LES SOCIÉTÉS CHANTANTES
En France , on a toujours cbanté , et Ton chantera toujours , parce que le caractère distiDctif de la nation est la gaité, qui ya trop souvent jusqu'à Tinsouciance.
La chanson rend meilleur, elle dispose à la bonté, à l'indulgence ; il est rare que l'hoimne qui chante pense à mal faire. Un magistrat , enlève trop tôt au barreau et aux lettres , Frédenc Bourguignon , a dit dans un fort joli couplet :
Le penchant
Du chant
Jamais du méchant N^i calmé Tinsomnie;
Avec nos accords.
Le cri du remords NVst pas en harmonie.
En traçant cette notice , je n'ai pas la prétention de faire ce qu'on appelle une histoire raisonnée de la chanson; cela demanderait des développements et un travail qui ne pourraient trouver place dans ce livre.
Je laisse à des talents d^un ordre plus âevé , à des plumes plus exercées que la mienne , le soin de fouiller les vieilles chroniques, de prendre ta chanson à son berceau , depuis le guerrier scalde, qui s'écriait sur le champ de bataille: Corbeaux , voici voire pâture y nos ennemis sont morts : remerciet^'moi, venez, voici votre pâture!.. jusqu'aux soldats de la répiiblique , qui chantaient, pieds nus et moarant de faim : J^eillons au salut de l'empire, sans se douter que Templre allait bientôt dévorer la république.
Voulant ne m'occuper que de l*influence de la chanson dans les temps modernes | je ne parlerai pas des anciens cantiques; le plus connu , comme le plus ridicule, est celui que le peuple chantait tous les ans à la fête de Tàne, Car Tâoe avait sa fête chez nous.
Je ne parlerai pas non plus d'Olivier Basselin,
ce père du vaudeville. Je nommerai, pour mémoire seulement, GatttîiîerSarguiKe, comédien du treizième siècle ; Guillaume BEchel, audiencier à Paris ; le Sai^oyard^ cpii chantait à la suite d'un mardiaod d'«irviéfcani, et d©»t Boileau a dit, en parlant des poésies de Neuf-Germain et de La Serre :
» aïMia on <»iii «elégaë» à Véatttj Se^m» de soconcl tome atts.«i» 4« SftvoywA.
Je pourrais parler des fameux Noëls Bowgw gnons. Al «eur de La Monmi; ««wur des
8onnier»dfe la inême ép«l«r, «t df autres yii leur sont anléneat».
BfrtDot temps ïe- peuple ar été tmtftear. »*tait-il pas ïe même qa'aajwwd'lior , q»»»* »1 albittsous le balco» de Ckwfes. TK q«e^ p* dérision , il appefei* le wi d«- ««««ge., et qulil cbantait à,ce dauphin qui otAliAd^lfe^bM. <rAgnè, Sorel quel*» ABgW»tei«t*»"«*»«* a«»<ïeiBr.tSets de taïïMw»»^
Mes aroisy que reste-t-îl A ce dauphin si gentil ?
Orléans, Baugency, Notrc-Damc-de-Cle'ry,
Vendôme • • . , Vendôme ! . . .
Plus tard vinrent les chansons sur la Ligue , sur là Fronde ; les Richelieu , les Mazarin ne furent pas épargnés : on appelait Mazarîneuies les chansons qui frappaient sur ce ministre. Le nombre seul de ces dernières fournirait des tolames.
On voit qu'il y a longtemps que le peuple chansonne les excellences; n'est qu'il chantait tout bas, et qu'aujourd'hui il chante tout haut : c'est toujours cela de gagné; il a payé ce droit asseï cher pour qu'on ne le lui conteste plus.
Le Français chante dans les revers comme dans les succès, dans l'opulence comme dans la niisère, à la table d'un marchand de la rue Saint-Denis comme à celle d'un banquier de la Ghailssée d'Antin, avec du vin de Bourgogne comme avec du vin d'Ai^nteuil, dans les few
igS comme en liberté ; il chante même sur les de* grés de Tëchafand.
Bepuis plus de deux cents ans, il existe en France des sociétés chantantes. Sons la Ligue , sous la Fronde, sous la Régence , pendant nos troubles rérolutionnaires, sous VEmpire , sous la Restaui'ation , même après la Révolution de Juillet , on a chanté avec plus ou moins d*es-prit, avec plus ou moins de liberté.
En tête des chansonniers, nous sommes fiers le placer des rois, des princes, des grands sei* ^eurs, voire même des curés et des chanoines.
Henri lY chantait Gabrielle, François I**^ la )elle Féronnière ; le bon i*oi René chantait le nn de Provence , le Régent ses amours licen-> ieuses ; le cardinal de Bernis sacrifiait aux traces dans des couplets que l'on dirait avoir té dictés par elles; Rabelais.., ce fou qui était L sage, ou ce sage qui était si fou..., chantait Ui8 souvent à table que dans son église de leudon ; le victprin Santeuil ne se bornait pas
célébrer les louanges du Seigneur, il en fes* >yait aussi la vigne. Louis XYIII, de nos jours,
Bonaparte!.... rhoinme de bMMisw^ f Immbr de Jtr..^ Vhommm eompht^ Fkaamek» nMins rk—lnfcil d» nonde,. 8vakr4ift««o, pMr mirait
Halbrough s^èn va-t-en gnerre f
I^es charRUttits dîners da Tettple, imBMrtar lises par Chauliev, irentédore «ae feule 4t îiolks chansona qui nfoat pas. TÎaiUi. Iébs explorateurs du vieux Paris., cem «pu. se font ffâitt de savoir leur Dulaure sur le^ bout da ieipi TOiU> montveart; eKore ««îamd'liuî ,. ai» ctfrefourde.Biis8)y.brpla£e où était le eabavêtdafiH* meiub LandeUcr V^^ rénnssatt cbea Iw tes^CoUé, ks Gdyifily les Pamid, ks b^UlIoo^ et ockqaet ^piesgvanda seigpeiMBi sflflkitaientv eba^emerte^ k kvseiir de s* gliss«p îM^^psifo^» ear^^ kmqn'il s^afit de leuvs iiitén^ ou^de kiira {daiske ^ 1« -g|sa«d8 seîgpeui» se foa4 ¥dbtttîerfr eoiu^svtf , iwk^'W^i^^, «p pettphisy j/idkis dira dua»* heHa^e*
t^afaokidiia. édftta ^ l^Tmear inakKiiM)
igfi
etks chaiti »» giiiiwfjtf fmkL CuMm êe
WÙÊÊÊê #■!' ^ÊÊtÊÊ^êém UÊU ll'lliSIIMi MBBâ dfi BlMtfyr. ^dt^ft ^tlHUMMM tf lie If 4M ^«ftirmi^ ^|^'
laient lears plaintes dans des romwCM pkiats de larmesi les autres daas des couple iwiplis d'insouciance et de pyrrhonisBNi»
Montjourdain, candaimië i mort, enroie à sa femme cette romance si connue :
I/heure arance où je rais ^oiujr, etc., etc.
