CHAPITRE IL — RÉGNE DE FÉRYDOUN
tressaillit, et, pour se soustraire au chaudron, il se retira yers l'eau courante. Rereçaçpa, stupéfait, s'enfuit. Son sort fîit d'être tourmente par les démons; car une fée, une païrika, appelée Rhnanthalté, s'attacha à lui cruellement ' .
C'est là tout ce que le Yaçna contient sur les Çamides ; et comme il compte cette race pour la troisième de celles qui ont été vraiment pures et religieuses dans le monde, la première étant celle des Djemshydites , la seconde celle des Abtiyans ou fils d'Athwya, on peut assez comprendre que, mise en parallèle et sur le même rang que^ deux lignées si augustes, la légende persane ne saurait être blà^ mée pour avoir exagéré sa grandeur et son importance. Elle est même beaucoup plus modérée dans ses éloges que le Yaçna , et les traits qu'elle a conservés ne sauraient être considérés comme étant de pure invention, bien que le Yaçna les passe sous silence.
La famille des Çamides est connue aussi des Indiens, dont ses domaines la rendaient voisine. Tbrita est pour ceux-ci un guerrier en même temps qu'un médecin , car c'est excellemment un sage. Quant à Çama Kereçaçpa ou Kersbasep , c'est Rriçaçva , qui ne parait pas encore dans les Védas, silence très-compréhensible, car ce héros est moins ancien que ces hynmes ; mais le grammairien Panini et les poëmes le connaissent , et le rattachent trèsexactement à la famille dans laquelle il fisut le compter. Ainsi l'authenticité et l'antiquité des Çamas se trouvent aussi complètement établies qu'on peut le désirer. Le Yaçna, en nommant cette lignée héroïque après celle d'Abtyn ou Athwya, et avant celle d'où sortirent les Achéménides, s'accorde avec le silence des Védas pour ne pas permettre de la croire antérieure à l'époque de Férydoun , et , par induction , on se trouve en droit d'établir du même
1 Vendîdadyl.Zù.
coup que la rédaction actuelle du premier chapitre du Yendidad , qui semblerait , superficiellement examinée , placer Kereçaçpa à la source même des migrations iraniennes , se reconnaît par là postérieure aux temps assyriens qui ont suivi la chute du premier empire , époque à laquelle remonte réellement l'origine des Çamides. Pour ce qui est de celle des générations de la famille que nous avons en ce moment sous les yeux , elle appartient à l'époque de Férydoun.
La maison du Zawoul ressemblait en ceci à la race royale , qu'elle tirait son extraction des Scythes par le côté féminin. De même que Férareng avait pour père le roi de Bésila , et était née %u delà de la Caspienne ; de même Loulou , la fille du roi Koujenk, n'avait rien d'iranien, bien que femme de Djem-Shyd ; mais ce n'est pas là un des détails de la généalogie. dans lequel il soit à propos de mettre le plus de confiance. Les Persans eux-mêmes remarquent que les Çamides s'éloignèrent de plus en plus de la demi-pureté prétendue de leur sang, car, ennemis des Arians sémitisés qui régnaient à Kaboul , ils s'unirent pourtant par mariage à ces constants adversaires. La mère ou la femme de BUDustem venait d'eux. Le Tjehar-é-Tjemen l'affirme ; de ce côté les Çamides remontaient à Zohak.
Célébrés comme aventureux, intrépides, toujours guerroyants, ils n'éprouvaient aucun regret particulier de la chute du premier empire et des souffrances de la Foi pure. Jusqu'au règne de Rershasep ils restèrent sous l'influence de la fée Rhnantbaïté , et très-peu soucieux d'aflaires qui n'étaient pas les leurs. Imperturbablement fidèles au roi d'Assyrie et servant ses intérêts , ils avaient leur chaudron placé sur le dos du serpent, mangeaient, et ne s'apercevaient ni que ce fût un serpent, ni de sa bave empoisonnée. De même que le grand monarque de Ninive était l'allié de Mehradj l'Indien, de même Rershasep l'était