HISTOIRE DU THEATRE MOLIERE
R(JE SAINT-MÀ&TIlf.
Vers l'année 1 791, un homme à qui l'amour de la comédie a fait sacrifier des sommes consi' dérablesy M. Boursault Malherbe, résolut de doter le quartier Saint-Martin d'une salle de spectacle
Ce fut dans une cour assez vaste qui faisait partie d'un passage appelé passage des Nourri^ ces, et qui allait de la rue Sàint^Martin à celle Quincainpoix (i), que M. Boursault en posa la première pierre.
Secondé par un habile charpentier, M. Bour-» sault prouva que ce qu'on regardait comme im« possible ne l'était pas; car, en moins de deux mois, on vit une vaste salle bâtie, et les alentours da terrain pour ainsi dire recréés ; de sorte que les personnesqui,âeox mois auparavant, avaient passé sur l'ancien emplacement ne le reconnaissaient plus.
La salle Molière offrait une jolie façade sur la rue Saint-'Martin ; elle était composée de trois rangs de loges, d'un orchestre et d'un pourtour. Toutes les premières loges étaient ornées de glaces qui semblaient doubler le nombre des spectateurs. Une sortie donnait sur la rue Quincampoix.
Cette rue Quincampoix avait obtenu sous la régeoee une câébrité malheureuse. C'est là qu'avaient heu les échanges de la banque de !'&
ff) L« nom dé Qmticstrti^ptàx. etsî celrtî âe qwèîcfac* villages située près Paris. tJa seîgaeur de ces iriHages fit sans doute bâtir un hôtel sur remplacement de cette rue. Le nom de Quincampoix dérive du latin quinque pagi» Ging pays^ cinq territoires.
( ï^thtxmÀf Msloù-e de Paris, >
cossais Law. L'or et l'areent y devenaient paî pier,etle papier, rien. Ge honteux trafic ruina h trésor royal , et réduisit à la misère un graud nombre de familles (i).
C'était donc une idée heureuse et philantliro^ pique que celle de bâtir un théâtre destiné ^ faire rire, dans un quartier où tant d'honnêtes gens avaient pleuré. Substituer le nom de Mo* Uère à celui de Law...; mettre le talent et Tes-
Îirit là où la fraude et l'intrigue avaient établi eur comptoir , c'était, en quelque sorte, puri* fier le lieu au feu du genie> c'était balayer les écuries d'Augias.
Mais le théâtre de Molière, ouvert à l'aurore d'une violente révolution, devait, comme beaucoup d'autres, suivre le toireot. Dans ces joud d'effervescence et de fièvre, ne gardait pas la neutralité qui voulait.
On lit dans un recueil du temps (2) : « Plusieurs patriotes ont porté au théâtre de n Molière des pièces désespérantes pour Taris- M tocratie : elle y est complètement bafouée et M livrée à la risée publique. La meilleure de w ces pièces est la Ligue des Fanatiques et des M Tyrans; elle est de M. Roussin. Est veon M ensuite : le Dtner du roi de Prusse à Paris, » retardé par l'indisposition {le son armée, »
(1) Voir les Mémoires de Duclos.
(a) Atman, des Spectacles, de Duchesne, année lyy?-
'fes Frères féroces y ou -fjp trop prolongées ,
^^y- oscillait de faire
9>o /^^^J^^.^ areuse et brillante
.jortes. M. Boursault
, et plusieurs de ses su- , . '^^Il^"^ c lui, ceux qui restaient,
y^ ^^^ -louveaux venus, prirent le
^^o^^^^^ ^it à leur têle un de leurs ca-
^ <^^^ uachapelle (i).
/^^^^ lUt pendant quinze ans, comme
jT^^ -• ses confrères, en pleine anarchie.
^J^ ,rai donc ouvrir et fermer tous les
^ iiÇer de directeur toutes les semaines.
^ .erai seulement ses phases les plus ré-
cables, les révolutions qu'il a subies ; je jrai des pièces et des acteurs qui mériteront élque attention.
Déjà, en iig^i il avait pris le titre de théâtre national de Molière, Jamais le mot national n'avait été aussi bien placé qu'à côté du nom du Térence français.