Vj» ààt/^ïm f dont U nom m'^fbiqw^ » in ^^ ^ttead^ii de jour «n jqw Tinirtaiit de paraitm
au sanglant tribunal , compose le couplai mS^
"^M f{m a«i compagiMMis d'infiiMtiuie népètent
Ëa gafflotiné e§t on faijon Afljmird^lrai ibs plut à la nodc ; iTe^ veux un» (su boit d^ac^joM Que je meUrai.sur ma commode- Je ressaierai chaque matiu Pour oe pas paraître novice^ 8( fuir malheur le lendemain A moa tpop je suis de serriee.
Et 1« lenctemain il ëuit de serriee l Croirait-on que, dans certAÎnes prisons de Pariiy les geôliers forçaient les dëtenns à chaater avec eux dlnCeunes couplets qui avûeDt pour refirain :
Mettons-nous en oraison,
Maguingnerin gon , Devant sainte guillotinette,
MaguingueringoOy
Maguio guerin guette !
On n'a pas oublié le fameux procès des yiogt et un députés de la Gironde, condamnés toosâ mort, le 3o octobre i793| pour être exécutés le lendemain.
Le lendemain, ils se font servir un déjeuner qui sera le dernier ; ils se livrent tous à la joie la plus folle, les mots piquants circulent avec les vins... On discute gaSment sur l'immorUlité de Tame. Les uns doutent, les autres croient.*, beaucoup espèrent. L'un d'eux se lève : M Auiis , dit-il , ne disputons pas sur kt mots, dans une heure nous saurons tous ce qiril -en est. » Alors des couplets sont iropron-
Us au i:»*uit du Champagne qui fulmine. En chantant, on donne des larmes à la patrie... On cause d'amour.., d'amitié.., de poésie... , on se fête.., on se serre la main..., on s'embrasse. A voir ces hommes forts, on croirait qu'ils ont un avenir..» une espérance.. > un lendemain.., une heure... Point! c'est en Grève qu'ik vont!... c'est le bourreau qui les attend !!!... Boyer-Fonfrède chiEmte pendant le trajet :
Plutôt la mort que Tesclavage, G^est la devise d'un Français !
Le jeune François Ducos fait entendre le Chant du Départ^ triste refi*ainde circonstance, et qui n'était là que le chant du cygne !
Une chose digne de rehiarque, c'est que chaque opinion mourait en chantant. On enten*» dait toujours les mêmes airs. OBichard, 6 mon roi/ ou la Marseillaise , vwe Henri quatre ou Ça ira*.. Ainsi, en France, la chanson, fpîi conlole des misères de la vie , vient encore nous lider à mourir... Grâces soient rendues à la chanson !
Loni|ii6 Pâffrfux règii« de 9I fut (mbs^, le Fratiçait, q^i p'ayaît rien perdu de sa gaHé, éprouva le betoîn de se v«iger de ses gouTernants. Que d'ëpignammes, que de refrains mordants Aireat lanoés contre ces Brutas de carrefours» ces ^ristides aux mains calleuses ) ces bouchers législateurs et ces législateurs bouchers , ces tjrréMs hm^mUeurs de his (comme les appelle André Ghénier) !
Les dîners de Yaudeville prirent naissaoce à cette époque , et l'on se rappelle les charmantes chansons que les circonstances inspirèrent à leurs joyeux auteurs.
Bans un dîner préparatoire , qui eut lieu le 2 fructidor an iv, MM. PiU» Radet^ Deschamps et de Séguf aîné (1), aTaient été i^ommés commissaires pour réd%er les hases de h sœiété; chacun avait surrlé-chainp donné un sujet de chftnson. Tous ces sujets, mêlés ensembloi tirés au sort et remplis par ceux à qui ils
(1) M. U P9mSe à9 Skfgup a été <lepiiî» gvaadHndftre des cérémonies de l'empire.
talent échus, furent rapportés au diner 4u vendémiaire 8^iva^t , le premier de la f<»w ation.
Le prospectus en couplets ^ qiû pétillait d'efr» ait et de gaité , fut adopté séance tenantei inier iocula et seyplms, par les convives dont les nova (uiyent :
iLfvèê clfa«r, «ou» applron? ob»^ P« par la qnuia clianaoQvséfey Ledit projet et soiMcfi^oftSi narré, Lé^er, Monnier, Rpsièfei Demeautort, Despr^auz, Ghéron, Desprez, Bourgueil et DesfônUines, &%ar alae', FrévAt, ChamboDy Onze de moins que deux douzaines.
A mesure que de nouveaux auteurs obic»
naient des succès marquants sur le tb^itre 4e la rue de Chartres, ils étaient admia mêx di^ ners; car il y avait un article qui iliaiit t
Pour être admis, on sera pért Be trois ouvrages en conpkCi^ Dont deux au moios ( dam» sMfi^l y Auront esquivé les sifflets^
C'est ainsi que l'on vit successiyement>arn>er Armand Gouffc, Philipon de la Madelëne, Prévost d'Yray, de Ségur jeune, Philipjpe de Ségur, Maurice, Sëguier (i), E. Dupaty, Chazet et autres.
