‹ Histoire des peuples du NordChapitre 173 sur 206 · CHAPITRE XVU · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVU

Muni (les investitures accordées par le pape, Guiscurdne tarda pas à les faire valoir les armes à la main. Il poursuivitla conquête des ûdabres, et à la mort de son frère Onfroy, il lui succéda dans l’Apulie et dans la tutelle de ses trois jeunes fils. Il fut proclamé , en 105C , duc d’Apulie et de Calabre par les Comtes et les Barons Normands, titre confirmé plus tard par le pape Nicolas II , qui l’investit des conquêtes par lui faites dans ces provinces, ainsi que de celles qu’il pourrait faire en Sicile. De sou côté, Robert se déclara l’homme lige du Saint-Siège , et promit de fournir au pape un corps de troupes auxiliaires dans Rome. II signa, en conséquence, l’engagement suivant:

< Moi, Robert, par la grâce de Dieu et de saint « Pierre, duc (i’Apulie et de Calabre, et duc futur « de la Sicile, si l'un et l’autre me viennent en aide , c en confirmation de tradition, et en reconnais- « sauce de fidélité pour mes domaines et pour ceux « que j’ai concédés à mes compatriotes, j’ai promis « de payer annuellement une rente de douze deniers € de monnaie de Pavie, par chaque couple de bœufs,

< à saint Pierre, età toi, Nicolas, Pape, mon seigneur, « ou à tes successeurs (1;. » Après avoir achevé la conquête de la Calabre , Robert assembla ses troupes au milieu de l’enthousiasme qu’inspirait son triomphe, et les pria de confirmer par leurs suffrages les concessions octroyées par le vicaire de Jésus-Christ : ses soldats lui répondirent par des acclamations de joie ; et les Comtes , jusque-là ses

(Ij Baroiiiu», t. XV’ll , p. 170.

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égaux , prononcèrent le serment de fidélité. Cependant il lui fallut vingt années de travaux pour réaliser les titres conférés par le Pape et ratifiés par ses compagnons d’armes. Les Normands étaient en petit nombre au milieu des populations qui les détestaient ; ils avaient peu de ressources, et ne servaient que comme volontaires. Le parlement des Barons s’opposa quelquefois aux desseins ambitieux du duc; les douze Comtes élus par le peuple conspirèrent contre son autorité, et les partisans du fils d’Onfroy, dénonçant la perfidie de leur onele, qui voulait les priver de leur héritage, demandèrent justice et vengeance. L’habile Guiscard découvrit leurs complots, étouffa leur rébellion, et envoya ses neveux à Constantinople ; mais il consuma ses années et les forces de sa nation dans des querelles domestiques. Lorsqu’il eut mis en déroute ses ennemis du dehors, les Grecs et les Lombards, ceux-ci cherchèrent un asile dans les villes fortifiées du littoral. Les Normands, habitués à servir à cheval , ne savaient pas attaquer les places fortes; ils ne pouvaient s’en rendre maîtres que par la persévérance. En dépit de tous ces obstacles, Robert conquit à peu près toutes les provinces qui forment aujourd’hui le royaume de Naples. La ville et le territoire immédiat de Bénévent avaient été transférés au Pape par l’Empereur d’Allemagne ; ce district fut envahi quelquefois ; mais le nom de saint Pierre triompha à la fin du glaive des Normands. Salerne, renommée par son école de médecine, et Amalfi par son vaste commerce, furent réunies à la monarchie. Guiseard, aventurier élevé dans les

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