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— Je le sais, vous dis-je !... et si vous voulez , je puis amener tout Paris à votre tliëâtre!.,.
— Il fait bien chaud , repond le directeur en hochant la tête... — Bien chaud ?... bien chaud ? . . . tant miçux . . . répond Frédéiick . ..«
A Taincre sans përil, on triomphe sans gloire.
— Vous croyez?... —Sans doute, quand ou lèvent bien....
Vété n'a pas de feux, l'hiver n'a pas de glace.
Et là dessus , il lui montra le feuillet d'un manuscrit sur lequel on lisait : Robert Ma^caire ^/ /... A ces mots magiques, le directeur pétri&é. . .
Resta comme une pierre, On comme la statue est au Festin de Pierre.
Il ne trouvait rien à répondre , tant sa joie était grande!... Il entraîne le comédien dans son cabinet, lui signe un engagement , met la pièce à l'étude, et voilà. que la salle des Folies • Dramatiques n'est plus assez grande pour contenir la foule qui se presse à ses portes. Ce théâtre ressemblait au tonneau des Dana'ides » toujours vide et toujours plein. Il est vrai de dire que Fœdérick était vraiment fou dans cette folie ; jamais on n'a vu , et j?imais peut-être on ne verra chez aucun acteur tant d audace unie à tant d'originalité. ,
• HàBert Macaire a tdut résumé k lui seul. DitîpiJ?..; qiie n'en d'-t'Kni pas fait?.,, ta poésie, là pemture , la masique , tous les arts se sont ^ftiparës dç ce type. Robert Macaire restera •eofiiiiîie une spëcialité; Robert Macaire^ détrôné toutes les reaoïnméea qui avaient brillé avant lui. Jeannol briserait sa lanterne en le voyant , Nîcôefème ne ferait plus sa Tcvolution dans la lune y Monsieur J^autour resterait sous les scellés y Cadet Roussel lui dirait : Maître , veux-tu *que je baise la poussière de tes bottes décilitre*.. 1 Et Jocrisse,. \ ce ravissant Jocrisse!... oubliant que son noni A faît le tour du monde, #(§erîe!^it avec la vieille naïveté de Montaigne : Que sais-'/e?,,,
A Frédérick-Lemaitre a succédé, l'été suivant, Philippj^., qui vint au$sl braver la 2one toi*rîde. Philippe y joua une pièce fort amusante de WM. î'heanlon et Frédéric de Courcy ; Les Av'enfures de Jovial,,. C'était encore cet Huis^ sier-Chansonnicr y qui avait tant fait rire aux Nouveautés. . . Ab î si tous les huissiers étaient îiiissi bons enfants que M Jovial , on aurnit plaisir à feîre des dettes , et Sainte-Pélagie serait un séjoui' fort agréable... ; on voudrait s'y faire mettre, rien que pour entendre des couplets étrits sur papier timbré .. Philippe attira aussi du monde à ce théâtre. Enfin , pour qu'il fût dit que tous les fous et toutes les folies s'étaient donné rendez-vous aux FàHes-Dramad^
(jucf, Odry le balourd... y vînt, après Philipjîo, donnfcr des rqytésctitations extradrdhiaires. iM:V! . Dtipeuty et de Courcy se chargèf ènt de faire un hùbù à ta laîfle de ce gros stupide. Or, devinez ce qii'ils firent de ce pataud sî divertissant?... de cette tête de bois, si intelligente?.. , Vous connaissez tous les bras d'Odry?... leà jambes d'Odry?... les cheveux d'Odry?... les yeux d'Odry?... le nez d'Odry?... Eh bien! devinez ce qu'ils ont fait de ces sortes de choses?...
Vn homme à Jemmesf,,, un Alcibîade!
Oui , Odry , un hohime à bonnes fortunes !..: Odry , un mauvais sujet.., un roué!... Oïlry, un cotirèttr de ruelles ! . . . c'est drôle! àvoûons-le!
Malgré le nombre des théâtres et k»s nianvaié joui-s ; malgré lés luttes incessantes qu'il eut à soutenir , ce spectacle s'est maintenu jusqu'à ce jtiur avec assez de bonheur , mais non san» faire de grands efforts. Parmi les ouvrages qui ont produit le plus d'effet aux Folici, citons: la Cocarde tricolore , des deux frères Cogniard. Celte pièce , indépendamment de la circonstance qui l'inspira, offrait de l'intérêt, de l'esprit Cl de la gaké.
C'est depuis l'apparition de la Cocctrde tri^ colore qu'a' commencé pour ce tliéâtre une série d'ouvrages dont pkisieurS auraient pu réussie sur de plus vastes scènes.
A dater de ce moment , des noms déjà con- »ïns dans les lettres paraissent sur l'affiché des
Folies, Oa v voit arriver à la file ceux de MM. Paul de Kock, Rougemont , Alexis Cornbrousse , Benjamin Antier , Francis Cornu , Anlcet Bourgeois , Wanderburck y Le ray de Bacre, Duinersan, Brazier, Yaloiy, Micliel Masson , de Livry , Ferd. de Villeneuve , Maurice Allioy , etc. , etc.
La Laitière de Belie^ille , le Parc aux Cerfs , ou la Fiancée (le Cha^reuse^ Mon oncle Thomas^ la Courte-'paille y les Cuisiwcres , XAimmr et les Farces , le Marquis d'autrefois ; enfin le Coui'ent de Tonningthon ou C Amitié d'une jeune fille , épisofle de la révolution , qui joignait, au mérite d* offrir des situations fort attachantes, celui d'être bien joué par Palaiseau , Rébard, Royer , mesdames Camille et Tbéodoriiie ; la petite Léontine, dans le rôle d'une bouquetière, y amusait beaucoup.
M. Mourier vient de s'adjoindre M. Hippolyte Cogniard pour diriger cette entreprise. L'intention de ces messieurs est de doiiuci plus d'importance à ce théâtre ; déjà des rcparaiions et des embellissements ont été laits à la salle éclairée au gaz ; de nouveaux sujets sont engagés ; les ouvrages auront, plus de poitée; la mise en scène sera mieux soignée ; souhaitons donc que ces projets se réalisent ; le public et les eu^ trepreneurs y trouveront leur compte.On aime i| voir grandir et prospérer les entreprises à l'exiatence desquelles sont attachées tant d'existences^