Les convives dés Dîners du YaudevUle se réunirent d'abord chez Juillet, cet acteur si gai, si vrai 9 si original, et qui s'était (ait restaurateur, comme plus tard Chapelle , le Cassandre du Vaudeville, se fit épicier.
Piis célébra l'amphitryon dans une chaason qui courut tout Paris , et s'excusait ainsi dV voir ajouté un e muet à la fin du nom de Juillet : /
J*ai bardé d^uD e muet Le nom de notre hôte ; CVst la faute du couplet^ Ce n'est pas ma faiite ! .
Il signe, il est vrai, Jollikt ; Mais, par un refrain qui plaît, J*aime mieux, dire en effet :
JiJx,£iBTTE notre hôte.
(i) M. Scguier e'tait frère du premier président lîe la cour royale de Paria.
S^U est bon restaurateari Notre bote Julliittb, S'il n'est pas moins bon acteur, Son enseigne est faite»
Pour favori de Comas, Ponr faTori de Moraas, Proclamons en grand chorus Notre hôte Julliitti ! . . .
Cette société dora près de cinq ans; die arait été créée le a vendémiaire an v, et cessa d'exis» ter le 2 nivôse an ix.
Lorsque le conquérant qui remplit runirers du hruit de ses exploits promenait nos dra* paux triomphants de capitale en capitale , de inonde en monde ^ il était naturel que Ton chantât encore.
MM» Armand Goufie et Capelle conçurent 'l'heureuse idée de ressusciter l'ancien Cayeau ; ils appelèrent à leur secours une grande partie des convives des Dîners du Vaudeville» et choisirent pour le lieu de leur réunion le Rocher de Gancale , si renommé pour ses huîtres et son poisson.
Le vieux Laujon fat nommé président de cette société ; il en devint l'^oAcréoB ; il y chanta, jusqu'à l'âge d^ éfMtr^w'mg/H^'çmi «as, le> vin et les femmes , et mourui tomme ie vieillard de Théos , non d'un pepio et raisin, mais en fredonnant un couplet.
Parmi les membres ip çett^ joy^usç |)ande, on distinguait encore Aimand Gouffé, Dupaty, Pik, Moreau , ChazeC, Oelongcliamps , Vrancis, Antignae, de Rougemont, de Jouy, Ourry, Toumay, Chapelle, Ducray-Dumesnil, Coupait, Oentil, Théatilon, Eusèbe Salverte (atijourd'hui député), et surtout le gai, le spirituel, le verveux, l'entraînant l>ésaugiers!...
A rittstor des Dtners du Vaudeville, vn prospectus en couplets fut lancé dans le public. Il fut arrêté que le cahier qui paraîtrait tous les mais porterait le titre de Journal des Gûur» mandé et des BeUeê$ plus tard, ce titre fut échangé contre celui du Cat^eau modemei Le dtner d'Inauguration eut lieu le 26 décembre i8o5, et le premier numéro parut le 10 janvier 1806. D'abord, la société ne se composa pas seulement
3oS
envoient à bfbniMECîôti àe eeymnml t le àoe^ téur Maam de Soînt^'Urm ^ RareUlèM'i Cadet^ GteMonrt^et te ftmseiœ^lHCVTÎeii Gmnâiicl éê k Aeysnève y feiirMVcnt des artîdei dr gmiCfi» imaèr et df hygiène ioft «nMttHs*
A cctter épocpiéy «01 immumà BalekM Tenrid d'onr^îv im étftbll9§9f»eii% modeMe y me Mdntoqgorily stt eoin de k F«e MdttdMr > e'^Cail pies^n^ma cal>aMt ,* car il ùUmtpàstÊ» pêi mm hmj0mfCÊB oncudbrée àe ^pwsaxmé et de viendii litLMihri an eieSy pMf arrmir i» Keu de hi^iihN
fl y tfteît à peiâe ait «tf^fiie cette société éi^^ laUy ipie Votf s& dispoc^ tee ciMiilibvee mfoiee^ 4e céUe rà k»^Mci»ietteBttfaieM et elMumietil^ O» jefieuttii nw cdt>înei ê^nitr mfm i^at^F^LÉfctf fm^ WsetA plàîeir d'entendre cpielquee #efraiw à ticvcM' mM' obboft met ^îme. Qoist bM tempe !v.«
Bidekie a dâ> à h société épicuiietitte' e»e* f6ï^ eeMMT eoMÎdéi^ibler '/A eèt Trdï qu'il F«w«h mé^
ao4
tttalitë, une ]H)lite88e que Ton aurait pemeâ trouver aujourd'hui que toul s'est perfectioDiié, comme ou sait. Je n'ai jamais vu montrer tant de zèle , tant d'égards, tant d'attentions pour des convives; il bous en accablait. Je n'ai pas souvenance que les huîtres aient jamais manqué, même dans les chaleurs les plus brûlantes.
Une fois seulement (c'était l'année de la comète), nous allions nous mettre à table : Baleine pai*ait dans le salon , la serviette sous le bras, l'air pâle et défait... « Messieurs, vous voyez un homme au désespoir... J'attendais des huitres par la voiture de quatre heures... ; elles n'arrivent pas... Je vous avoue que je suis dans une anxiété... Messieurs, si ce malheur m'arrîvait!... je ne m'en consolerais jamab ! . . . Messieurs ! ... » Et il se promenait comme un fou dans le salon, en levant les mains au ciel, et regardant de temps en temps par la fenêtre, pour voir si les huîtres ne venaient pas. Puis il descendait, puis il remontait: c'était pitié de le voir... En vain nous cherchions à le rassurer, en lui disant ôu'un dtnei: sans huitres n'eu était pas mow
un excellent dîner. Rien ne pouvait lui faire entendre raison. Nous avions] vraiment peur qu'il ne se portât à quelque extrémité , et ne renouvelât la scène de Tinfortuné Yatel. Enfin un garçon vint annoncer la fameuse bourriche .^ . • La figure de Baleine s'épanouit, elle reprend sa sérénité ; un sourire de satis&ction se peint sur ses lèvres , et il s'écrie, avec un certain air d'assurance, moitié grave et- moitié comique : « Ab! je savais bien que les huîtres ne manqueraient pas!.., »
Les dîners que Baleine nous servait, le ao de chaque mois, étaient d'un luxe et d'une recherche qui rappelaient ceux d'Archestrate à
Athènes.
