‹ Histoire des peuples du NordChapitre 152 sur 206 · CHAP1THE XVI · texte numérisé non relu

CHAP1THE XVI

Grand, provoqua la colère des chefs Nomégicns, qui tournèrent les 3 eux vers le fils de saint 01;if,Magnus, alors exilé à la cour du prince Russe Jaroslaf. Magnus revint donc en Norwége (1056) , où il fut reçu aux acclamations du peuple. Svend se sauva en Danemark, où il mourut peu de temps après, et Magnus fiit proclamé roi de Norwége. Plus tard , en 1009, Harde-Knud, roi de Danemark et d’Angleterre, chercha à faire valoir ses prétentions sur la Norwége, qui avait formé une partie des immenses possessions de Canut, son père. Mais il renonça bientôt à soutenir par la force des armes ce qu’il appelait son droit ; et par l’intervention des Jarls et des chefs Danois et Norwégiens, un traité fut signé entre les deux Rois, aux termes duquel, le survivant devait hériter des deux royaumes. À la mort de Harde-Knud , Magnus succéda sans contestation au trône de Danemark, bien qu’il existât encore un prince qui descendît par sa mère de l’ancienne race des monarques Danois, et dont les prétentions pouvaient être considérées , d’après le principe d’hérédité, comme supérieures à celles du roi de Norwége. Svend, le fils du Jarl Ulfr et d’Estritha, sœur de Canut-le-Grand , avait cherché un asile en Suède après le meurtre de son père. Il vint en Norwége à la cour du roi Magnus qui, avec cette confiance et cet abandon qui distinguaient son caractère, non-seulement le reçut avec bienveillance, mais le nomma son représentant en Danemark. Magnus arma publiquement le jeune prince du casque et de l’épée, et le déclara Jarl du Danemark. Svend Estrithson jura solennellement fidélité au roi de Nor*

wége sur les reliques de saint Olaf, et fut conduit par Maguus lui-même en Danemark, où il fut reçu avec plaisir par le peuple. Mais, oubliant bientôt les bontés de son bienfaiteur, ou plutôt se souvenant de ce qu’il devait à sa patrie, et trouvant ses pi'étentions à la couronne supérieures à celles du Roi, Svend oi*ganisa une faction, dans la vue de déclarer le Danemark indépendant de la Norwége ; mais, battu par les forces supérieures de Magnus, il fut forcé de fuir (1).

Non content d’avoir ainsi réuni les deux royaumes sous un seul sceptre , qpi’avait du reste porté sou prédécesseur, Magnus réclama, en 1046, la couronne des Anglo-Saxons, prétendant qu’elle faisait partie des stipulation du traité conclu avec Harde-Knud. Edouard-le-Confesseur répondit qu’il était assis sur le trône d’Angleterre en vertu du droit d’hérédité qu’il tirait de son père Ethelred, droit suspendu, il est vrai, pendant un temps par la conquête de Canut, mais confirmé depuis par la volonté du peuple ; qu’au surplus il soutiendrait ses prétentions jusqu’à la mort. Magnus trouva prudent de se contenter de cette réponse significative (2).

Mais il eut bientôt un nouveau compétiteur au trône de Norwége dans la personne d’Harald-Sigurdson, frère de saint Olaf. Ce prince avait assisté à la bataille où saint Olaf avait perdu la couronne et la vie ; plus tard , il avait cherché un asile en Russie, à la cour de Jaroslaf, où il avait été accueilli avec

(1) Siiorre, Sag.i arMagiiusi Goda, cap. I-XXXII.

(2) Snorre, cap. XXXVIII-XXXIX — Lingard, vol. I, p. 402.— Turner, vol. ni, p.512.

