CHAPITRE XIV
l’ancienne croyance populaire, revêtant mille formes grotesques de superstition ; peuplant les forêts, les eaux et les régions souterraines de Dieux et de mauvais génies, de Fées et de Lutins, — Démons des montagnes , — Démons des Eaux , — Démons des Forêts et Démons des Mines.
La réputation d’Olaf s’était répandue au loin et s’étendait dans toutes les contrées du Nord , et lorsqu’il demanda la main de Sigrid, princesse Suédoise, — € de Sigrid la dédaigneuse, » — qui avait refusé avec mépris et hauteur une foule de prétendants de race royale, ses ouvertures furent accueillis favorablement; le mariage était sur le point de se conclure; mais il fut rompu par suite d’une discussion religieuse, Olaf exigeant que Sigrid renonçât aux erreurs du Paganisme. La princesse hautaine rejeta sa proposition avec dédain. « Je ne veux pas abandonner la vieille religion de mes pères pour une foi nouvelle,» lui disait-elle; « mais je ne vous empêche pas d’adorer tels Dieux que vous jugerez convenable. »01af répondit en termes peu courtois: * qu’il ne vivrait jamais avec une vieille sorcière Païenne ; » et , dans un accès de fureur, ilTiappade son gant son orgueilleuse fiancée. La princesse insultée rompit avec cet étrange adorateur, et prédit à Olaf que cet outrage lui coûterait la couronne et la vie.
Cette prédiction s’accomplit bientôt! En l’an 1000, Sigrid devint la femme de S vend, roi de Danemark. Ce prince avait une sœur, nommée Thyra, qui épousa ce même prince Vend, dont la fille avait été la première femme d’Olaf. Thyra, mécontente de son mari,
370 HISTOmE DES HOMMES DU KOBD.
et n’osant retourner en Danemark, chercha un refuge en Noi'wége. Là , l’amoureux dédaigné de Sigrid, l’épousa immédiatement sans le consentement du roi de Danemark, son frère, et en violant les préceptes si sacrés de cette religion qu’il imposait aux autres par le fer et le feu. Sigrid peignit à son mari la conduite d’Olaf sous les plus noires couleurs. Certaine jalousie existait déjà entre les deux rois, et Svend prêta facilement l’oreille aux insinuations de la reino vindicative. Olaf entreprit une expédition à Venden (Poméranie), dans le but de réclamer le douaire et d’autres propriétés appartenant à sa femme, et que, dans sa fuite précipitée, elle avait abandonnées. Cette expédition , qui devait nécessairement traverser les mers sur lesquelles, même à cette époque, les rois de Danemark prétendaient avoir un droit de souveraineté, ayant été entreprise sans demander le consentement de Svend, fut un prétexte pour commencer les hostilités. Pour être sûre de la réussite, Sigrid se servit de Sigvald le Jarl, alors chef de la république de Jdmsborg. Le Jarl adroit et intrigant forma une confédération contre le monarque îSorwégien, dans laquelle il entraîna le roi de Suède et Erik, fils du Jarl Hakon. Sigvald se rendit en Venden , au port où la flotte Norwégienne était stationnée, et entra en négociation avec le trop confiant Olaf, afin de l’amener à retarder son retour en Norwége, jusqu’à ce que les princes alliés aient réunis leurs flottes ; en même temps, la crainte qu’inspiraient les forces imposantes dont disposait Olaf, détermina le prince de Vend à conclure à l’amiable un arrangement à leurs diffé-