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CHAPITRE XVI

« je l’avais su plus tùt, répondit le Roi, la liataille « serait décidée maintenant. » — « Je le sais, » répondit Tostig ; « mais comme il m’olfrait paix cl € merci, je ne pouvais penser à le trahir. »

La cavalerie Ânglo-Saxonne attaqua la ligne des hommes du Nord ; mais ne pouvant travereer les rangs serrés de l’ennemi, elle se dispersa, fuyant dans chaque direction. Elle se rallia et recommença lu charge sans plus de succès ; mais les hommes du Nord n’essayèrent pas à rompre leurs rangs et à poursuivre la cavalerie. Les Anglais se précipitèrent dans les lignes rompues, et Harald fut tué d’une flèche, qui lui traversa la gorge. Il tomba mort, et Tostig prit le commandement; son frère lui offrit encore la paix et la vie, pour lui et les Norwégiens ; mais il répondit qu’il préférait la mort à la honte de demander merci aux Saxons. Dans ce moment, arrivèrent des vaisseaux des troupes fraîches, complètement armées, mais fatiguées par une maroJie excessive, sous un soleil ardent; le combat recommença avec une furie nouvelle. Ce dernier effort devait être inutile cependant, Tostig fut tué, et Harold le Saxon offrit la paix aux vaincus. Ceux-ci l’acceptèrent ; il Gt jurer à Olaf, Gis du Roi mort, amitié avec l’Angleterre, et, suivant les récits Anglo-Saxons, le renvoya courtoisement dans sa pati’ie avec douze vaisseaux ; mais cette générosité paraît impossible, et Snorre dit qu’Olaf n’assistait pas à la bataille, mais qu’apprenant la mort de son père, il rassembla le reste de ses amis et Gt voile pour la Norwége (1).

(I) SiKirre, Saga at Haralüi Haidràda, cap. LXXXI-XCVIII.

458 UISTOiRE DES HOMMES DE KORD.

Harold, le fils de Godwin, était à York, blessé, et se reposait des blessures et des fatigues de la campagne du Nord , lorsqu’il reçut la nouvelle que Guillaume de Normandie, était débarqué à Pevensey, et qu’après avoir planté sa bannière sur le territoire Anglo-Saxon, il marchait sur Hastings. Harold se rendit en toute hâte à Londres, donna des ordi’es pour concentrer les forces du royaume sur la capitale, et lui-même, à la tête des forces qu’il put réunir, s’avançant jusqu’à sept milles du camp Normand , se retrancha et attendit l’attaque. Quelques uns de scs amis lui conseillaient de se retirer en arrière et de ravager la contrée entre la mer et la Tamise, afin d’affamer l’ennemi et de gagner du temps, jusqu’à ce qu’il puisse attaquer avec des forces moins inégales. D’autres le priaient de ne pas se risquer en pereonne sur le champ de bataille; car il était lié , disaient-ils, aux Normands par des serments solennels, dont la violation pourrait avoir les conséquences les plus fatales. Harold dédaigna ces représentations comme indignes d'un Roi patriote et d’un triomphateur.

Guillaume joua la surprise, lorsqu’il apprit que l’armée Saxonne était commandée par Harold ; il ne pouvait comprendre, disait-il, qu’un homme ayant à se reprocher un parjure et une trahison, eût l’audace de s’exposer en personne sur un champ de bataille. Le Duc entendit la messe, communia, etattacha à son col les reliques sacrées sur lesquelles Harold avait juré. L'étendard sacré fut confié à Toustain-le-Beau, deux barons Normands ayant décliné ce dangereux hon-

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