Archestrate était poète et cuisinier ; Baleine n'était que cuisinier. Archestrate voyageait dans tous les pays non pour s'instruire des mœurs et des usages des différents peuples, mais pour con<» uaître par lui-même te qu'il y avait de meilleur i manjger. Archestrate a fait un poème sur la Sastronomie qui n'est pas anivé jusqu'à nous ; Baleine n'a fait ni vers ui chansons, mais il en« ' II 18
ao6 leftclak à tiicttAllê h ttÊsaS^tà^wcttiî^ti im jAiffiboift tfttx éfinûtàé et de'cônfeeticMiei'tittyôle- M^^bI à* h crèifkK. HietÈ n^it^ 6tâJBé p9t tet KfMiMé fraittwMi guetté ée ^ mîsstôù i àti
éCakné l^ftiâh sur féBitàliier cfté ebofiftiî^ à ht
êt^é êki k^ûtti. iki tométi itiâgtûtqae étdr
cffeffsé (rtff hl, tfh-strftÀtfé rfé f dùiSfer gâf ûîSsaît 1^ luflreti' A^' hf téfbfe ; die$ giràndlô^ dé ftavtio iétftemt êttmQé'és sttét sytt^tffe'* teS âeui*^ les plus belles brillaient dans des vases dé cristal: ê^ ffkrçùtiiàtfûisêSeitt ieqUÉttt ^kétxreett quart ^eWé. Patf tftt r3^f^Stt(emettt <f kttiiîi^îié, ôif dî-
ttafe pteift(tie tmf(îm êxtH fctià^tes'j ttiëm en
été. On prétendait qae le feu des bougiisS dottimk f^s êe gaMé à u^ i^épUs^, ^u^ h çàîHé htimtàt at i&(çéÈiloti.,,y éf) cônhâtié oif ictisit à' di* géi«^ avairf foûl, (M'ei^ïo>^4t toàrf Ites taû^ens
Cr'ëfdl tm <ioUp^ #0!» ti'aîtnéttt ori^nrf qwc éés >Hiagft tûttvWés thïSt, éatts^nt, buvàdt entfeldlte.- 'h^ mdt^ ]rii(]llïÉits /échttppsiîéiit avec
Les seuls qai noua â»ieiit rtsl^s
chaiisQf)9 pl^î^i^ 49 gra«^ ^i d'asprU î pwvi i« bon mm Iwlon gui ir^n^inai ^vm^ j# TiBti diu (?ii iA^mtmU um vi^ de po^it^ d^ quatre
yingt-cinq ans.
^Ç n'ai rieo içp»jQU d>j»^i ^im^bl^, d'^Risi ipsouciant, d'^qs^i h^ureuijc <|9iç c^ piçtit v^eUlard !, C'était le vawdpvilk ain)}»laat, la dianison io-
âo8
cànief le flon-flon fidt homme.... Ah! panTiv Laujon, si tu vivais!.. Il assista, quoique malade» au dernier diner qui précéda sa mort de quinze jours. A propos de Laujpn> on se rappelle ce mot charmant de Tabbé Deliile. Il y avait près d'un demi-siècle que Tauteur de V Amoureux de quinze ans faisait des visites pour arriver à l'Académie française. Comme quelques membres du docte corps élevaient des difficultés» en raison du gem^e frivole que le solliciteur avait cultivé, Delille se lève :
«Mes chers confrères,» dit-il» «je pense qu'il » est important que M. Laujon soit nommé » cette fois; il a quatse-vingt-deux ans, vous » savez où il va... ; laissons-le passer par l'Aca- » demie. » Tout le monde applaudit à ce mot délicieux, e^ le chansonnierjia académicien.
Une autre anecdote, qui, je crois, n'a jamais été imprimée, mérite de trouver place dans cette notice.
Laujon avait vécu dans Tintimité du comte de Clermont, et» après la mort de ce grand sel' gneur, qui arriva en 1770, le prince de Condé
le nomma secrétaire du duc de Bourbon et le chargea des détails de» fêtes de Chantilly, emploi dont il s'acquitta jusqu'à la révolution. Lorsque la plupart de ceux qui avaient été comblés des faveurs de la cour furent les premiers à donner dans les excès de cette révolution, Laujon crut se devoir à lui-même de ne pas chanter un ordre de choses qui avait renversé ses bienfaiteurs.
Le régime de la Terreur arriva, et, comme tant d'autres, il fut dénoncé à sa section. Son plus grand crime était de ne pas vouloir chanter la république. Son ami Piis, ayant appris qu'il courait un grand danger à garder un silence obstiné, alla le voir et l'avertit qu'il devait être arrêté ; il l'engagea à faire quelques couplets, lui promettant de les chanter lui-même à sa section le décadi suivant.
Le vieillard se fit d'abord beaucoup prier ; mais, voyant qu'il s'agissait pour lui d'une question de vie ou de mort, il composa un vaudeville républicain^ et mit au bas en gros caractères : Par le citoyen Laujon, sans^culottè pour la vie*,. Cette petite ruse jésuitique lui réussit ;
aïo
et, depuMy il passa âans sa seçtioirpour un excellent patiûote.