En 1793^ presque tous les spectacles de Pa-
(0 II a etc condamne à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécuté le a4 mars 1794. Son théâtre avait Çtë imprimé en i78(), au profit de sa belle-mére ; i vol. in-12 : à Paris, cliez Gaillcau. Barbier, dans son Die tionnaire des Anonymesy lui attribue encore la traductioo de la Chute de Hufin, 1 780, in-3 .
Il lî
ris quittèrent lenrs anciens noms, pour prendre des noms révolutionnaires ; le théâtre de Molière échangea le sien contre celai de ihéâire des Sans-Culolies, On y joua le véritable Ami des Lois, et les Crimes de la Féodalité. Ces pièces étaient d'une femme, la citoyenne Villeneuve. Il était assez plaisant de voir un auteur en jupons travailler pour le théâtre dei SanS'Culottes.
Louis XI F' et le Masque de fer suivirent de près les Crimes de la Féodalité ; c'était l'iiistoire du Masque de fer, telle à peu près qu'on la trouve dans les Mémoires de Richelieu^ pai l'abbé de Soulàvie. Louis XIT, dit un critique du temps, y est représenté sous des couleors trop odieuses;, on ne Fa guère plus ménagé de hos jours.
Après la Terreur, le mot sans^uiofies fvA effacé, et le nom de Molière reprit la place que jamais il n'aurait du quitter. Molière mérite a»sez que son nom traverse toutes les époques, et soit respecté par toutes les révolutions.
A quelque temps delà. Léger, qui jcfnait les Gilles au théâtre de la rue de Chartres, ce qui ne l'empêchait pas de faire des vaudevilles sasa spirituels; Léger s'étant brouillé avec Barré, son directeur, éleva ttn second théâtre chantas^ le Théâtre des Troubadours. Piis se joignit î lui, et le i5 floréal an tii. les TrauiaJour*
ia3
jouèrent à la pulle Molière jusqu'à ce^'ib allatr sent à celle de la rue de LouYois.
Vers 1800, le nom de Molière disparut encore de la façade, sur laquelle on lisait ce titre : Vor riélés nationales et étrangères. Et, en vérité, jç ne sais pas trop pourquoi...; car» au lieu d'y donner des traductions , devinez ce qu'on y jouait le plus souvent?...
Biaise et Babet, Robert le BossUj Alexis et Justine, le De^^in de village^ les Chasseurs et la Laitière^ la Fêle de Colette^ les Sabots , et autres petites niaiseries, bergeries, moutonneries ejusdern /arinœ.
Au commencement du consulat, en 1801, MM. Gouraincoml. et Bruno prirent la direction de ce théâtre; le premier était un négociant, et le second un journaliste qui faisait de la littérature dans les petites affiches. Charmante association I Voici une anecdote qui mérite d'être rapportée. Aujourd'hui, quand une pièce est reçue, il faut quelquefois solliciter pendant plu« sieurs années avant de parvenir à la faire repré* senter. On va voir que, sous le consulat, les vaudevillistes étaient plus heureux qu'à l'heure présente.
Bumersan, qui entrait dans la carrière, avait remis au. régisseur de ce théâtre un vaudeville assez spirituel (il en était bien capable).
Depuis six mois il n'en avait point entendu parler, lorsqu'un jour il lit dans les petites affi-
clies i « L'auteur d*un yaudeville intitulé : la » Petite rct*ue^ déposé il Y a six mois au théâtre >» de Molière, est prié de passer à la nouvelle M administration pour distribuer les rôles de » sa pièce. »
Maintenant, peu d*auteurs reçoivent de seni^ blables avis; mais en revanche les directeurs reçoivent souvent des assignations et jouent, non seulement les vaudevilles, mais encore les tragédies et les drames modernes par jugement du Tribunal de commerce.
La Petite revue ( i ) était jouée par Moessard, YiUars, Lequien et madame Bras (2), alors jeune, jolie et chantant à merveille.
L'acteur Lequien étant tombé malade, le
bout de rôle qu'il remplissait fut appris et joué
par Joly ; c'était la première fois que Joly nion-
\ tait sur la scène. On sait qu'il est devenu l'un
des meilleurs comédiens de Paris.
