THÉÂTRE DU GYMNASE
Dans tous les temps , le pouvoir a fait , selon sou caprice , ouvrir ou fermer des salles de spectacle ; mais , à l'entendre , cela est dans l'intérêt de Y art , comme on dit , et comme on dira toujours. Pauvre art dramatique!... il n*a jamais été dans un si piètre état que depuis que l'on s'intéresse à lui de tous côtés.
A propos du Gymnase, un écrivain a fait les remarques suivantes ( i ) : m Ce théâtre , dit-il , » est une critique parlante du système des pri- » viléges. Pour l'autoriser, sans montrer ti'op
(0 Almanach des Spectacles^ année 182s.
9 QttTertemeBt cpus ce n'élit qu'une faveur » qu'on accordait , et pour avpir quielque chose » à répondre aux réclamations qu'on ne pré- » voyait que trop , on le soumit à un r^me » particulier. Le vaudeville était déjà joué dans » six théâtres : c'était marquer beaucoup de » prédilection pour ce genre frivole que d*en w créer un septième q^ii lui fut encore ^écia- » lement consacré.-
» On éluda la difficulté ^ ou du moins on fit » semblant de l'éluder. Les lettres patentes » du Gymnase en firent une sorte de succursale » du Tliéâtre-Français et de rOpéra-Comique. » Là, les jeunes gens du Conservatoire devaient » s'exercer sans prétention , et sous les yeux » d'un public indulgent , avant de parautre sar M de plus grandes scènes. En conséquence , la » comédie et Topéra-comique devaient fcire » partie de son répertoire ; et pour prouver que i> l'on était de bonne foi dans ce dessein , k » droit de jouer toutes les anciennes pièces de » la scène française et du théâtre Feydeau luî >) fut ^.ccQfdé j à la seule condition de les ré- M duire en un acte. Les administrateurs sou- » tinrent la gageure en gens d'esprit ; ils fî*'^^ » même la mauvaise plaisanterie de nous donf ner le Dépit amoureux et la Fée et UrgèUf » est^ropiés et réduits à grands coups de ci- » seaux. » Le critique ajoute encore : « Qu'on » laisse, à quiçpnqu^e en yoi^r^ CQUxk les ris-
» qoes, {je 4rpit d'ouyrif un thiâtr/; , cme ^s » genres ne soient poin); prescrits , que fès ou- » vrages toinI)és dans le domaine public soient » mis à la disposition île tout le monde (caf ^ » ne £siut pas ^ippelep dp^iaine public celu| qui » est liyre à quelques privilégiés) , alors qn » verra une vériltable émulatioi^ qui ne 9iaii- » quera pas d^ produire ses fruits ; mais si lés » bureaux son^ curieiix d'avofr des sp jets da^s » leur dépeifdance ; s'il leur est doux d'accor- » der des priyiléges , qu'ils fassent donc m'4u » moins ces privilèges ne ^ient pas nuisibles. »
De tout temps, il en a été ainsi en matière 4^ 3pectacû. On se dit : « Obtepons d'abord Ufi privil^jge \ é4i^9n:? 9 ouvf pfis v^m salle à quelqjiite prix que ce SQit y le reste yiëndra plus tard. >» C'est ce qui est ariivé ^ tbéâtre djui Qyipna^ ; c'est ce qui arrivera /encore à beaucoup d-àu* tre3. Qn né pouvait pa^ raisonnablement penser que ce tbâLtre jse soi^tiendrait avec le pnyilége exigu qu'on lui avait accordé ; ce uVtait doij^ qu'un ajcbje^^in^ent. Yoy^QZnVOJifs le JMtifanùirqpe £m un afXe y joué p^ Proyen,chèj:)e ; et fp, Belle Arsène^ chantée p^r ma4^môi^e^li? Q/>fjGP (à qui Dieu fasse pai^ ! car je crô^ fffx'fVik ê^t morte) ?
Le Gynma£(e , bâti sur le ^puleya^ Bqi^$- ISfoUyelle, au x:oin de la ^ue ][ia^te,viij^ j fiît ouvert .^ public ^e 23 d^ceml^rè iSi^O; M. pQlai'ftse^rie éjait ij^effeîff fifty^egi^é \ Tm^F^^^P^
et Ceiibeer y administrateurs ; Dortneuil et Lachabeaussière , régisseurs.
