‹ Histoire des PersesChapitre 99 sur 192 · CHAPITRE II. — RÂGNE DE FÉRYDOUN · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RÂGNE DE FÉRYDOUN

de Fërydoun eDtrait danâ les droits de celle qu'elle dârônait. Une marque certaine qu'il faut l'entendre ainsi, c'est qu'à côté de Nestouh se place un personnage un peu subalterne, nommé Shyrouyeh. Celui-ci prend part à tous les exploits de son seigneur , partage ses conquêtes, et cependant on ne trouve nulle part quel lien l'unit au grand vassal de Férydoun. Nulle part il n'est dit qu'il ait été son frère, ou son fils, ou son neveu, ni qu'il lui ait même tenu par un titre quelconque de parenté. C'est toujours un vassal : à Hamadan ou Ecbatane, comme à Ragha, comme dans toute la Médie, il agit sous les ordres de Nestouh.

Ce personnage si peu indiqué , dont la physionomie se montre à demi effecée derrière celle du roi secondaire, présente cependant un très-grand intérêt. Si Nestouh, comme il ne faut pas en douter, personnifie la famille entière des grands vassaux intronisés à Ecbatane par Férydoun, Shyrouyeh, de son côté, n'est rien moins que l'image de la lignée des arrière-vassaux gouvernant la Perside qui devait un jour aboutir à Cyrus. C'est une forme de ce même nom très-ordinaire dans la famille régnante, et, fait digne de réflexion, si Hérodote assure, d'après les renseignements obtenus par lui à Babylone, que Cyrus le Grand était petit-fils d'Astyages par Mandane, Ctésias, se réglant sur ce qu'on lui avait dit à Suse, où il y a lieu de croire qu'on était mieux informé des généalogies royales , soutient de son côté qu'il n'existait absolument aucune parenté entre le conquérant et le roi de Médie. Du reste , ce dernier témoigne dans les pages mêmes d'Hérodote, que l'aUiance de Mandane n'était pas un honneur pour sa maison; en conséquence, c'eût été la première fois qu'un pareil lien se fût formé entre les deux familles , et il n'est pas ici question de Cyrus lui-même , mais de ses ancêtres.

298 LIVKE II. — TROISIÈME FORMATION DE LIRAN.

Bien que le Ohylan , où régnaient ies descendants du roi scythe Béhek, l'ancien ami d'Ablyn, ne fut, à l'égard du nouvel Iran , dans aucun rapport de vassalité , il doit cependant lui avoir été allié et avoir reconnu une sorte de protectorat. Pour le pays de Bésila, domaine du roi Tyhour, grand-père maternel de Férydoun, comme il était fort éloigné 9 les relations n'étaient pas très-intiçies entre l'Iran et lui. Elles l'étaient assez, cependant, pour qu'on ait conservé de ses dynastes les noms de Keshen, fils de Tyhour, et surtout de Garem, son petit*fils, dans lequel on pourrait peut-être retrouver un souvenir du frère de Zeryna ou Férareng , ce roi scythe Kydraios dont parle > Gtésias.

J'ai déjà dit que les conquêtes de Férydoun se bornèrent à prendre la Médie et les annexes de ce royaume, la Perside et la Susiane, et que l'Assyrie proprement dite ne fut pas entamée par le Libérateur. Désormais, les frontières de l'Iran longèrent le versant occidental du mont Elwend et de la chaîne dont cette montagne célèbre fait partie. Mais la Médie, je le répète encore, resta définitivement rattachée au nouvel empire sous la domination de la dynastie secondaire connue des annales persanes par le nom de Nestouh, et des Grecs par celui d'Astyages. Avec le temps, quand cette province eut pris une grande place et eut assumé un rôle de premier ordre dans l'agrégation nouvelle , en raison de sa civilisation plus raffinée, plus savante , moins austère que celle du reste de l'Iran, avantage qu'elle devait à sa parenté avec Ninive et aux leçons qu'elle en avait reçues , elle attira à elle la meilleure part de la gloire du passé. En la voyant dominante sur la frontière occidentale , les Grecs ne s'imaginèrent pas qu'elle n'avait été jadis que la vassale de ces peuples belliqueux, agriculteurs, simples de mœurs, qui vivaient, leur disait-

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