J'avais composé en i8o4> avec Heniîon, un vaudeville fort innocent, il faut un mariage, A ce propos, peimettez-moi de vous donner quelques détails biographiques sur l'estimable vaa-
(i) Cette bloette obtint ilti succès. Diimersan fit encore représenter à Molière, avec M. de Bugny, M. lioUe^ tiré du rom»n de Pigault -Lebrun.
(2) Madumc Bras a joué successivement à Paris, cç province, à Wilan. Revenue au Vaudeville en 1817, elle est i)aiiie ensuite pour Saint-Pétersbourg et vient d'v mourif.
devîllîste Henrion : il avait une certaine originalité dans la personne et dans l'esprit; on le voyait toujours habillé de noir avec jabot et manchettes ; il avait conservé la queue, les oreilles de chien et la poudre. On le rencontrait rarement sans un paquet de rôles à la main.
Henrion^ sous-clief à l'administration des postes, était l'auteur le plus productif de l'époque ; il avait une facilité prodigieuse ; on aurait dit qu'il était venu au monde tout exprès pour précéder la vapeur cl les chemins de fer, Henlion était une espèce de locomotive tenant plume. Il écrivait une pièce, prose et couplets, dans une matinée, ce qui faisait que souvent ses chutes étaient en proportion du nombre des ouvrages qu'il composait.
Armand Gouflé, qui ne laissait guère échapper une occasion de faire un couplet malin, avait improvisé sur Henrion celui que voici, qui amusait fort dans le temps où un couplet amusait encore :
Voas connaissez toMS Henrion, Homme cle lettres à la poste ; Henrion rime et fait ses vers en poste, Henrion chante en dépit d^Amphion, Henrion ! . . . pas un ne Tignore, Tes chutes ne t'ont pas meurtri. . .
Nous en rions ! Nous en avons bien ri !.. , Et nous en rirons bien encore ! . . .
Henrion a obtenu, nonobstant cette plaisante-
riC) plusieurs succès au théâtre : Manon la rth fraudeuse ^ Drelindindin, le Télégraphe d'amour, la Dupe de sa ruse y t Homme en deuil de hir m^me. Il a aussi composé quelques romans. Ilenrion possédait des qualités estimables; il partageait ses appoiotements et ses droits d'auteur avec sa mère et sa sœur. Il est mort en 1808. ^ .
Il faut un mariage était mon troisième vaudeville, il était joué par l'élite de la troupe; Genest, Cazot, Saint-Preux, Lecoutre ; les dames Montariol, Cartigny (sœur de l'ex-sociétaire de la Comédie-Française), une jeune personne, mademoiselle Montano, qui chantait déjà si bien qu'on lui faisait toujours recommencer son couplet au public, ce qui flattait infiniment mon amour-propre d'auteur.
Beaucoup de littérateurs recommandables ont travaillé pour ce théâtre.
Armand Charlemagne y a donné le souper des Jacobins ; Dorat-Cubière, Madame de PomH' dour ; Lévrier du Champion,* le Diable couleur de Rose y opéra, musique de Gaveaux. Bosquier* Gavaudan était fort amusant dans le rôle de Valogne, valet normand. Il y ex,écutait une danse si originale qu'il était toujours obligé de la danser deux fois. Gosse, l'auteur du Médàanit y fit jouer le Nouveau débarqué. Enfin un comédien de province, Richaud-Martelh, jouant les premiers rôles d'une manière très distinguée,
dota ce théâtre ie$ Deux Figaro^ tomëdie d*in* trigue qui eut beaucoup de succès à Paris.
On disait alors que cette comédie n'était pas ie lui, qu'il l'avait rapportée de province, où un jeune homme la lui avait confiée. Aucune ré- :Iamation publique n'ayant paru à ce sujet, il Eaut supposer que ce n'était là qu'une calomnie. ie coulisse ; les auteurs modernes sont exposés lox mêmes désagréments.
Vers l'année 1 806, le goût de l'étranger corn* nençait à s'emparer des esprits ; Ducis avait léjà donné le signal en nous faisant connaître [uelques unes des beautés de Shakspeare. On )ensa qu'un théâtre spécialement consacré à 'importation des productions exotiques pourait devenir utile à la littérature française ; ce ut dans cette pensée que le théâtre de Molière hangea encore une fois de nom; il s'appela Uâtre des Variétés étrangères, M. Boursault, oujours dominé par la passion du théâtre, se Dit à la tête de cette entreprise qui lui faisait tonneur, puisqu'elle tendait au progrès de ait.