Un prologue, le Bouieccfrt Bonne-NouvcUe ^ composé par MM. Scribe, MélesvilleetMoreau, trio spirituel, y fut représenté avec succès; mais la troupe , formée à la hâte , manquait d'ensemble. Il n'y avait d'acteurs à réputation , lors de son ouverture , que Perlet et Bernarf- Léon. Ce fut plus tard que le Gymnase devint redoutable par les succès mérités de M. Scribe et par le nombre des artistes qui servirent d'interprètes à ses nombreux ouvrages. Si ce théâtre, avait été forcé de se renfermer strictement dans les. limites de son privilège , sa foitune eut failli ; mais on avait placé à la tête de Tentreprise un diplomate adroit qui ne brasqua rif n et laissa faire au temps.
De 1 82 1 à 1 824> de charmants ouvrages avaient déjà donné une idée de ce que pourrait devenir cette entreprise 9i l'autorité voulait bien tolérer $és empiétements.
En attendant, une petite fifle, Léontine Fay, quitta la province, qu'elle enchantait par sob talent précoce; elle.arrivii, pliant sous les bonbons et les couronnes ; elle étonna la capitale, cette charmante enfant, et marqua sa place à côté des plus vieux comédiens.
Déjà, plusieurs fois, on avait essayé d'entraver le répertoire du Gymnase; les craintes pouvaient devenir sérieuses, Madame la duchesse de Bcrri
*yant assisté â quelques représentations de la charmante Léontine Fay, M. Poirson conçut une grande idée; il se dit un jour en luimême : On a vu des rois épouser des bergères, pourquoi ne veiTait-on pas une princesse épouser un théâtre ? Il se mit donc à Fœuvre et poussa d'abord la galanterie jusqu'à dédoubler une partie de sa troupe pour l'envoyer à Dieppe. La jeune duchesse, amie des plaisirs et des artistes, se montra sensible à cette marque d'attention , et se déclara la protectrice du Gymnase, qui prit, le 8 septembre 1824, ^^ ^i^^'^ ^e Théâtre de S. ^' R. meidame la duchesse de Beiri, On pense bien qu'une fois couvert de ce haut patronage, le directeur ne craignit plus d'entraves ; peu s'en &Uat même que le ministre et les censeurs ne lui fissent des excuses pour avoir osé lui rappeler quelquefois les conditions de son privilège. Le Gymnase, qui d'abord avait collé son afficne entre celles du Vaudeville et des Varié tés, prit rang dès lors immédiatement après lesgrands théâtres , etplaça son pennon sur les murs de Paris, à la suite de rOdéon. Le Vaudeville ne s'était pas encore fait appeler Théâtre-National. Quant au Pauire Jo^ crisse, lui , il se donna bien garde de réclamer, il était payé pour se taire , car, à cette époque , on osait encore lui reprocher dans quelques journaux ses bêtises, ses calembourgs et ses irïi moralités; toujours, comme vous savez, relati-« veulent A l*art dramatique, ou. ^ comme disait si
Saardam i « Toujovu:^ relatiyement à l'ÂnS^^^ terre, n
Yoicî donc 114 specUcle qui n'avait été puyert que sous la çofiditiou qu'il ne jouerait q^e des scènes de Pourceaugnac qu du Médecin maigri lui, qu'il ne chanterait que de^ airs de laFausu magie ou des Det^x Chasseurs, le voilà en pleine possession de la comédie chantée ; voilà le vaudeville qui prend droit de bqurgeoisie sui'le boa- Jevart Bonne-Nouvelle. M. Scribe va tailler sa plume , ce fécond écrivain va attirer tout Vm chez M. Poiison, tant et si bien que les spectateurs ne voudront plus que du Scribe , commf en 1600 les libraires ne demandaient que da Saint-Ëvremont. La haute aristocratie du faubourg Saint-Germain va suivre la nouvelle patronne du Gynmase dans sa petite salle incommode, car partout où l'on yoit visage de prince, on doit voir figures de courtisans.