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bonté. Là, il s’éprit d’amour pour Elisifou Elisabeth, fille du grand-duc de Russie (1054); mais, voyant son hommage repoussé, il poussa jusqu’à Constantinople (Miklagârd) , où il entra au service de l’empereur Grec, comme officier des Voeringjar ou gardesdu-corps Scandinaves. Il obtint plus tard le commandement de ces troupes , et entreprit une expédition contre les pirates qui ravageaient le Méditerranée. Sa petite armée, que vinrent gi-ossir successivement d’autres aventuriers Normands de Sicile, attaqua les côtes d’Afrique , remporta plusieurs batailles , et ramassa un ample butin qu’il envoya à ses amis de Russie. En 1041, il visita la Terre-Sainte, et, à son retour à Constantinople, l’impératrice Zoé conçut une violente passion pour le héros Norwégien. Mais, ayant appris que son neveu Magnus Olafson était proclamé roi de Norwége et de Danemark, Harald songea à retourner dans sa patrie. Il fit donc part de sa résolution à l’empereur Grec ; mais Zoé, blessée dans son amour-propre de femme, et dans un moment de dépit, accusa Haiald de s’étre approprié la portion de butin qui revenait à l’Empereur. Harald avait demandé autrefois la main d’une jeune et belle fille Grecque, nommée Maria, nièce de l’Impératrice; mais Zoé avait refusé son consentement; c et, > ajoute Snorre : < Ces Yœringjar, qui étaient à Miklagârd et € recevaient le salaire pour les services qu’ils reuc daient pendant la guerre, ont dit, depuis leur < retour dans leur patrie, que les hommes sages « de la Grèce assuitiient que la reine Zoé elle-même « convoitait Harald pour son éjioux; et que telle fut

« la cause de son ressentiment et du désir de celui-ci * de quitter Miklagârd, bien que d’autres bruits € invraisemblables aient circulé parmi le peuple. «( Pour ces raisons, le roi Constantin Monomachus, « qui gouvernait l’empire conjointement avec la « reine Zoé, fit jeter Harakl en prison. En s’y ren- « dant, saint Olaflui apparut et lui offrit sa protec- « tion ; en cet endroit a été érigée une chapelle qui c existe encore. Harald fut emprisonné avec Hallddr « et Ulfr ses hommes. La nuit suivante, vint une € noble dame , suivie de deux serviteurs, qui jetè- « rent une corde dans la prison et sauvèrent les « prisonniers. Cette dame avait été jadis guérie par « saint Olaf, le Roi, qui lui avait révélé qu’elle déli- « vrerait son fi'ère de la captivité. Harald rejoignit « de suite les Vœringjar , qui se levèrent à son ap- « proche et le reçurent avec joie. Ils coururent aux « armes, et allèrent d’abord à l’appartement où « dormait le Roi et lui crevèrent les yeux. De là, « Harald se rendit dans la chambre où reposait Maria ,

« et l’enleva. Ils se dirigèrent vers les galères des

< Vœringjar et, s’emparant de deux vaisseaux,

< ramèrent dans le Bosphore ( Sævidar - Sund ).

« Lorsqu’ils arrivèrent aux chaînes de fer qui fcr- « ment le détroit, Harald ordonna aux hommes qui

< ne ramaient pas de se mettre à la poupe avec « tout le bagage, leur commandant, lorsque les « galères arriveraient près des chaînes, de se préci- « piter tous vers la proue, afin de pouvoir, par ce « mouvement de bascule, les franchir impunément.

« La galère qui portait Harald opéra bien et traversa ;

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« mais l’autre se heurta contre les chaînes et fut c brisée. Quelques hommes périrent , d’autres furent < sauvés. C’est ainsi qu’Harald s'échappa de Mikla- <( gard, entra dans la mer Noire, et débarquant Maria « sur le rivage avec des serviteurs qui devaient la « reconduire à Constantinople, la pria de dire à sa « cousine, la reine Zoé, combien son pouvoir était « nul pour l’empécher d’enlever la vierge s’il l’avait « voulu (t). »

Harald, qui était lui-méme Skald et qui récompensait libéralement la science Skaldique, composa, dit-on , à l’occasion du refus qu’Elisabeth , fille du Grand-Duc de Russie, fit de sa mam, en l’année 1034, une complainte recueillie par Snorre, et qui figure au nombre des fragments de poésie contenus dans son Heimskringla. Mais comme elle renferme des allusions aux exj)loits postérieurs du Barde royal en Orient, il est plus vraisemblable qu’elle est l’œuvre de quelque autre Skald comtcmporain.

(t) Snorre, Saga af Haralili Hardrada, cap. I-XV. — Voyez aus.^i la dissertation du professeur P. E. Muller , sur les sources où Snorre a puisé ces détails, dans le sixième volume de la nouvelle édition de i'Hcimskingla, pp. 310-316.

Les aventures d'Harald à Constantinople ont fourni !c sujet d’une des dernières tragédies d’ÜEIenschlurger des Vœringerne i Miklagord.

ilO HISTOIRE DES HOMMES DE NORD.

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