La nouvelle ouverture eut lieu le 29 novem-« Te, devant une assemblée brill^mte et nom-^ ireuse. Un discours fut prononcé, et dans ce tiscours on annonçait aux spectateuis que Shé« idan, Garrick, Schiller, Caldéron, Goldoni rendraient tour à tour enrichir notre scène ; [ue l'unité d'Aristote serait souvent violée ; que
Ton voyagerait d'un pays dans un autre, comme dans les Mille et une Nuits, et que, dans un enlr'acte, les personnages vîeilleraient de cinquante ans, si c'était leur bon plaisir.
Nous avons depuis quinze ans, j*espère, usé et inême abusé de la latitude que nous ont faite nos voisins d'outre-Rbin et d'outre-mer.
Les premiers essais ne furent pas heureux ; ce n'était pourtant pas la faute des traducteurs, dont plusieurs étaient gens de talent : MM. Alexandre Duval et Alissan de Ghazet, entre autres , ont beaucoup travaillé pour les J^ariétés étrangères.
Voici une lettre assez curieuse, et qui vient à l'appui de ce que j'avance. Elle fut écrite au Journal de Paris, par les administrateurs, à propos d'une traduction espagnole tombée à plat, et qui portait le titre de ta Maison vide et oc' cupée,
« Monsieur le rédacteur ,
» La Maison vide et occupée j tirée du tliéâtr^ » espagnol, n'a pas eu de succès ; nous vous M prions d'annoncer qu'elle ne paraîtra ]M w sur l'afBche. L'administration s'est décidée à » retirer le soir même tous les ouvrages auj M n'auront point obtenu une faveur marquée. » En empruntant aux étrangers leurs comediesj >» il serait difficile, jusqu'à un certain point, w » juger d'avance l'effet qu'elles produiront sut « des spectateurs français : on sera sûr, w
V moins, que Ton n'ofirira plus au public des » pièces que son goût aura réprouvées etc.
» Nous ayons Thonneur de vous saluer.
» Les Administrateurs y etc. »
Une comédienne distinguée, madame Da- Costa, créa à ce théâtre plusieurs rôles qui lui firent honneur. Toutes les fois que mademoiselle Contât, cette actrice inimitable, ne jouait pas à la Comédie - Française, elle assistait aux représentations des Variétés étrangères ; elle encourageait les artistes , et on l'a souvent entendue dire, en frappant de son éventail sur le bord de sa loge : « Il y a de l'avenir dans ce théâure-là ! »
Les Fariétés étrangères, ouvertes le 29 novembre 1806, furent fermées par décret impérial dtt i3 août 1807, ce qui borna leur existence à huit mois et quatorze jours.
La mesuire qui frappait de suppression douze théâtres à la fois ne devait pas s'étendre à celui de Molière. Peut-être cette entreprise méritaitelle d'être encouragée et protégée ; mais le sabre qui gouvernait ne s'inquiétait guère de Caldéron ni de Schiller.
Les Variétés étrangères ont joué plus de soixante traductions : Kotzebue est l'auteur qui leur a fourni le plus de sujets.
Je le répète, malgré le talent de quelques littérateors, ce premier essai u*a point porté tous les fruits qu'on aurait pu espérer.
La belle édition des ch^fs^-d'œuvre drastiques devait nous faire connaître plus à {bnd toutes les beautés de Shakspeare, de Goethe, de Schiller, de Caldéron, de Moratin, de Lessing, de Lope de Tega^ et d'un grand nombre d'auteurs plus modernes, qui depuis ont illu£tré leur pays.
Historien fidèle, je dois rapporter id quelques passages d'une lettre qui prouve que parfois le théâtre des Variétés étrangères ne fat pas très scrupuleux dans ses traductions. Cette lettre fut envoyée au Journal de Paris, le ï3 mars, jour de la clôture du théâtre.