Chaque convive avait le drqit d'inviter h son tour une personne de son choix ; c'est à cette heureuse idëe que nous dûn^es le plaisir de recevoir le comte Regnaud de Saint-Jean-4'Aogely, le gëographe Mentel|e, l'abbé IMille, le chevalier de Boufflers, le vieux Mefcier (qui ne vivait plus que par curiosité), d'Aij^refeuîUe^le gourmand par excellence et VsAiçi de Ga||ibacërès, enfin le fameux docteur Gall! I^e jour où nous reçûmes la visite de ce dernjer, on lui servit un plat de fritures composé §e^lement dptâes de gibier y de poissons et de volailles^ Qa )|ii demanda s'il voulait tâter les crânes de ces mes-
sieurs ou de ces darjfies.... Lç sayai^t se ^érvk et répondit en riant « qu'il fallait qi^'il t4tât les corps auparavant, yu qii'à table sop sysitème ne s'isolait point. » Pas mal pour un Allemand.
Plus tard, on renehérit encore sur les plaisirs, et l'on s'adjoig^nit des artistes et des çbaO" téurs.
Prédéiîc Duveniox, Lafont, Doche| Mosin,
Roi|iagnésî, Paptiste, Cheiufrdp Piccini et d'autres artistes, vinrent embellir no^ dtners.
Ce fi;t en iS^S <|ue notrq Béranger prif place au milieu des çnfjaints de la joie.,. Jamais ré-? ception plus aimable ni plus spgntanée* Plusieurs chansons de lui, qui couraient inanuscriles, entre autres^ le roi (tYvetoty donnèrent une si haute idée de son çénie et de son talent quHl Alt élu par acclamations.
Bélanger a donné à la chanson une direction qu'elle n'avait pas eue jusqu'à ce jour ; il l'a nationalisée.
f 8i4 arriva ; chacun prit sa couleur : les îins restèrent fidèles au drapeau d^Attsterlit$, les auras crurent devoir reprendre la bannière de leori jy. h&k c;haii«oiMiier9 se tronvèieut parages en àm% mwf% bien disikcta. (Eu îa itimpi* % , 1^ justeMKiilieu n'avait paa emsoi^ été inventé.) lii |ie«i4fi biw qi^'uue feia la politiqua inircH' uit^ 49n$ uAii ^é^idu cliantaote, ^ oe ppui* ait conii^iY^r ç^ttç «Unre fFM«h§ f t gaî^ qui m
présentent une époque, et une époque glorieuse.., car elles ont presque toujours chanté entre deux victoires!... Leur éclat a été assez Vïff assez brillant pour que j'aie pris le soin d'enregistrer le nom des hommes qui s'y sont distingués.
Sur plus de soixante chansonniers dont elles se composaient , les deux tiers au moins sont morts i ils ont empoité avec eux le secret de rire et de chanter. Une littérature nouvelle remplace celle que nous avons perdue : fasse le ciel qu'elle donne à ses adeptes autant de plaisirs^ de jouissances pures que nous en avons goûté au sein de l'amitié et des Muses.
Alors les vaudevillistes ne s'isolaient pas. On pensait moins à l'at^ent qu'a'u plaisir. La calomnie, les passions haineuses ne guidaient pas la plume. J'ai vu un temps où les auteurs s'aidaient de leurs conseils ; on faisait i^péter la pièce d'un . camarade , on travaillait même à la rendre meilleure, sans penser à lui demander pour cda une part de ses droite d'auteur...
lais à quoi bon gémir sur un temps que nous le reverrons jamais !.. .
On devenait alors chansonnier et auteur par [oût, par vocation ; aujourd'hui la petite littéature est devenue un métier.
Avant les dîners du Caveau moderne , il avait xisté une société chantante qui avait pris le cm des Déjeuners des garçons de banne humeur; eue réunion avait été fondée par M. Etienne ictuellement député) , Désaugiers , Servières , lorel, Dumaniant, MartainviUe, Gosse et plueui*s hommes de lettres , tous gens d'esprit et e gaîté. •• Leurs chansons étaient aussi publiées sir numéros. Cette société ne dura que quinze Il dix-huit mois.
Dans le courant de l'année i8i3, une société, vale de celle du Caveau , fut fondée par les lins de Dusaulchoix , littérateur estimable et ibliciste distingué ; cette société marcha penint quinze ans sur les traces de ses aînées. Parmi ses convives, il faut placer en première ^ne C. Ménestricr , enlevé tout jeune à la lanson , Hyacinthe Lcderc , dont la facture
funtnnmht rAnaclL* miAiiipiînî> BéiaUfiSr I FlJfliinif
Jourdan , Garmouche, Fré^^jjç à^ Çsimii **'
le jçi^ Édpij^i ftey.ew;?^ ,^i^ f SiWPPOS^ |^ neurs chansons trè^ i^§ms^SlU3hl§^i'
noua. *^^»*«»^ iBifi la plianifln fif ni iriifnfifUfiiifftt
ism ¥#« ff^^ m tPàfmi gui i^ iootwk; le
FniBfris lanisa un ^j^^^^I^*^ au aalfliaiiâ aak Foii*
fin |ieaa|urak420H^eadM cembien lagedtde la chanson s'était répanda en France, et à Paris| 8|u?icHat, daaa laspreniièfas êMtmèeê delà restausatio». Bn 1618, le nombre de ces société Aak inc«liiriafala>
Après avoir parlé de raiistocratie de la chanson , Je vais essayer de tracer le portrait d'une de ces réunions bachiques, où sç rasseiublaient des ouvriers, des artisans , des gens en
vesie, ^ë^qtii xHssoht pii fetr iàcHûi ^àiii ni leà
B 6iis<ahf * rsÊth y à cette ^^(ïqtié, k Mti^té âes Zfl^/e^, k Èùdèté étt Oigtft, ta ^î^^é^ Gamins y la société des Ljrriquesy la socfét^ 4éé /o^eiMT, la sociélë è» Framuf^Omtlaréf , Ik société èoi^Brmlkt^dsf la société ètff êms^Ên/êms4 la soàélé déa Vrm^Fnmfais^ hr Sœiéeé d»v di^ Swrdjy la société éeé ^«7iî# dé la OMté^ e^ cefit autres 'âxiétés doàt ^a? onbKé kr aoufl^y ou, pour mieiJtediréy Joirt^^e s^d* jamais' stfk^ aoiRS»
J'a^sM m lAien palrefi^^^eeimiiâMaifeffrisMry P'aûd ai»a(6ur de cliaB^onl»^ et qui att#ait Vd^ bûtiers ftiaiH|ué dix veAtes à Fhétel BtiHiDir }laiôt<pi?une gogueite à l'Ik-d-Aiiiibiir..r&é^, ait u» intrépideyUB |^dMaftt0tt> ftùmd méne-Lw I ii'alu*ait pas* recalé devaift k Mère Raéu y )ourTU <pl'il eut été cettain- d-y eaittàdré' uaouplet.
