‹ Histoire des PersesChapitre 97 sur 192 · CHAPITRE IL — REGNE DE FERYDOUN. 2f · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL — REGNE DE FERYDOUN. 2f

crus obligés de défendre l'empire assyrien contre les succès de Fërydoun. La l^ende ne marque rien de semblable. Elle a pris soin même de donner à penser tout le contraire, puisqu'elle nous a montré déjà» dans l'entretien du messager (le Kershasep avec Abtyn au milieu des bois» que les Seystanys observaient avec un intérêt sympathique les efforts des hommes de la Montagne pour secouer le joug. Cependant ^e ne va pas jusqu'à dire que les Çamides aient préparé le triomphe. Il semblerait qu'ils se soient bornés à l'accepter une fois accompli , et que pour transporter leur hommage de Zohak à Férydoun , ils aient attendu que celui-ci fût bien en état d'y prétendre.

Une conduite si passive, un tel manque de zèle est exprimé par le mythe qui rapporte qu'un jour Kereçaçpa osa frapper le feu , parce qu'à son gré il ne flambait pas assez vite , et cette action a paru si énorme que les Parsys l'ont punie en reléguant le héros dans l'enfer. D'autre part, les romans représentent comme étemel l'attachement de ce même prince à la pàïrika qu'ils appellent Pérydokht , « la fiUe des fées. » Enfin, si Kershasep se soumit à Férydoun, il ne renia pas les traditions de sa famille, et conserva toujours ce que l'on peut appeler exactement ses armoiries, c'est-à-dire des étendards noirs semés de serpents, marque de son ancien attachement à la maison de Zohak; mais il y ajouta un bon d'or surmonté d'un croissant, c'est-àdire les insignes mêmes de Férydoun et de l'Iran. C'est le Kershasep-nameh qui donne ce détail, d'autant plus curieux que le poème est d'une époque où l'usage du blason commençait à peine chez nous. Quant aux serpents considérés comme symboles de la monarchie assyrienne, j'ai dans les mains deux monuments pour en constater l'existence. Le premier est une agate ou cornaline rouge teintée de blanc, de forme ronde et plate, sur laquelle est gravé un dragon ailé entouré d'un serpent. Le second est une

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épaisse amulette de jade, percée d'un trou pour pouvoir être portée. De deux pouces de large sur trois de haut , elle est taillée en relief assez fort, et on y voit un reptile montrant la tète et la moitié du corps. Cette pierre vient d'Hamadan.

Une fois que Kershasep , et avec lui son neveu Nériman , eut été rattaché au nouvel État , les domaines régis plus ou moins directement par Férydoun présentèrent un ensemble qu'il importe d'examiner, pour bien yoir en quoi le troisième empire d'Iran différait territorialement du premier. Ce sera, en même temps, prendre connaissance de certains changements accomplis pendant la longue domination des Zohakides.

Amol ou Témysheh, la capitale, était entourée d'une région allant d'Asterabad à peu près jusqu'aux frontières du Ghylan, peut-être jusqu'au cours inférieur du Kizil- Ouzèn. Plus loin , du côté de l'ouest, régnaient les Scythes. C'était le patrimoine royal. Du côté de l'Elbourz, au sud, ce patrimoine était promptement limité par les fiefs des Gawides , puisque ceux-ci possédaient Garen ou Yarena , contrée que l'on a appelée plus tard le Roustemdar. Ils tenaient aussi Demawend et les escarpements prolongés jusqu'aux défilés du Kaflan-Kouh.

Au delà d'Asterabad , dans la direction de l'orient , s'ouvrait l'Hyrcanie, le Yehrkana, le Gourgan actuel, pays très-anciennement iranien. Par suite de changements qui devaient avoir à l'avenir de grandes conséquences , cette terre était sortie des mains des Zohakides impuissants à la garder , et les tribus scythiques y dominaient. Cependant l'Hyrcanie continuait à être couverte de villes florissantes et de belles cultures. Les traditions iraniennes , très-difFérentes en cela de celles des Grecs, ne montrent jamais les Scythes, les Sakas, comme des sauvages. On ne saurait trop insister sur cette vérité

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