaît assez bien la maison souveraine du Zawoulistan ou Zaboulistan. Cette contrée est située au nord dé Kaboul et à Test de Balkh. C'est un pays scythe et tout à fait notable pour le monde oriental , car c*est de là que sortirent ces Pandavas dont le rôle se montre tellement prépondérant dans l'Inde antique, que le Mahabharata a été composé pour raconter leurs exploits. L'intérêt excité par une telle race s'accroît encore de cette observation , que les Pandavas sont la dernière grande immigration ariane qui ait traversé les eaux de rindus.

La légende généalogique des souverains scythes du Zawoulistan rapporte que dans le temps où Djem-Sbyd fuyait vers le nord pour se dérober à la poursuite de Zohak , il était arrivé jusqu'à cette contrée. Il y avait épousé la fille du roi régnant» Koujenk, appelée Loulou, « la perle » , et de ce mariage étaient issues les générations suivantes :

Djem-Shyd et Loulou. Schem.

Tour ou Touj. £zret.

Shydasep. Kershasep, Kourenk.

• Tourek.

Ces deux derniers frères étaient contemporains de Férydoun, et pour rester dans les limites du synchronisme et ne pas dépasser l'époque où nous sommes parvenus , il faudrait s'arrêter ici; mais comme il importe davantage de faire connaître les causes de la sympathie puissante qui attache les Iraniens à la famille du ZawouUstan , je donnerai encore les quatre générations issues de Kourenk, frère de Kershasep. Ce sont

Nériman. Zal.

Çam. Roustem et ses frères.

Dans la personne de Roustem , les Persans placent le

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