Mon cousin le commissaire-priseur arrive un our tout essoufflé : <« Cousin^ me dit-il, je viens lour vous conduire dans une réunion qui vous
fefa plaisir ; je veux vous mener dtuer chez les JSnfants Je la Gloire!.., » Moi, qui ai toujours aimé la gloire , moi qui l'ai chantée , n'importe 80U8 quelle bannière elle a brillé, j'accepte rin- TÎIation.
« Je vous préviens,» ajouta mon cousin, «que vous aUez vous trouver avec des ouvriers, des artisans /c*est tout à fait une société populaire. —Parbleu!» lui dis-je^ «j'aime beaucoup le peuple, surtout quand il chante,.. » Nt>us partons tous deiix, bras dessus bras dessous; nous voici rue du Vert-Bois, ourueGuérin^Boisseau, je ne me souviens pas au juste : je ne suis pas ^obligé de me rappeler le nom d'une rue. Nous entrons dans un modeste cabaret; la bourgeoise , qui était une grosse joufflue, nous dit, avec un certain air de prétention : « Ces messieurs sont-ils de la société ? — Oui^, madame. — « Conduisez ces messieurs à la société. »
Nous traversons la boutique, ensuite une petite cour cai^rée, aux quatre coins de laquelle il y avait les quatre' tilleuls oWigà ,
et nous noi^ trouvons dans une salle basse et iioire.
Là, point de service damassé, point de sur<» tout en cristal, point de fleurs dans tles vases, point de couvéïts à filets, point d'aiguières efi argent ni en vermeil ; itiais une taUe de bois de bateau , recouverte d'une nappe de toile écrue, des assiettes en faïence bi*une, des cou* teaux en fornie d'eustaclies, des verres cornumns et ternes, un' pain i*ond de douane livres aa moins, du sel et du poivre dans des soucoupes ébréchécs. Une bouteille de vin rougè était placée devant chaque assiette : deux bandi de bois de chaque côté de la table ; seulement'^ au haut bout pour le président, '
Un tabouret de paille Qui iiVtait sur trois pieds sauve' de ta ]>ataiUc (i).
Quand je fus au milieudes Jmis de la Gloire^ mon rousln me présenta au, pirésideuty qu'il in^s dit être compagnon -menuisier. Je pensai à n a*: li e Ad&mi et cette ani^logie me fit sourire.
(t) Xatburia lUignier, le Mtttuurià Gàt, »atiw.-
Lm MUes convives étaient des serruriers, des vitriei's, des peintres en bâtiments , etc. Je remarquai un gix»s papa qui avait un ventre efiîpayajit e^ ^ea favoris affreux ; il était débraillé, «ans cravate, et suait tant qu'il pouvait. Ou .m'apprit ipie c'était lu cbarcutier d'eu face. Je f avais déjà deviné ; les charcutiers ontunephy- .sieBomie à part.
. La gropse dame que i'avais vue au couipioii ,a|»portai^ dans un énorme sajbdier, une gibelotic .de lapîi^ dont., en entrant, j'avais senti i'odeur, il embauB^ût le lard .et les petits oignons. Yla- 4:^lkt eusuile le carre de veau» la barbe de capacia flanqi^ de betteraves, un morceau de fromage de Gruyère $ deux assi^des de «lendiants fermaient la marche.
On ce mit à table ; on me plaça à coté du président : « Monsieur, >» me dit-il, « ici chacun a sa 'bduteiUe ; si le iouge voua hicbuimode , vous âVeK é^/n dé demander du hhht, y» 3t tépondh '^ae le îiQivgt né m'hïtoiniitodaît J)aé.
lemangeaidé bén ajppét^. Là ^H^ldt^edé }a* piîi ipiepariil^délifii^iase» jfi di$ de le^iu, parce
que ç^esi la foi qui sauve, et qne j\ii lé bonlievr de croire.
Pendant le dtner, on ne parla que du gran^ Napolëon^ . « Hem ! » diihit Pun, « eest eehd^Mi qu'en valait bien un âulre... Hem! oui... qmi n'était pas feignant , comme en dit chez nom.,*. Hem!... s*il iC avait pas été trahi à WaMhoî Hem! . . . qui n*èht pas mort peur faut te monde,
«Ah! oui... » dit le charcutier en s'èssuyant le visage (car le malheureux ne. Isdsaif paé d^u« Ire métier) , « le petit caporal vit encore,,, et U
leur z-y en fera voir de toutes les couleurs •
— // n* en faut pas tant, des couleurs j n reprit le peintre en bâtiments, avec un sourire de Méphistophélès-Mj v* qu'on nous en donne seule* ment trois y des couleurs.,. » 4- çe mot 4^ trois couleurs y les applaudissements partirent de tous les points de la salle ; j'ai vu le' moment où l'on allait crier vive F Empereur!.., Alors la conversation prit une teinte tout à fait po*
liiique.
Je m'aperçus que j'étais dans une réunion' séditieuse ^ et je pensai que, si le commissaire
4ii qttirtier vaialt à faire $a ronde, il pourrait faire ë?acuer la salle .et envoyer les Errants de in Gloire à la préfecture de police. Je comptai combien nous étions ; quand je vis que le nombre ne dépassait pas dix'ncuf,€e%i bon, me disje, nous sonimes^ dans la loi.