M* Scribe a bien compris son temps; il ap^^' faitement senti qu'il se trouvait place entre deux aiîstocraties, la vieille et la nouvelle; il a compris surtout que nous n'étions plus dans l'âge îor^ niais bien dans l'âge de Vor^ il a voulu avoir pour lui tout ce qui possédait, niais il ne fallait heurter personne ; il a dû se dire : Si je flatte les idées du temps passé aux dépens de celles da temps actuel , je n'aurai qu'un public ; en les confondant; j'en.aui^ai deux. Et alors, il a refait
1 société moderne avec tous les éléments de ancienne; seulenient, il a changé les costumes, pmplacé les commandeurs, les abbés, les finanters, par les avoués, les agents de change et les otaires. Les comtesses , les baronnes ont subi |s mêmes métamorphoses. M. Scribe savait ien que les comtes de Tempire, les barons de empire, les comtesses de l'empire, les baronnes e Tempire n'étaient pas plus humbles que leurs evanciers : or, en flattant toutes les noblesses, avait pour lui l'ancien et le nouveau régime. a, dans ses buvrages^ tout sacrifié à l'argent, idole du siècle. Que si une pauvre fille se prend e passion pour Un homme au dessus de sa conîtioû , M. Scribe lui dira : « Toi , tu es fîUe du swple, tu ne peux prétendre au fils d'un baron , lême d'un baron de l'empire ; mais si tu couns à n'avoir pas de cœur^ on te donnera powr ari tin invalide , manchot ou boiteux ^ bien i<l} bien vilsux^ toutefois avec beaucoup d'at- ^t. » Cela est affligeant. N'allez pourtant pas oire que M. Scribe fera tenir ce langage à lelque vieux gentilhomme de province : non; 1 liomme d'esprit, il fera dire tout cela par un iron ou ttn comté de l'empire qui a conquis us ses grades à la pointe ae son épée , mais û n'en est pas moins très fier de son écusson. lors la vieille aristocratie lui saura gré de l'algorie, et battra des mains. Les plus jolis ou- •ages de M. Soribe sojat td«ui J^arseniés d'or et
d*argeikt ; ils me rappellent ces charmants tcts d*Hoffimaiin , non le conteur allemand , mais le poète français :
J^aûmc Teiprît, j^aime les qualité.
Les grands talents, les Teitus, la science. Et les plabirs, enfants de Fabôfidance.
J'aime l'honnear, j^aime 1rs dif^iics ; J^aime an ami prcsqa^antant que moi-même, J'aime une amante un siècle et par delà ; Mais, dites-moi, combien £iat-il que j''aîme Ce maudit or qui donne tout cela ?
Encore une fois , ce n*est pas la faute de M. Scribe, c'est celle de Tépoque.
En rendant toute la justice possible aux talents du récent académicien , il faut être juste aussi envers les acteurs qu'il avait à sa dispos* tion. Perlet, quoique d'un comique un peu froide n'en avait pas moins le privil^ed'arauserbeancoup par l'extrême finesse de son jeu. 11 y a diei cet acteur distingué une fleiu' de bonne et vieilk comédie.
Perlet rappelle la comédie françaisedanssadiction, dans ses gestes, dans ses costumes; Perlet offre souvent un composé de la mignardise de Dazîncourt et de la bonne charge de Dogazoo- Il excelle surtout dans la caricature. Le Comédien d'É lampes , le Gastronome sans argent , à Secrétaire et le Cuisinier ont longtemps atdréU foule au Gymnase.
Et ftontîpr ! Gontier ! le meillctur type des
vieux soldats! Personne ne pouvait lui être comparé dans Michel et Christin*!; c'était la perfection . Gontier savait varier tous ses rôles ; son talent était tout à fait spécial ( i ) . Bernard-Léon , lui , était rhomme de l'entrain , de la désinvolture ; c'fôt un bon gros garçon tout rond , tout jovial , qui est sur la scène comme chez lui; sa diction est vive, saccadée ; sa voix, tantôt grêle, tantôt forte , le sert merveilleusement. Dans le Coifm ffur et le Perruquier, dans la Mansarde des Artistes^ il s'est montré d'un bouffon achevé. Peu Vatel , qui se perça d'une épée parce que la marée n'arrivait pas, devait beaucoup ressembler (quant au physique) à fiemard-Léon. Peiville, bon comédien, au débit vif, brillant, chaleureux , Ferville a rajeuni et détrôné les sndes d'Amérique , il les a joués en frac , en redingote à la propriétaire. Il ne dit plus , ^mme ces vieux oncles de la vieille comédie, 'U frappant de sa canne ou en tirant de sa po-> ^e sa belle tabatière d'or : Avez-vous vu mon ^quin de neveu?... je cherche partout mon coquin de neveu!... Jadis on jouait les oncles 'u Cassaudre, Ferville les joue en homme d'es- >nt. Ces pauvres vieux oncles, les voilà donc ortis de l'ornière!... les voilà donc aussi sur Ijbi oate (les chemins de fer et de la vapeur!.... ^e dois mentionner un jeune acteur qui avait
<>) Voir YaxûdeVàudenUe,
commencé aux Variétés* Legrand , qiii "rtent de mourir, jouait à merveille les importants, les sufiisants; il paraissait surtout destiné i remploi des substituts ridicules ; il était d'un naturel excellent : il avait sans doute été prendre ses modèles au Palais de Justice , car il était iknpossiUe de ne pas pouffer de rire en l'entendant : on croyait assister au dUait de quelque réquisitoire moderne.
iPuis Paul, Dormenil , Numa , Allan , Klein > tous acteurs recommàndabies.
