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CHAPITRE XV

Svend eut pour successeur au trône de Danemark son fils Kniitr, — Knud , — ou , comme rappellent les historiens Anglais, Canut, qui fut aussi choisi Roi par les Thingmannalid, ou soldats Danois en Angleterre. Mais les Thanes Anglo-Saxons envoyèrent une députation à Ethelred en Normandie , pour l’inviter à revenir régner sur ses compatriotes, à la condition qu’il réformerait sa conduite passée et saurait gouverner avec justice (1).

Canut qui , semblable à d'autres conquérants illustres, a reçu de l’histoire le litre de Grand , titre que la postérité hésite à confirmer, se fit remarquer par ses mœurs sanguinaires, et par une série de crimes que né purent même expier, dans un siècle de barbarie et de ténèbres, une pénitence tardive et des prodigalités à l’Église de Rome. Son royal père lui laissait l’héritage incertain et vacillant d’une couronne étrangère, dans une contrée ravagée et nouvellement con- (juise. Pour conserver ce que Svend avait acquis si difficilement. Canut invoqua l’aide du Jarl Erik, fils du célèbre Hakon I, pendant qu’Ethelred engageait à son service Olaf, fils d’Harald-Grœnske , alors aventurier errant ou Roi de Mer, et destiné à tenir plus tard le sceptre de la Nor-wége , qu’avait porté son ancêtre Harald I"^. Mais l’énergie et l’activité de Canut l’em-

On suppose généralement que Svend fut l5chemeol assassiné par les Anglo-Saxons. Le Knjrtiingnsaga et, plus tard, Snorre disent qu’il lui trouvé mort dans son lit , et - les Anglais disent que saint Edmund le tua de la même manière que Samt-Mereure tua Julien l’AposUit. • — Rnyllingasaga, eap. VI , p. 164. Ed. Rafn. — Snorre, Saga af Olali hinom Helga , cap. IX.

(1) Palgrave, vol. I, p. 302.

582 IIISTOntE UES hommes de nord.

portèrent sur les efforts mal combinés du faible Ethelred, dont la mort, arrivéeà cette époque (1016), délivra heui'eusement l’Angleterre d’un monarque incapable, et lui permit d’entrevoir un meilleur avenir et l’espoir de reconquérir son indépendance nationale (1).

Les Anglo-Saxons furent alors gouvernés par un souverain digne d’occuper le trône et l’épée d’Alfred. Si Edmund Côtes-de-Fer avait eu à lutter contre un rival moins puissant que Canut, si ses efforts eussent été secondés par un peuple plus digne de lui, il aurait, sans aucun doute, relevé son royaume de la position humiliante où il l’avait trouvé. Edmund était tout le contraste de son père Etlielred. Mais une série de princes comme Edred, Edwin, Edgar, Edouard-le- Martyr et Ethelred (946-1016), esclaves de leurs passions sensuelles et des moines insolents qui gouvernaient en leur nom , avaient progressivement énervé la vigueur naturelle de la mee Anglo-Saxonne. Cette décadence rapide des princes et du peuple, qui perdaient ainsi les vertus militaires de leurs ancêtres barbares, sans profiter d’ailleurs de quelques uns des bienfaits de la civilisation, ne peut se comparer qu’à la décadence des Francs sous les Rois Mérovingiens et Carlovingiens. Les deux nations , par le même phénomène et les mêmes circonstances, se préparaient à devenir une proie facile pour les hommes du Nord. Les récits des annalistes Francs et Anglo- Saxons, sur la condition des deux contrées pendant ce siècle, se ressemblent tous, et sont évidemment

(1) Snori'Ci Saga af Olalî hinom lloign , cap. XI. — Kn^iijngaaaga » cap. Ytll» P IG5. K<!. Rafn.

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