‹ Histoire des peuples Bretons dans la Gaule et dans les iles britanniquesChapitre 57 sur 75 · LA DUCHESSE ANNE · texte numérisé non relu

LA DUCHESSE ANNE

duché qae comme F héritage de la reine, lequel, à défaut d'enfants mâles, devait passer à sa fille.

Le mariage de Claude avec le comte de Luxembourg était un véritable démembrement de la monarchie française. Les États- Généraux le comprirent ; et leurs supplications décidèrent le roi à retirer sa promesse, quoique ce mariage eût été arrêté dans trois traités solennels. Il fut décidé que Claude serait fiancée au jeune duc d'Angouléme » le plus proche parent du roi. La reine Anne mourut peu d'années après les fiançailles de sa fille. La Bretagne entière pleura la perte de la bonne duchesse; les gentilshommes regrettaient en elle le miroir de toutes les vertus de sa race^ les pauvres leur mère , les bonnes villes la protectrice de leurs privilèges , le clergé la fille dévouée de TËglise romaine. L'Église romaine ! Anne , comme tous les souverains ses aïeux, Mauclerc excepté, la défendit jusqu'à son dernier jour contre les attaques du despotisme et de l'ambition.

Tout le monde sait qu'en 1 51 , à la suite de violents débats avec le pape Jules II , qui avait déclaré le roi de France déchu de tous ses droits sur la couronne de Naples , Louis XII , excité par ses légistes , avait convoqué à Tours les évéques de son royaume pour obtenir d'eux l'autorisation de guerroyer contre le souverain pontife. Tout le monde sait aussi que les prélats français , présidés par François de Rohan, archevêque de Lyon, déclarèrent que le roi avait droit de fa/ire la guerre au paj>e; que les censures quê Borne pourrait fulminer à cette occasion devraient être considérées comme nulles , et que sommation serait adressée auponUfe romain, en vertu d'un décret du concile de Bdle, afin qu'un concile génértU fût réuni. Ces faits se trouvent partout ; mais ce qui est beaucoup moins connu, c'est la protestation du clergé de Bretagne, en plein synode de Tours , et les nobles efforts de la reine Anne pour détourner son royal époux de la voie funeste dans laquelle l'entraînaient, lui et une grande partie des prélats du royaume, les conseils perfides des légistes semi-païens du seizième siècle'.

^ Dans une dépèche de Jacques Bonnissis à Marguerite d'Autriche, il est question des efforts de la reine Anne pour obtenir du Saint-Siège Tabsolution de Louis XU.

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