' Le moment de chanter étant venu , le président fit l'appel nominal , et quand chacun eut ri^ndu, en portant la main droite au fronts le u^ I monta sur la table, et chanta d'une voix de Stentor ;
âoluty monument gigantesque De la valeur et des bcaux^arts ; D'une tfinle chevaleresque Toi seul colores nos remparls.
Dé quelle gloire t'environne Le tableau de tant de hauts-faits :
Ah ! qu'on est fier d'être Françai« Quand on regarde la oolonoe !
A chaque couplet, les convives se regaitlaient, se Élisaient des yeux ; j'en ai vu qui pleuraient. Le n* 2 ne se fit pas attendre. Je me souviens
encore qu'il cliatita un couplet itont le yremier verséiait : .
Sur son rocher de Saînte-Hclèae,
et qui fioissait par celui-ci :
Honneur à lu patrie en cendre !
Du reslc, toutes les chansons respiraient le plus pur napoléonisine ; c'était toujours :
Il reviendra le petit caporal.
Vive à jamais la redingote grise !
Honneur, honnear à not^ grand empereur !
Je demandai si Ton ne chantait que des couplets qui eussent rapport au grand HapolÀin : « Monsieur, » me répondit mon voisin, « je vais vous dire ^ nous sommes tou$ ici des bons enfants qua sen'i ensenible ; nous ne reconnais sonjs que deux choses, l'empereur et la colonne. »
Quand mon tour de chanter fut anîvé, tous les yeux se tournèrent vers moi, au point que fe devins timide et embarrassé. Je me défendis de rnon mieux, mais avec la modestie d'un auteur qui n'est pas fâché qu'on le prie un peu. Je
asm
dit à cet bonnet gen^ que fëfàtt venu pour lef entendre. Le président fit faire silence ; il fallut se résigner. On me fit un hoQûeur , je fus dispensé de monter sur la tahle^ je n'ai jamais su pourquoi. Bien que je possède un volume de voix assez étendu \ je cvaignais qu'elle ne .parât faible et flutée à côté de celles des Amis delà Gloire^ car ces luron$-là avaient tous des voix de tonnerre : c'étaient' des petits Dérivis dans son bon temps.
Je chantai une chanson que j'avais faite en 1809, et dont le refrain était : Comme on fait son Ut ût^se cûuekg. Lorsque j'eus cbaaté ce cou-
Brarant la chance des combats, Lorsque leur chef les accompagne, Voyez tous nos jeunes scjd«ts En olifi&taut f^ve une eap|)Mgiie 1 Ils brillent, pes br^re^ gvierriers.
Jusqu'à leur dernière cartouche.
Puis ils dorment sur des lauriers :
Comme on fait son lit on se couche.
Je kim A p^njMw* Teffiet qw pcodoiûieot
gUèrriêrê M huNm'^. . , s co fui nfM eiyfetioèi mn délire, une rage... On criait : ^/>/.... mmms^ eDodrei..J Tous lejp tiionvive* |iarlaieBt eMem-* ble, on iii'entonniit, on me sérrail la mtiii g tout le monde m'embrassa, même le ebanmtie»!^ après s'étve essuyé lefvont, bien entmàà. ^
On proposa mon admission, séimee tenante i je répondis que j'étais très sensible à cette maiw que de bienveillance, mais qae je craignais de ne pouvoir assister rëguUèremeiit aux séaneaa» On me omma'^aisbcié libre ; on me ftt pyomeW tre de revenfr quelquefois t )e promte^inait |a jarai en noîrixiéme de n'y jetnaîs remettre ieà pieds.
J'avais asMs bien supparlé le vin et lea çbàn^ ions, mais je eraîgnais les a£colB4aB $ la^ baisera fraterBels, mé teMént au eiBiH"» li»igteÉs|ia iprès, j'«o étais encore' poursuivi, eani8ne/0/Mr# Sournois par uà Jonge. Le chafciitîer, nirtoui', l'a jamais pu s'effacer de ma mémmi«.*;
Après avoir i:i|é avec orgueil les 1101114 des naitres de ^ gaie science , il est \m\fi s\m je nentionne beMiaLleiiiaiU d'autraisi viWBm^ moins
ffmià$ êans Aouie , mais qui méritent aussi un sottveok*.
. Panni les cbansonulers qui brillaient dans les socîéliés pléhâeujftes /dont je viens de parier, on remai*qiiait en première ligne Emile De- Lrauxy Dauphin, Marcillac et d'autres qui ont fait des cliansons pleines.de verve , de palrtotisme etde gatté.
Je dois parler des chansonniers des rurjf^ des diseurs de Kompfûwies, parmi lesquels on comptait les Daverny, les Cadot, les Aubert, les Col- Imnd , poètes qui toua ont eu de la renommée dans leur temps^ et ^i nous cœt laissé des successeurs.
- - Aiijourd'ltui la chanson des rues a suivi le torrent politique ; elle a son côté gauche , son etflé drcnty et mcme son juste-milieu. Si vons voulez un échantillon de couplets contre les énicutes , m voici un de M. Lebret, que je copie textuellement :
Qrtoîque consul, Bonaparte sut s\*prcndnc
Four apuiscr tout ^rnre d'opinion :
n» gTMK^rraraux il a fittt «^nfivprcfMli-e;
L'oanc pensait qirà son occupation ^
n appuya aussi des lois, sévères.
En se montrant à la tête de tout ;
Mais il n'est |dus cet homme qu'on révère. . •
Pleurons, Français, nous avons perdu tout !
Je sais que, sous le rapport du style et de la versification , quelques critiques pourraient peut-être trouver à reprendre à ce couplet , bien des gens riront de l'ingénaité de ce vers :
L'on ne pensait qu'à son occupation, r
Eh bien ! moi , j'y vois le secret de la poli* tiqiie de Bonaparte... et peut-être aussi de sa puissance... On ne pensait quà son occupation..* Pesez bien ces mots!... On ne pensait qu'à son y:cupalion.,» c'est à dire on ne se mêlait pas les affaires de l'Etat , on ne critiquait pas le )adget, la liste civile, oti ne courait *pas les aes comme des fous ; enfin, on ne pensait quà on occupation,,,
Une^ complainte sur le choléra-morbus, par I. de Gourcelle, me parait le chef-d'œuvre du <*nre ; plie est sur l'air Flemme du Tage :
Pleuraas sans cesse De Paris ^ malheurs :
Quelle tristesse I Tout le monde est en plai^rs.
