CHAPITRE XIV
Pends. Les rois de Danemark et de Suède étaient prêts à commencer les hostilités contre Olaf, et le Jarl Erik, qui s’était réfugié en Suède, chercha à profiter de l’occasion pour reconquérir son patrimoine de Norwége. Le hruit de ces préparatifs p.irvint jusqu’il Olaf en Vendcn, mais ses soupçons s’évanouirent par les protestations du Jarl Sigvald , qui lui représenta qu’il n’y avait aucune crainte à avoir de ce côté, et poussa la fausseté et la perfidie jusqu’à lui offrir l’aide de ses vaillants Jdmsvikingar, dans le cas d’attaque. Olaf se décida cependant à retourner en Norwége avec sa flotte , et le traître qui s’était chargé de diriger l’avant-garde et de piloter le roi à travers les petites îles qui sont le long de la côte , le conduisit au milieu de l’ennemi. Olaf n’eut pas plutôt atteint l’ile de Swoldur, près de la ville actuelle de Stralsund, qu’il découvrit la flotte ennemie que les îles dérobaient à ses regards. La première division de la flotte du Roi, qui formait la plus grande partie de ses forces, avait déjà atteint la pleine mer, ou se trouvait dans d’autres parages, et ne pouvait apercevoir ni le danger, ni l’ennemi. Les amis d’Olaf lui conseillèrent de se hâter d’atteindre sa flotte; mais il rejeta avec indignation leur conseil, disant qu’il n’avait jamais tourné le dos à l’ennemi, et qu’il dédaignait la fuite pour épargner sa vie. Le Roi se plaça sur la poupe élevée de son beau vaisseau, appelé le Long-Serpent, le plus grand et le plus magnifique qui ait encore navigué sur les mers du Nord, pour observer et diriger chaque mouvement du combat. En découvrant les différentes divisions de la flotte ennemie , il s’adressa à ses compagnons :
572 HlSTOinE DES HOMMES DO NORD.
« Ces Danois ne nous ont jamais vaincus, > s’écriat-il, « et ils ne se vanteront pas encore aujourd’hui de leur victoire. Quant aux Suédois, mieux aurait valu pour eux qu’ils restassent tranquilles dans leurs foyers, rongeant les carcasses des bêtes sacrifiées à leurs divinités Païennes , que de venir briser leurs épées contre notre invincible Long-Serpent. Mais j’aperçois plus loin les vaisseaux du Jarl Erik, voilà ceux qu’il faut craindre, car ils sont comme nous, ils sont Norwégiens. » La bataille était trop inégale pour durer longtemps, et le vaisseau d’Olaf fut bientôt entouré par la force accablante de l’ennemi, qui essaya de moutei’ à l’abordage. Mais le Jarl Erik, voyant que les assaillants ne pouvaient atteindre le pont du Long-Serpent qui s’élevait sur les eaux comme un château foi t, descendit à terre et fît abattre de gi-ands arbres, dont il plaça la cime sur son vaisseau et la base sur le pont de celui d’Olaf, qui fut ainsi arrêté comme s’il était à l'ancre. Le Jarl Erik, pendant ce temps, fit le vœu solennel de devenir Chrétien s'il obtenait la victoire. Einar, habile archer du vaisseau d’Olaf, dirigea deux fois ses flèches contre Erik , et , au moment où il ajustait une troisième , qui aurait probablement atteint son but et changé la fortune de la journée, la corde de son are fut frappée d’un morceau d’aviron lancé par l’ennemi et se rompit en rendant un bruit sourd et lugubre : * Qu’y a-t-il, » s’écria Olaf, « et qui vient de se briser? * — « Le sceptre de la Norwége dans tes mains, * répondit Einar, Olaf iiTité, répondit : « C’est Dieu, et non ton arc, qui en décidera. » Mais le com-