Mais parlons des actrices. C'est d'abord Virginie Déjaeet) l'actrice la plus ôseusê que je connaisse, ne reculant devant rien y ne s'effrayant de rien , débitant des gtûvoiset^ avec un tact parfait ; Virginie riant avec le public comme avec un ^mi, ayant l'air de lui dire \ n J^ vais vous lailter un mot bien leste , mais n'ayez pas peur^ c'est mni, je suis bon gar$0A» ^ VirgîÉie a tout cohiprîs au théâtre t la malice^ le naturel, ht grâce » le grivois , et si elle ne nous fait pas pleuret, c'est qu'dle ue le veut pas, ou qu^^dlele Teut bienv
Et kt charmante lenny-Vertpré l Avés«vt>ils w i^ieh de plus geptil , de plus mignard , de plus inteHîgen^? Élevée au Vaudeville, ayant un hom qui Âic célèbre à la tue dé Gfaaitres, Jenny-Veitpré a pit)uvé ^'^le était digne d'en hériter. Elle porte la cornette et le cotillon rouge avec une ^ace inaiûe V j'Ai entiendu sou-
ûapzoQ I e'^t comité ntadap^e Sai»ttAul)iii I « Son QTjg^^pe e^t isôi^pr^ , sa diction est piùe, son gestç ^iinple e% yrsii ; elle prosodie le couplet à merveille. Dans h Chercheuse i[esprk^ la Marraine, les Premières omQursj^ le mariage de raisQH , la fieiae de seize ans , elle a réuBÎ iQut^ 1^^ ilotes d'uue graade ço^nédiemie.
Et pais, une autre Jenny, Jenny Go|on, jeune et belle femme à l'œil vif, brillant, aux fomies prononcées , à la figure épanouie, à la Toix de rossignol \ oiseau de passage , actrice nomade, voyageant de Feydeau au Vaudeville, du Vaudeville au Gymnase, du Gymnase aux Variétés i des Variétés à Feydeau , mais toujoars bien reçue, bien fêtée partout. Enfin, la troupe offrait des talentsr d'un autre ordre : mesdames Théodore , Jullienne , Grévedon , Donneuil , Nadcje , l'orpheline de Wilna , et mademoiselle Bérenger, appelée Bérenger la olie (i).
Avec de tels interprètes, le théâtre de Mapai^ e voyait incessamment grandir sa fprtupe ^ lorsr ju'un ouvrage, représenté le a8 juin 18289 aillit çomproniettre ses destinées çt brouiller e directeur avec sa protectrice, AmM 9 Pen-
(i) Actuellement à la Comédic-FrançaMp'
dont êi Après ^ pièce en trois actes , de MM. d( Rougemont et Scribe , venait d'obtenir un d ces succès comme on n'en compte que de loit à loin au théâtre. Cette pièce, divisée en tro> époques , offrait , dans la première , la famil* noble de Surgy , heureuse et puissante, un ma. quis cherchant à séduire une jeune fiUe du pe^
le, que protège le chevalier, frère du marq^ .
a seconde se passait en gS ; les deux fr^ étaient proscrits et sauvés par un perruquiei avait épouisé Toi-pheline que le marquis voulu séduire en 1787. La troisième ép< passait en 1827 ; le chevalier , général et i triel, avait épousé la veuve du perruquier colonel , et mai*ié sa fille à un tribun de ~ volution , devenu baron et jésuite , et qui toujours à la bouche ces mots de Louis X^ « Union et oubli. » Le premier acte foi donc un drame , le second un mélodrame le troisième un vaudeville. Cet ouvrage ^^ tire sanglante des mcèurs et des abus de 1'] régime, obtint un succès de fureur; jan salle n'avait retenti d'applaudissements pard MM. de Rougemont et Scribe avaient f assaut d'esprit : cliaque mot portait coup, d que couplet faisait feu. Ces messieurs avaîei pour ainsi dire, renversé la salière sur la tabl Presque tous les couplets eurent les honnea du bis. Celui-ci, chanté par le général mani facturier, produisait toujours le plusgrandeffei
lies honneurs plaisent à mon âge, Et je serais fier, j'en conyions, D^obtenir le libre suffrage De mes nobles concitoyens; Mais le payer est un outtage, C'est cesser dVtre homnie de bien :
Qui peut. acheter un suffrage N*est pas loin de rendre le sien .
