‹ Histoire des peuples du NordChapitre 134 sur 206 · CHAPITRE XIV. 5ol · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 5ol

cordon de l’ordre, et désigna pour son successeur son fils Richard. Il l’envoya faire son éducation à Bayeux, où Ton parlait encore le Danois ou ancienne langue du Nord, tandis que le Romain ou le Franvais était la seule langue parlée à la cour ducale de Rouen. Mais bientôt après, Guillaume fut lâchement assassiné dans une entrevue avec le comte de Flandres. Son corps fut transj)orté à Rouen pour y être enterré, et comme il avait eu l’intention de se faire moine, le clergé l’admit au nombre des martyrs.

Le jeune Richard fut immédiatement reconnu par les seigneurs Normands comme leur chef ; on lui nomma un conseil de régence, à la tête duquel figurait le fidèle Bernard-le-Danois, qui devait administrer les affaires du duché pendant la minorité. Louisd’Outre-Mer, qui était venu à Rouen recevoir la foi et l’hommage des régents représentant le jeune duc, manifesta le désir de le faire élever à sa propre cour, désir auquel les Normands ne se soumirent qu’avec répugnance, soupçonnant, non sans raison, l’intention cachée du roi. Richard fut donc emmené au siège de la cour de France, à Laon, ville bien fortifiée, d’où il ne serait probablement jamais sorti vivant, sans le dévouement de son tuteur Osmond , qui lui conseilla de feindre une maladie le jour où une fêle de la cour devait le délivrer de la surveillance des espions dont Louis les entourait. Osmond, déguisé en muletier, fit sortir son pupille , caché dans une botte de foin ; et , au moyen des relais qu’il avait disposés sur la route, ils arrivèrent sains et saufs au château de Coucy, qui appartenait au comte de Senlis, oncle du Duc.

Louis, dont les pi’ojets sur la personne du seul descendant du duc Rollo se trouvaient ainsi déjoués, jeta le masque et conclut un traité avec les comtes de Flandres et de Paris, pour conquérir d’abord et partager plus tard la Normandie. Leurs troupes envahirent donc celte province, et s’emparèrent des villes qui se ti-ouvaient sur leur passage. Dans ces circonstances, Bernard-le-Danois eut recours à une mesure que ne désavouerait pas la politique moderne. Pendant qu’il envoyait secrètement solliciter l’aide du Danemark, il offrait à Louis en particulier l’hommage lies Normands, faisant entrevoir à ce prince, trop confiant, que ses compatriotes préféreraient la réunion de leur province à la couronne de France, au morcellement partiel entre les nombreux vassaux du Roi. Louis, prêtant à ces adroites insinuations une oreille trop crédule, ordonna au comte de Paris de retirer ses troupes de la Noimandie, et en partagea les principaux fiefs parmi ses favoris et ses courtisans. Le comte Hugues, irrité de la conduite déloyale du Roi, résolut de se venger en aidant les Normands à l’expulseï' de leur contrée. Sur ces entrefaites (994), Harald-Blaatand , roi de Danemark , débarquait à Cherbourg, amenant le secoui's que Bernard avait sollicité de la mère-pati ie. Les barons Normands se rallièrent à cet étendard, et de peu nombreuse qu’elle était d’abord, cette troupe devint bientôt formidable.

Mais il s’élevait en Normandie une faction nouvelle, créée par un certain Thormod qui, ayant abjuré le Christianisme, prétendait conti-aindre Richard et les autres Normands à renier la religion des Francs.

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