CHAISSON DE HARALD LE VAILLANT
Mon navire a fait le lourde la Sicile, dansées jours de noire force el de noire orgueil ; le Cerf de Venger (1), chargé de nobles guerriers, fendait la mer au gré de nos espérances : un lâche n’eût pas suivi un sentier si dangereux ; et cependant une fille de Russie, à la bague d'or (2) , me dédaigne!
Je me suis battu avec les habitants de Trændir (3); leurs guerriers étaient plus nombreux que les nôtres; nous livrâmes là un terrible combat. Tout jeune que j’étais, je laissai sur le champ de bataille le cadavre d’un Roi dans la vigueur de l’âge; et cependant une fille de Russie, à la bague d’or, me dédaigne !
Un jour, nous n’étioiis que seize sur le tillac, une tempête gonflait les voiles, le vaisseau s’enfonçait sur le poids des vagues; seuls, nous les rejetâmes dans la mer : un lâche n’eût pas suivi un sentier si dangereux; et cependant une fille de Russie, à la bague d’or, me dédaigne!
J’ai appris huit exercices; je fais des vers, — je sais ordonner un plan de bataille, — je forge le fer, — je sais monter à cheval , — je suis habile à nager;
(1) Venger , un Vikingr de ce vieux temps; — le Cerf, nom de son vaisseau de guerre.
(4) Gardârs-Gerda , — une fille de Russie à la bague d’or, — allusion loule poclique à une fable de l'ancienne mylhologic du Nord. — Gârda-rike, — la Russie, Gerda, nom mjlhico-poélique , pour Elisabeth. Gerda fut la bien-aimée de Frejer, el résista longtemps il son amour céleste. — Entre autres dons , Frejer avait offert à Gerda une bague d'or. — (F. Magnt'isen, Lexicon M^iih. Itor., t16, 459.)
(3) Drontheim.