CHAPITRE XIV
milieu d’une bataille, et ne retourna jamais dans sa patrie. Mais, suivant la légende rapportée par les biographes Gunniaug et Oddur, le Roi s’échappa à la nage, et, sous le déguisement d’un pèlerin, se rendit à Rome, puis dans la Terre-Sainte, et devint anachorète en Syrie, où il vivait encore sous le règne de Magnus-le-Bon, son quatrième successeur au ti-ôiie <le Norwége (1).
A la mort ou plutôt à la disparition d’Olaf, ses possessions devinrent les dépouilles des vainqueui‘S confédérés; les rois de Danemark et de Suède prirent pour eux les portions de territoire qui leur convinrent et abandonnèrent le reste à Erik et Svend , fils d’Hakon le Jarl. Ces derniers cherchèrent à effacer de l’esprit de leurs compatriotes le souvenir des moyens violents auxquels ils devaient le pouvoir en l’exerçant avec des formes douces et humaines. Fidèles au vœu qu’ils avaient fait afin d’obtenir la victoire sur Olaf, ils embrassèrent le Christianisme , mais refusèrent de persécuter les partisans de
(1) Gunniaug et Oddur, moines Islandais qui vivaient au xii* siècle, écrivirent chacun un Saga ou une vie d'OIaf-Tryggvason. Ces Sagas Turent consultés par Snorrc , er.tre autres sources originales , pour la compilation de cetlc partie de l'iieimskringla. Il aurait pu suivre sa discrétion habituelle eu ne parlautpasde la survie d'Olaf; mais tous les faits rebtifs à cet événement supposé sont cités par les autres biographes du Roi, qui donnent les noms des pèlerins du Nord qui rapportent ces récits, avec les présents et les messagers qu’il envoya en Norwége , et quelques uns de ces témoins furent des hommes éminents de Norwége et d'Islande. On peut même espliquer les miracles qui eurent lieu , par la facilité avec laquelle on accueillait à cette époque les prodiges de ce genre, ou bien ils consistaient en quelque arlilice naturel qui frappait l’imagination de la multitude ignorante et superstitieuse.
l’ancienne religion nationale, laissant tout homme libre d’exercer sa foi privée; politique habile qui a toujours eu pour l'ésultat d’assurer la tranquillité publique et de favoriser les progrès de la vérité (1).
(1) HÜD(er, Kircheogeschichle , etc. , t. I , p. 497.
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