« Monsieur le rédacteur,
» Le théâtre des Variétés étrangères expire » ce soir. Mon intention n'est pas, assurément, >> d'insulter à ses derniers moments ! mais J6 » crois devoir à ma patrie et aux grands boru' » mes qui l'ont illustrée quelques observations, » que je bornerai ici à une seule, pour ne pas » abuser de la place que je vous demande :oii » vient de donner au théâtre dont jl s'agit » Louise et Ferdinand , comédie en trois actes, » de Schiller. J'y ai couru, croyant que c'était >i une œuvre posthume de ce grand poète ; mais >» jugez de mon désappointement ; à force d'at- » t en tien, j'^ai démêle que cette comédie était » fabriquée avec la tragédie de Schiller, Cctolt >i und Liehe, Tout y est interverti, dénature, „ fflicifî^i Pt le dénouement si terrible est rem-
• placé par ua morceau de papier, que tons lea
> personnages se passent les uns aux autres, à
> peu près comme à un certain jeu innocent, » que TOUS appelez, je crois. Petit hon-homme » vit encore!,,,
>' Et cette rapsodie porte le notn de Schil-
• 1er!
M Que diriez-vous, messieurs, d'un Alle- ' mand qui mutilerait, qui dépëcefait ainsi Une
• tragédie Ae Corneille, et intitulerait efFronté- » lïient son monstrueux gâchis : comédie de
• Pierre Corneille ? Le journaliste de Vienne ou » de Berlin ne pourrait-il pas aussi, atec votre » Corneille, égayer le peUple des faid^ourgs ?
» J'ai riionneur de vous saluer.
» GtRMAmcns. «
Cette lettre sent un peu la colère germanique, nais la signature fait absoudre son auteur ; H iéfend SeJbiller comme nous défendrions Corbeille s à chacun ses dieux ! . . .
Je le répète donc, la pensée d'un théâtre àiargé ide reproduire les chefs-d'œuvre étrangers étirH une chose excellente en soi; trin\9 ^exéeutiod en était fort difficile. Cela 6e doit pas nous empêcher de rendre justice, en ï83'7y Ua bonne intention qui anima, en 1806, quel- {ues hommes de talent.
Be 1807 à i83o, la âalle Molière eut le sort de toutes les salles abandonnées ; elle servit à donner des séances de physique, des assauts
d'armes, des concerts, des bab, des banquets de francs-maçons.
En 1 83 1 , M. Lemëtayer obtint de réouvrir la salle de la rue Saint-Martin, mais la façade avait disparu, une maison l'avait remplacée : il fallut refaire une entrée par la rue Quincam*poix, ce qui en rendait laccès triste et désagréable.
On l'émit la salle à neuf, et le 9 juin i83 1 , le théâtre Molière fut réouvert, peut-être pour la vingtième fois depuis son origine. On joua, le premier jour, un vaudeville amusant, La rue Quincampoix. C'était l'histoire du petit bossu qui prêtait son dos pour servir de pupitre aux agioteurs du temps : les auteurs, MAI. Alboize, James Rousseau et Charles Desnoyers supposaient que ce bossu avait été le célènre M^eiix,
Pourquoi non? Pourquoi Mayeux n'aurait-41 pas >xisté sous la Régence ? Il ne fut peut-êti^ qu'un type retrouvé en 1 820.
La troupe du théâtre Molière, peur ainsi dire improvisée, n'oH'rait point de noms connus; je ne parlerai donc pas des acteurs qui, pour la plupart, débutaient dans la carrière.
Il n'en fut pas de même des auteurs. On a lu sur les affiches les noms de MM* Tiiéaulon, Maillan, Frédéric de Courcy, Memlle, Blanchard, Lhérie, etc.
Fermé le 3i octobre t83i, le Thédire de Mo-
Hère a été réouvert le i6 mars i832y mais pour la dernière fois; car, le 5 novembre, il lui pour toujours rayé de la liste des vivants.
La cage et quelques rangs de loges sont encore debout, mais les costumes et les décorations ont été vendus. Un misérable bal a lieu les dimanches et fêtes dans l'édifice bâti en 1 791 par M. Boursault Maliierbe, que l'on peut, à juste titre, surnommer la providence des théâtres.
Le passage, qui existe toujours, porte le nom àe Passage Molière^ et au dessus de la porte de ce passage, qui donne dans la rue Saint-Martin, on lit encore aujourd'hui ces mot^ écrits en let" très d'or .'THEATRE DE MOLIERE!!