TOM. H
Sâ6 FÉODALITÉ àRMORlCiLIMS*
« trème misère que nous avions 8oas les yeux. A peioe notre de- « mande était-elle entendue, qa'aveo un acoent qui montrait assez « que, malgré nos précautions , elle avait été comprise, une des « femmes présentes répondit vivement ;
« — Quand nous allons le dimanche à la messe , à Plougastel , ft personne ne distingue sur nos visages qui de nous mange de la « viande ou n'en mange pas' ! »
Nous doutons beaucoup que les populations owilùéet des environs de Paris» qui savent, dit-on, grâce au journalisme» ce que c'est que ï égalité, trouvent jamais des paroles aussi nobles que celles qu'on vient de lire. Il n'y a en effet que les peuples profondément religieux (témoins les Irlandais, les Écossais, les Espagnols et bien d'autres) qui aient le sentiment vrai de la dignité humaine. Un jour quelqu'un disait au marquis de La Fayette, qui venait de traiter avec dédain certains courtisans impérialistes : — « Mais vous êtes bien sévère pour ces hommes ! Que faisiez-vous donc à cette époque , vous? — Ce que je faisais , monsieur? Je restais <M)out! » — Mot sublime, sorti du fond de l'âme, et qui reflétait les traditions que le vieux gentilhomme avait reçues de sa mère Bretonne et catholique. Les paysans et la vieille noblesse de Bretagne ont conservé ces mêmes traditions. Pauvres ou riches, nobles ou paysans, nous nous regardons tous comme les enfants d'un même père qui est au ciel, et devant les puissants de la terre, quels qu'ils soient, nous savons rester debout I Aussi, ceux-là mêmes qui professent le moins de respect pour les temps passés , écrivent-ils dans leurs livres les paroles que voici :
« Les gens du peuple , en Basse-Bretagne, n'ont jamais cessé de « reconnattre dans les nobles de leur pays les enfants de la terre « natale; ils ne les ont jamais haïs de cette haine violente que Ton « portait ailleurs à des seigneurs de race étrangère , et sous ces tt- « très féodaux de barons et de chevaliers le paysan breton re- « trouvait encore les tyerns et les niachtyerns des premiers temps « de son indépendance ! »
1 Bappori (à T Académie des sciences morales et politiques) stir im va^agê m Bretagne, par MM. Villermé et Beooiston de Cbiteauneaf. Paris, iD-4«, p. 28.
Lia GAPÉTIElfS BT LES PLAlVtAOBNST. 297