‹ Histoire des PersesChapitre 98 sur 192 · CHAPITRE II. — RÉGNE DE FÉRYDOUN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RÉGNE DE FÉRYDOUN

et la mettre trop fortement en lumière. L'inimitié entre les deux fractions de la race n'a pas commence , sans doute , à ce moment de la naissance du troisième empire ; mais y alors même qu'elle sera flagrante , les Iraniens ne considéreront encore les Scythes que comme des adversaires et nullement comme des hommes placés en dehors de toute valeur sociale. Il est bien à supposer que les princes scythes devenus possesseurs du Gourgan avaient fini par reconnaître la suzeraineté plus ou moins effective de l'Assyrie 9 car, après la révolution ils rendirent hommage à Férydoun et s'avouèrent ses vassaux.

Les rois de Merw et de Baikh, de Moourou la sainte et de Bakhdhy la belle aux drapeaux élevés , firent de même, et aussi les rois de Kaboul, rivaux héréditaires des Çamides, et encore les princes du Kandabar. Il n'est pas question du Syndhy. Probablement le Mekran , peuplé par des dyws, par des noirs indigènes mêlés de métis , resta comme ce pays en dehors de la nouvelle monarchie iranienne. Ces territoires avaient accepté la suprématie de Zohak , mais rien ne dit qu'ils se soient soumis à Férydoun ; il n'est cependant question d'aucune guerre entreprise contre eux.

La partie méridionale de TElbourz formait le domaine de la famille de Nestouh , comme le centre et le nord celui des Gawides. Nestouh régissait des États assez dispersés. On a vu qu'outre son fief héréditaire , dont la capitale était Ragha, il possédait Ecbatane et une grande partie de la Médie : Férydoun lui en avait donné l'investiture. De leur côté , les Gaveides étaient aussi établis à Ispahan , car , plus tard , cette ville est dans les mains d'une de leurs branches 9 représentée par Rehham, fils deKondery, fils de Garen , fils de Gaweh. Ceci pourrait se rattacher à l'opinion qui fiait de l'éponyme de cette Ceunille un forgeron de cette cité. L'historien Khondemyr, jaloux de présenter

Wù LIVRE II. — TROISIÈME FORMATION DE L'IRAN.

Nabuchodonosor comme un Iranien, le confead avec Rehham, qui aurait ainsi été le destructeur de Jérusalem.

La tradition iranienne s'est de bonne heure laissée aller à oublier les noms du plus grand nombre des familles puissantes réunies certainement autour du trône de Férydoun , pour attribuer les exploits et la glmre de tant de vassaux aux trois grandes maisons d'Abtyn , de Gaweh et de Çam. Nestouh et les siens ont été les victimes de cet esprit de préférence qui frappa plus encore les rois de Balkh, de Merw, de Kaboul, de Kandahar, de Tubbet, de Goùrgan , et fit même disparaître jusqu'à la trace de tous les autres. De sorte qu'il ne faudrait pas donner une créance trop absolue au renseignement qui concède la domination d'Ispahan, c'est-à-dire d'une partie de la Perside, aux descendants de Gavireb. Il est même possible que le désir de revendiquer un rôle considérable pour cette contrée, lointaine dans le mouvement qui délivra l'Iran de l'oppression ^ f^t pour quelque chose dans cette version peu probable. Les Perses une fois placés à la tète des nations pures , ont dû vouloir , comme les Mèdes , entrer en partage d'une réputation qui n'était pas la leur. Il leur a paru naturel que tout ce qui avait créé la puissance iranienne ait pris son origine dans leur pays ; mais celui-ci j ne l'oublions pas , n'était pas même iranien quand se passaient les faits que je raconte. De là peut provenir la généalogie gaviride attribuée à Rehham.

En ce qui concerne Nestouh , roi d'Ecbatane ou de Médie en même temps que de Rhagès ou de la Parthyène mâîdionalcy c'est sans aucun doute l'Astyagas, l' Astyages des Grecs qu'il faut reconnaître en lui. Il représente toute la lignée médique, et il était aussi suzerain de la Perside, de la Susiane, des contrées adjacentes , comme le Rerman. Celles-ci avaient subi la suprématie de Roush « aux dents d'éléphant », et la nouvelle dynastie du compagnon

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