Partout, sur Éoa passage.
Le choléra rarage Rues et faubourgs, ^ Partout fixe son ooqrt.
H^as ! que 4§ TÎçlinie»
K plongé daus Tabime !
Implorons Dieu • . .
Qu'il fuie de cei lieux. -
Cela me rappelle la complaiiite des fameux chauffeurs qui finissait par ce quatre vers :
Ils ont commis des crimes affreux, Ils oqt commis tous les délires. . .
Priofis le Dieu miséricordieux Qil^il les rççoiye dans spn f mpîre.
A pissent que j'ai rendu à César ce qui est à C^ar, et à Dieu ce qui est à Dieu, je me resume.
La ehansoTiy qui, à sa naiésanoe, ëtait gaie, frondeuse et presque toujours opposante, a fini, avec le temps, par oublier son origine ; dans Tes-
pace deciaquanle ans, nous Tavons vue flatteuseï caustique, gaie» triste) impie, atbéei bigote, pauvre, riche» cifpide, désintei^sée ; enfiu die a suivi tous les partis, porté toutes les couleu» et donne dans tous les excès.
Sous Louis XIV, ce monarque qui disait : « L'Etat, c'est moi ! » la chanson mettait des patticn, du Sàrd eVdes tnouche&, pour âsikleff eux fêtes de Veréaillfs.
Pendant la Régence, elle allait aUx oi^gies du Patais-Royal, eoiiune une fille. . , en baodiante .^ écherelée^ lagot|^ nue.. ; elle faisait des yeux à un laquais, se vautrait sur les genouK dUm mousquetaire, mettait ses doigts dans l'assiette du rëgent, et trempait son biscuit dans le verre du cai'dinal Duboia.
La chanson a troUvé des i-efrains pour les vertus comme pour les crimes ; elle a cëlébré la Ifonié de Louis XT^l et les massacres âes 2 et 3 sefiembrcy la veriueusne ÉUiéohtth à la C^meier" gené,et M^ra^ doMs ^pn é^otU ^ aie a vautéJUs grâce» de MaA*ie*Ant0inette, Ae €«t4e fille de M^ rie-Tbér&6^ ^ui P*^ !coiuiu qui^ lesi malbeura du
trône.... Quand cette reine donnait un daupLio à la France, la chaïuon s'iiabillait en poissarde, allait à Versailles, à Trianon, lui portait des bouquets, et lui chantait sur son passage :
La rose tsi la reine des flksurs, Antoinette est la rcin^ des cœurs.
Pauvre fenome ! . . . pauvre mère ! I . • . pauvre reine!!!... elle croyait peut-être à ces cris de joie, à ces démonstrations d'amour !.. £li bien! quelques années après, la chanson^ vêtue en tricoteuse, suivait la charretée à Samsou et criait à cette mallieureuse princesse :
Madum* Veto avait promis De faire ëgorger tout Paris ; MaU son coup a manc|ue.
Grâce à nos canonniers.
Dansons la carmagnole !
Au bruit du son du canon !
Quand Napoléon se fit empereur, la chanson
courut la première an devant de lui, se jclaà
son cou comme une folie . lui donna les noms les
tins doux, Icspltts beaux ! rik l'appelart César,
Alexandre , Auguste, Trajan ; c'était son Dieu, son héros, son idole, son chéri.... ; elle le flattait, le caressait, le baisait sur les deux joues^ et lui cornait aux oreilles soir et matin :
Vive, vive Napoléon !
Qui nous baille
De la volaille, Du pain et du vin à foison.
Vive, vive Napoléon !
Comme elle l'avait suivi à pied en Egypte, en
Italie, elle le suivit encore en Russie ; elle avait pris, pour le séduire, le costume d'une vivandière; elle riait avec les vieux grognards qui Jui pinçaient la taille; elle couchait au bivouac, sur rafiutd'un canon ; dînait à la table des officiers, et buvait la goutte avec les tambours. En i8i4 et 181 5, elle escorta le grand capitaine à Vile d*Elbe, puis à Saiût-Hélène, en faisant entendre contre lui ce refrain ignoble :
Faut qu'il parte tl' bon pré z'ou cT force Nous n' voulons plus d' l'oi;rc d' la Coi se : A bas, à bas l'ogre d' la Corse.
A la reslauration, /ft chanson se fiisentimc»-
Ul« 6t fleuffcuie ; elle fréqueniftit les saloM iltt GMibourg Saïut-Germain^ elle hantait les égU<« tes. . . Ybye^veuB la Tartufe I -«• Yoyec^vous la jésuite !
Qui croirait que cette cbanton sLgaie, si folle, si indépendante, a donné même dans les cantiques ! . . . qui croirait qu'on Ta entendue, à Saint- Koch et à Saiùt-Étiehne-du-Mont, psalmodier d'une voix douce et pieuse, sur un air de la mar' thanàê de g$Uf09u /
<2*C8t liéâus (ter,)
C'est Jésus (^'*)
Qu*il faut aimer le plus.
Le 20 jttUlet 1 83o, Ai chanson était encore dé- TMiçe à la branche aîi^ée des Bourbons, elle re- 4i8ak-Gacoiie f^we Henri ly^ et Charmante Gohrielle; mais , les 27, a8 et 291 elle criait dans Paris, en faisant des barricades pour les chasser,
Quatre leurs canons* A travers le fer, le teu des batailloos, .. ... . tJwurons à la victoire I
Pauvre chanson ! comme elle s'est prostituée!. . . On dit qa'en France tout finit par des chansons, même les révolutions... Toilà cinquante ans que nous chantons la nôtre, et elle recommence toujours.. QuQ f^ire à cela?... Attendre et chanter.