‹ Histoire des peuples du NordChapitre 162 sur 206 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

maiidie l’avantage dans ce conflit d’ambition. En 1065, Harold était parti des côtes d’Angleterre, soit pour visiter la iNormandie et réclamer ses parents, Wulfnolh et llakon, qui y avaient été envoyés comme ôtages, ou bien, suivant d’autres récits, pour une simple partie de plaisir, lorsqu’il fit naufrage sur la côte près de Pouthieu. Suivant l’usage barbare de cette époque, Harold et ses compagnons furent saisis et emprisonnés par le seigneur du lieu, afin de mettre à leur délivrance une innçon fort élevée. Harold fut donc réduit à la honteuse nécessité de solliciter la protection du duc de Normandie, qui réclama les prisonniers au comte de Ponthieu. Ils furent remis entre les mains de Guillaume, qui affecta de les traiter avec déférence et avec les plus grands honneurs. Pendant tout le temps qu’Harold resta en Normandie, il fut fêté par Guillaume, qui lui arracha d’abord une simple promesse qu’il donna bien à contre-cœur, et plus tard un serment solennel sur des reliques sacrées que le Normand avait adroitement dérobé 5 sa vue , de le soutenir dans ses prétentions à la couronne d’Angleterre. Ayant surpris la bonne foi de son rival, Guillaume le renvoya, ainsi que son neveu, un des ôtages, chargés de présents magnifiques , mais gai-da son jeune frère comme garantie qu’il remplirait fidèlement son serment (1).

Le roi Edouard mourut en 1066, peu de temps après le retour d’Harold en Angleterre, et, bien que malade de corps et d’esprit, il eut le courage de décla-

(I) Turner, vol. III, pp. 559-553. — Lingard , vol. I, pp. i3i-A28. — Thierry , t. I , pp. SiS-SSV.

rer à son lil de mort qu’Harold , le fils de God-win, était le seul digne de lui succéder. Ce choix fut ratifié dans une assemblée des Thanes et accepté par la nation. Il fut solennellement couronné de la couronne d’or par le prélat Stigand, qui lui présenta le sceptre royal et l’épée , symbole national des première Saxons (1).

Mais Guillaume de Normandie se préparait à appuyer par les armes ses prétentions à la couronne d’Angleterre. Il envoya des messagers à Harold pour le sommer de tenir un serment sanctionné par des solennités qui, selon les mœurs de cette époque, le rendait si sacré. Harold répondit que cette pronnesse avait été arrachée par la violence et sanctionnée par la fraude; qu’il tenait la couronne du choix de la nation, qu’il ne pouvait donc, sans son consentement, la transférer à un autre; en un mot, qu’il se refusait d’acquitter un engagement entaché de nullité dans son principe, et si peu en rapport avec ses devoirs envers son pays. Guillaume reprocha à son rival sa perfidie et son sacrilège, et forma une alliance avec le Saint-Siège. Le pape consacra la bannière suivant les rites religieux, en retour delà promesse d’un partage dans les fi-uits de la conquête. Guillaume convoqua l’assemblée nationale du duché et en arracha un 8ubsided’hommes,d’armesetd’argentpourraiderdans sa gigantesque et téméraire entreprise. Il publia sou ban de guerre dans les contrées voisines, appelant au combat les aventuriers militaires de chaque district,

(1) lingard, vol. I, p. 25t, Note. — Thierry, t. l, p. 257.

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