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CHAPITRE XII

concitoyens. Trouvant la ville déserte, les environs ravagés, Rollo et ses compagnons se déterminèrent à prendre possession de cette terre qui devait être fertile et belle . L’état intérieur de la Finnce était favorable aux idées d’une conquête permanente. Les prétentions de Charles-le-Simple, héritier légitime de la couronne de la race Carlovingienne , annulées par l’usurpation d’Eudes, comte de Paris, appelé au trône par la nécessité et la voix populaire, se ravivaient cependant, soutenues par une faction de la noblesse et du clergé. Les deux partis, au lieu de s’unir pour repousser l’enriemi commun, cherchèrent à s’en servir l’un contre l’autre, et intriguèrent secrètement pour s’assurer de sa protection. Charles avait déjà entamé une négociation dans le but de former une ligue avec les Normands, lorsque Foulk, archevêque de Reims, après avoir mis cette cité en état de défense, adressa au jeune roi une lettre dans laquelle il le menaçait de résistance et d’excommunication .

« Tous vos amis, » disait le prélat, « sont frappés « d’indignation à l’idée de vous voir lâchement sol- < liciter l’amitié des ennemis de Dieu, et de recourir « à des armes Païennes pour renverser le nom « Chrétien. Ignorez-vous donc que se liguer avec € les Païens c’est renoncer à Dieu, c’est retourner à « Tidolâlrie. Les rois, vos ancêtres, après avoir « abjuré les erreurs du paganisme, se sont voués à « l’adoration du vrai Dieu, et c’est de lui qu’ils ont « toujours réclamé secours et protection ; aussi leur « règne fut heureux, et ils ont pu transmettre leur « royal héritage à leur postérité. Mais vous, Charles,

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<r VOUS êtes sur le point d’abandonner Dieu ; oui, je

< le dis à regret, vous abandonnez Dieu si vous vous « liguez avec ses ennemis ! Eh quoi ! loin de mettre € fin à une si longue suite de calamités et de crimes, « loin de faire cesser les brigandages qui accablent « le pauvre, vous allez encore mériter la colère du « Tout-Puissant en faisant cause commune avec ceux

< qui le haïssent et persistent dans leur barbarie et « leur impiété. Croyez-moi, Charles, jamais votre « règne ne sera prospère, si vous agissez ainsi. Jus-

< qu’ici j’avais toujours espéré, mais aujourd’hui je « vous vois marchant droit à votre ruine. Ceux qui « vous ont donné ce conseil prouvent non pas leur « fidélité, mais leur impiété et leur trahison ; si vous « les écoutez, vous perdrez, et la couronne sur terre « et le royaume des Cieux. Au nom de Dieu, Charles, « je vous en conjure, renoncez à ces projets qui vous « conduiront à une perdition éternelle , ce qui sera « toujours pour moi et ceux qui vous sont restés « fidèles, une source de chagrins. Mieux eût valu « pour vous de ne pas naître que de chercher à « régner avec l’aide du démon, et de prêter aide et « secours à ceux que votre devoir vous ordonne « de combattre par tous les moyens qui sont en votre « pouvoir. Sachez-le bien, si vous persistez dans <i votre dessein et écoutez des conseils , œuvres du « démon, ne comptez plus désormais sur ma fidélité ; « je détacherai de votre obéissance le plus de sujets

< que je pourrai , et , en excommuniant vous et les € vôtres, j’appellerai sur vous tous une damnation « éternelle, j

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