‹ Histoire des peuples du NordChapitre 174 sur 206 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

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camps, savait discerner la valeur d’une science dont les hommes ont besoin à toutes les époques de la civilisation. Il protégea l’école de Salerne, et si la riche et florissante ville d’Anialfl , après trois siècles de prospérité, fut saccagée sous ses successeui-s , elle dut ce sort à la jalousie de sa rivale, la république do Pise (1).

En 1057, Roger, le plus jeune des fils de Tancrède de Hauteville , passa en Italie. Il n’avait pas encore atteint sa dixième année au moment où Robert quitta le toit paternel pour aller rejoindre ses aînés. Désirant vivement partager les dangers et la gloire de sa famille, il avait impatiemment attendu que son âge lui permît de porter les armes; il partit avec trois de ses frères, Guillerme, Mauger et Geoffroi. Plusieurs seigneurs Normands, leurs parents et leurs amis, les accompagnaient. A peine Roger se fut-il reposé des fatigues du voyage, que Guiscard voulut mettre à l’épreuve son jeune courage, eu l’employant contre les Calabriens, qui s’étaient insurgés pour secouer le joug des Normands. Dans cette affaire, il mérita l’estime, et bientôt après excita la jalousie de son frère. Ils avaient la même valeur et la même ambition ; mais la jeunesse, la bonne mine et les manières affables de Roger captivèrent l’affection de l’armée et du peuple. Ses talents se formèrent au milieu de la pauvreté et du brigandage ; abandonnant plus tard ce genre de vie, il se montra le digne champion de la foi de Rome ; l’invasion de la

(1) Gibbon, ch. 56. — Sismondi, Republiques Italiennes, l. I, ch. 4, pp. 495-300.— Giannone , Sloria di Napoli, t II, lib 9.

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Sicile, dans laquelle il fut secondé par le zèle et la politique de son frère Guiscard, le eouvrit de gloire. Lors de sa première tentative, en 1060, Roger brava, dans une barque pontée, les dangers réels et fabuleux de Charybde et de Scylla; et, osant débarquer avec soixante chevaliers sur une côte ennemie, il poussa les Musulmans jusqu’aux murs de Messine, et passa en Italie, chargé d’un riche butin. L’année suivante, il s’embarqua de nouveau avec des forces plus consiinbles, et déploya toute l’activité et la patience de son caractère dans le siège de la forteresse de Traina, au pied de l’Etna. Parvenu à un âge avancé , il racontait avec plaisir que, durant le cours du siège, sa femme et lui furent réduits à un manteau qu’ils portaient alternativement pour se garantir contre le froid dans cette région très-élevée ; que son cheA'al ayant été tué, il tomba au pouvoir des Siirrazins, qu’il se dégagea par la force de son épée, et rapporta sur son dos la selle de son coursier, afin de ne laisser aucun trophée entre les mains des infidèles ! Dans un autie combat, trois cents chevaliers arrêtèrent et repoussèrent les forces de Pile. On assure qu’à la bataille de Caràmio, cinquante mille Sarrazins furent mis en déroute par cent ti’ente-six chevaliers Chrétiens, avec l’aide des hommes d’armes qui les suivaient , au nombre de cinq ou six pour chaque chevalier, et de Saint-George, le patron de la Normandie,^qui combattait 5 cheval aux premiers rangs. Les Arabes de la Sicile recevaient de puissants secours de l’Afrique : les galères de Pise aidèrent la cavalerie des Normands au siège de Palerme, et, au

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