CHAPITRE XVI
ville de Lund,où les pirates déposaient leur butin. Les mers voisines étaient sillonnées par ces Wilhingos (Vikingar), qui payaient un tribut au Roi de Danemark pour avoir seuls le droit de faire la chasse aux Barbares qui ravageaient ces bords ; droit dont ils abusaient souvent pour voler tout le monde et faire des prisonniers, qu’ils vendaient comme esclaves. « 11 y a bien d’autres abus, > continue Adam de Brème, < dans les lois et coutumes du Danemark, « contraires à l’équité; et je n’en ai trouvé qu’une « de raisonnable et juste , c’est l’usage de vendre « comme esclaves les femmes adultères et les filles « déshonorées. Quant aux hommes , s’ils sont con- « vaincus de quelques crimes , ils préfèrent la déca-
< pitation aux coups : en un mot, il n’y a dans cette € contrée d’autres punitions que l’esclavage ou la « mort, et les condamnés marchent avec joie et « courage vei-s le lieu de l’exécution. Les Danois
< dédaignent les pleurs , les gémissements et toutes * ces marques extérieures que nous trouvons salu- « taires pour soulager nos chaginns; enfin ils ne € pleurent jamais ni sur leurs péchés ni sur la mort € de leurs parents (1).
Svend Estrithson fut un protecteur libéral de la religion Chrétienne. Il établit de nouveaux sièges épiscopaux, encouragea les missionnaires et extirpa le Paganisme jusque dans son dernier asile, — l’île de Bornholm. Le récit donné par Adam de Brème des bienfaits produits par la propagation du Christia-
(I) Adam do Brèmo, do silu Danarum, cap. C(jVIII-OCX.
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nisme en Nomége , contraste singuliëi'ement avec le tableau tracé par la même main de la politique et des mœurs du Danemark. ® Depuis que ces peuples ont « embrassé le Christianisme, » ditril, < ils aiment la € paix et la vérité, se contentent de leur humble « condition, et au lieu de voler les autres, ils dis- « tribuent volontiers ce qu’ils ont acquis par des € moyens honorables ; au lieu de pratiquer les arts « maudits de la magie, ils professent comme les t apôtres la foi simple et sublime de Jésus-Christ « crucifié. Ils sont les plus tempérants des hommes « pour les plaisira de la table, et sont d’une grande
< continence pour les autres plaisirs sensuels. Ils « ont tellement de respect pour l’Eglise et le clergé, « que celui qui ne va pas chaque jour à l’offrande, ® après avoir entendu la messe, n’est pas considéré e comme un Chrétien. Les baptêmes et les confirma- « tious, les dédicaces d’autels et d’objets consacrés, « toutes les cérémonies enfin, sont accomplies par
< eux, comme par les Danois, avec un soin extrême, « et , chose étrange et fâcheuse à dire ! la seule ex- « ception à ces principes exemplaires et religieux « vient du clergé qui, dans son avarice , impose irré- « gulièrement le peuple et lui extorque arbitrairec ment ce qui doit être payé suivant un prix fixé et € un tarif établi pour tous (1).
« Dans beaucoup de parties de la Norwége et de « la Suède , » continue notre auteur, t il y a des
(1) De filu Damirum. cap. CCXXXVIH. Il faul observer qii’Adann de Brème n’avail jamais visilé la Norwége ; il ne pouvait donc parler de celte contrée que [lar oui-dire.