‹ Histoire des peuples du NordChapitre 112 sur 206 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

tous les Normands en France, sous le commandement en chef de Rollo, pour pénétrer au cœur du royaume par les trois grandes rivières, la Seine, la Loire et la Garonne, en ravageant toute la contrée intermédiaire. Une partie de ces aventuriers remonta la Loire, brûla et saccagea Nantes, Angers, Tours et les autres villes situées sur les bords de cette rivière, tandis qu’une autre marchait rapidement sur Paris pour s’en emparer par surprise. Charles-le-Simple, effrayé de cette double invasion, s’adressa à Francon, archevêque de Rouen, le priant de solliciter de Rollo, son souverain, un armistice de trois mois : « Mon royaume est dé- € vasté, > écrivait le monarque au prélat, « mes sujets * sont morts ou exilés , les champs ne sont plus « labourés ni ensemencés. Dites au Normand que je € suis prêt à faire une dernière fois la paix avec lui, « et que s’il veut devenir chrétien , je lui donnerai « d’immenses domaines et de riches présents. » Rollo accepta facilement ces propositions et la trêve fut strictement observée des deux côtés; mais aussitôt le terme arrivé, les Francs recommencèrent les hostilités sans notifier l’expiration de la trêve. Rollo, irrité de ce qu’il regardait comme un acte de perfidie, continua ses invasions avec une violence et une barbarie nouvelles, etpoussases ravages jusqu’à la Loire, tandis qu’une autre bande de Normands envahissait le sud de la France par la Garonne : les évêques de cette contrée écrivirent au pape Anastase qu’ils ne pouvaient se rendre à Rome, « les grandes routes étant interceptées par les Normands et les Sarrazins. » Rollo mit le siège devant Chartres, défendu par une

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forteresse située sur le haut de la montagne. Dans une grotte creusée sur le penchant de la collüie et dans laquelle les Druides avaient jadis célébré leurs mystères religieux, les habitants de Chartres conservaient avec vénération une ancienne image de sainte Marie; ils possédaient aussi une tunique rapportée de Constantinople, et donnée par Charles-le-Chauve à leur cathédrale, et qui avait appartenu à la Vierge. A l’approche de l’invasion, l’évêque envoya réclamer l’appui de Richard, duc de Bourgogne , de Robert, comte de Paris, frère d’Eudes, et des autres grands vassaux de la couronne, qui, réunissant un corps de Francs et de Bourguignons, vinrent au secours du bon et brave prélat. Ils prirent l’initiative, etl’évêque exhorta les bourgeois à faire pendant ce temps une sortie contre l’ennemi. Il assembla le peuple dans la cathédrale, monta dans la chaire sacrée, et leur prêcha < que les Normands étaient des Sarrazins, ennemis de Dieu, et que ceux qui seraient tués en les combattant seraient sauvés de la damnation éternelle. » Il leur donna alors la bénédiction et célébra la messe. Le peuple courut aux armes, sortit de la ville ayant à sa tête l’évêque revêtu de ses babits pontificaux, précédé de la croix, et portant au bout d’une lance la tunique de la Vierge. Tout le clergé suivait en chantant des hymnes en l’honneur de la Reine des deux. Les Normands, ainsi enveloppés de toutes parts par de nombreuses troiipes qu’enflammaient l’amour de la patrie et l’enthousiasme religieux , ne purent résister; ils furent complètement battus. Rollo s’enfuit à Rouen, poursuivi parles Francs victorieux, pendant

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