Ne pensez-vous pas que ce couplet , qui était de circonstance en 1828, pourrait bien ne pas avoir beaucoup perdu de son à-propos?
Dans une scène où le vieux vicomte de la Morlièrc, apprenant qu'un petit jeune homme Bommé Raymond^ qi^i jadis avait été soldat dans son régiment , s'est allié à la famille des SûTgy, ne peut s'empêcher d'en témoigner sa inauvaise humeur; le général lui chante en riant:
Hais ce Raymond, dont Totre esprit se raille,
Et qui partit son paquet sur le dos,
Lui qui jadis, au quai de la Ferraille,
Fut, grâce à tous, rangé sous nos drapeaux,
Bt, malgré lui, forcé urètre un héros,
£ut bientôt pris sa gloire en patience ;
Et de soldat, mon beau-frére Raymond
B'est trouvé duc et maréchal de France. . ,
IB TICOMTB.
Et de quel droit?
LB CHBVALIKB.
Par le droit du canon .
(Ici Texplosion deveaait électrique.)
Or , tandis que le caissier se frottait les mains en comptant les recettes , l'orage grondait ailleurs. Des émissaires envoyés à la duchesse ift Bern lui annoncent que son théâtre vient À lancer un brandon révolutionnaire, un vaudevir subversif où la noblesse est attaquée de froi La duchesse ne cache pas son mécoatent^mc fMe annonce l'intention de bouder son favori. Les craintes devenant sérieuse^, pu voie des ambassadeurs , on échange des diplomatiques ; les courriers se croisent, l»» cbesse demeura quelque temps sans vi^t salle de M. Poirson ; les personnes de sa son n'osaient plus s'y montrer. Enfin > à de négociations, la paix fut signée, et h] troi^e du lieu pardonna, à Condition que'j reille chose n'arriverait plus. A partir de époque , le théâtre jouit d'une prospérité ii santé ; mais l'heure de la révolution de juillc lait sonner, et la protectrice du Gymnase à disparaître dai9S cet orage. 11 fallut efface mots: Théâtre de S, A, jR, Madame^ et repi dre l'humble nom de Théâtre du Gymnasel
Le directeur , homme habile , sentit aloif danger qui le menaçait, et avisa aux moyens > le détourner. M. Scribe, qui lui avait do^ pendant dix ans la fine fleur de son esprit, r vait de plus grands succès : l'Académie françaii tentait son. ambition , il savait qu'il faut pas8 par la ruç Ri^^fîliçjj ^j^ a»wr 4 Vlvsé^
il travailla donc un peu tnoias pour le Gyi^« Base. Heureusement f quelques hommes de talent, eît notamment MM. Mélesville et Bayard(i), restèrent à leur poste ; ces piessieurs ajoutèrent aux dernie]rs succèç du grand faiseur des succès non moins brillants : Michel Perririj la Pille de VAi^are et le Gamin de Paris , valurent ckacun cent mille écus à la caisse du théâtre redevenu populaire. Il fallait certes la révolution de juillet, ses pavés et ses barricades, pour voir sur Taffi-che d un théâtre aussi aristocrate que celui du Gymnase ce titre imprimé en gros caractères : le Gamin de Paris!.,. Oui, fe Oamin de Paris ,* sous les traits de Bouffé , le comédien le plus fin , le plus nuancé , le plus parfait, le plus amusant , le plus comédien de tous les comédiens , fhomme qui joue un rôle comme Molière Taurai^t écrit , l'acteur de U raison, Facteur de la folie, l'acteur des lari^es ; Bouffé , ^en veste , portant casquette et col débraillé, jouant à là toupie sur la scène du Marivaux nvoderoie^ criant, cliantant, sautant, se débattant, tirant la langue aux pasçantç, disant à Une vieille comtesse : « Je suis le ga;^in de P^ris, ohé! (Le^ temps çont changé^ au .Gyi^nase.)
port, uamaaoïr, les trères Cognard, a qui nous deTons Pauvre Jacxiues , ejt d'Çwile Y^nderbùrdi , coljl^rateur de jM* P^yaf d dans Ja j^Ue pieuse le Canwj ^e Pf»/'«*-
Votre neveu a déshonoré ma soeur^ il l'épousera; vous serez, malgré vous, de la famille duganÛD de Paris ; le gamin de Paris le veut , vive le gamin de Paris! » C'est le gamin de Paris qui, sous le bon plaisir de Bouffé , a contribué à la révolution du Gymnase en i835, comme le vrai gamin a pu revendiquer sa petite part dans le grand drame insurrectionnel de i83o.