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CHAPITRE XV

Danemark et de Norwége, Svend (appelé Sweyne ou Sweno par les historiens Anglais) et Olaf-Tryggvason, entreprirent une expédition contre l’Angleterre. Ils entrèrent par la Tamise, et bien que repoussés d’abord dans leurs attaques contre Londres, ils levèrent un lourd tribut sur une nation déjà ruinée. Olaffut invité à la cour d’Etbelred, où il reçut de riches présents et le sacrement de confirmation, avec promesse solennelle de sa part de ne jamais envahir le royaume.

Mais le roi Danois n’avait rien promis, et après une trêve de trois ans, il recommença ses ravages. Ils furent plus tard entravés par sa querelle avec Olaf, dont nous avons fait connaître l’issue. Une mesuie inutile et impolitique autant qu’elle fut lâche et cruelle, ordonnée par Ethelred en 1002, attira bientôt sur la tête de l’Angleterre la vengeance du monarque Danois. Tous les Danois habitant l’Angleterre, femmes et enfents, y compris Gunhilda, la sœur de Svend, qui avait épousé un Thane Saxon, furent passés au fil de l’épée. La seule cause de cet acte de férocité, inouï jusque alors, fut la politique funeste des rois deWessex, qui, depuis le règne d’Athelstane, avaient été accoutumés à engager les services mercenaires des aventuriers du Danemark , de Nomége et d’Islande, comme troupes de la maison du Roi ou gardesdu-corps ; ces bandes de Vikingar et de Beraœrker étaient souvent logées chez des ThanesetFranklins Saxons ; leur insolence , leur perversité et leurs mœurs licencieuses durent provoquer une vengeance nationale, ou bien peut-être ces usurpateurs conspirèrent contre les princes Saxons, auxquels iis avaient

vendu leur allégiaiice. Mais de tels soupçons ne sauraient excuser un massacre général ; et le souvenir du meurtre « du jour de Saint-Brice > resta longtemps chez les Normands et les Danois comme un aiguillon puissant de leur haine invétérée pour le nom Saxon. L’année suivante , le roi de Danemark débarqua sur la côte Occidentale , et prit ample vengeance de cette lâche cruauté. Depuis cette époque jusqu’à sa mort (c’est-à-dire pendant onze ans! de 1005 à 1014), il continua à ravager l’Angleterre. Svend fut secondé dans ses projets de soumettre la contrée, par le Jarl Thorkil , célèbre Jdmsvikingar , mais qui plus tard , séduit par l’appât du Comté de l’Est-Anglie, entra au service d’Ethelred , par Edric Streone, un Saxon, favori et gendre d’Ethelred, qui trahissait à la fois son pays et son bienfaiteur, et par de nombreux rois de mer et aventuriers de toutes les contrées du Nord. Le monarque Danois entra en 1015 dans la rivière de l’Humber, avec une armée nombreuse et puissante, remit le commandement de sa flotte à son fils Canut, et marcha avec ses forces de terre dans le Wessex, qu’il ravagea et soumit. Ethelred abandonna Londres et se réfugia dans l’île de Wight. Les bourgeois ouvrirent leurs portes à l’usurpateur, qui fut plus tard reconnu Roi par les Anglo-Saxons ; et Ethelred, qui avait épousé Emma, la sœur de Richard, troisième duc de Normandie, y trouva un abri contre les recherches du conquérant (1).

(1) Turner, vol. lH, pp. 229-252. — Palgrave, vol. I, pp. 285-301. — Suhm, Hist. af Dan., t III, pp. 329-425. — Lingard, vol. I, pp. 539-357. — Roman de Rou , t. I , pp. 323-328. Ed. Pluquel.

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