‹ Histoire des PersesChapitre 96 sur 192 · CHAPITRE H. — RÉGNE DE FÉRYDOUN. tH · texte numérisé non relu

CHAPITRE H. — RÉGNE DE FÉRYDOUN. tH

comme étant celui on les Ârians s'emparèrent de l'Haëtoumat. Le conquérant força les dyws, les aborigènes noirs , à ramasser et à transporter dans leurs immenses marécages les sables qui abondaient dans le Kharizm , c'est-àdire au nord de Balkh. Ainsi fut formé un terrain solide et d'une fertilité extraordinaire. Les naturels furent ensuite employés à élever des constructions énormes, et comme on ne se fiait pas à eux et qu'on voulait une population plus sûre, le souverain envoya dans les nouveaux étij>lissements quarante mille captifs étrangers. Dès le temps du premier empire ^ les habitants de l'Haëtoumat ne passaient donc pas pour être des Iraniens purs. Leur sang avait une base mélanienne comme celui du reste de l'Iran, et de plus il s'était allié à des familles soit séinites , soit scytbes, ces dernières arianes sans doute, mais non pas de la migration des Djems.

C'est au milieu des descendants de ces colons qu'arrivèrent les Scythes de Kershasep, sortis du Zawoulistan. Trouvant Ici des demi-compatriotes, et charmés à l'aspect des grands bois de dattiers et de grenadiers répandus sur le pays, ils s'y établirent enirès-grand nombre. Le livre intitulé « Heya-el-Molouk » , auquel j'emprunte la plupart de ces détails , et qui est lui-même une histoire de la province, rapporte que toutes les anciennes villes du Seystan étaient placées au bord des rivières ou au pied des montagnes , parce que des eaux on retirait du sable d'or et des pierres précieuses, et que dans les vallées de la région haute on exploitait des mines.

Le nom ancien de Haëtoumat s'effoça pour faire place à celui des nouveaux maîtres. Aujourd'hui encore le dialecte persan particulier au Seystan s'appelle le sekhzy. Le Heya-el-Molouk, citant le nom d'un célèbre auteur indigène, l'écrit Abou-Souleyman-Sekhzy, et le Nasekh-Attevarykh dit du Sassanide Dehram III qu'avant de monter

n% LIVUE 11. — TROISIEME FORMATION DE L'IRAN.

sur le trône ii portait ie titre de Sekan-Sbah ou roi du Seystan, parce qu'il avait ëtë investi de la souveraineté de cette province, alors appelée « Sekan » . Quant au nom de Haétoumat, j'ai déjà expliqué ailleurs qu'à l'époque des Grecs on l'appliquait au cours d'eau principal qui traverse toute cette rég[ion , et qu'on lui donnait la forme Etymander. Le poète du Rersbasep-nameb écrit Brmend; c'est l'Helmend dans la bouche des Persans actuels.

Un dernier trait reste à noter . dans ce qui prouve le caractère scythique de la population du Seystan.aux temps béroYques. LeYendidad reproche à l'Haëtoumat d'aimer la violence, les querelles armées, les blessures, les meurtrès. Ce sont bien là les signes du tempérament bouillant de la race déjà modifiés par les progrès de la civilisation diez les Arians*Iraniens, mais restés très-saillants chez leurs frères du nord.

Les Çamides se voyaient possesseurs d'une vaste étendue de pays; ils régnaient à la fois sur la contrée située au-dessus de Bamian et sur les plages du lac Hamoun. Ils disposaient d une grande force, puisqu'ils s'étaient souvent mêlés avec succès aux afiiedres de l'Inde. Au moyen de leurs ressources, ils tenaient en échec leurs voisins, , grands feudataires comme eux, les rois de Kandahar, de Kaboul , de Tubbet, de Merw. Du reste, ils ne jouissaient pas plus que leurs suzerains, les monarques d'Assyrie, d'un pouvoir illimité. Une telle prérogative était inconnue aux princes des pays arians, quel que fût le degré de leur élévation. Kershasep apparaît entouré de chefs avec lesquels il compte. Herbez, Karaboun, Arfesh, Neshwad, Azershen, Bourz, sont des châtelains maîtres dans leurs domaines conune il l'est chez hii , tenus en bride par les chefs de iamilie comme il l'est lui-même par eux.

Il ne parait pas que , malgré la facilité avec laquelleles Çamides avaient accepté le vasselage deZohak , ils se soient

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