CHAPITRE XVII
pressent avec vigeur ; plusieurs d’entre eux tombent sous le coup des assaillants ; les autres prennent la fuite vers une église voisine, où ils cherchent à se défendre, eu se réfugiant jusque sur les toits ; mais tout s’écroule par le poids de ceux qui chargaient les combles. Ainsi la cohorte des « Barbares de l’île de * Thulé » fut en peu de temps entièrement anéan- Üe (1).
Cependant l’armée Impériale avait voulu soutenir son avant-garde; mais, malgi’é ses efforts, elle s’était fait culbuter par les Normands. Robert, c comme si son cheval eût eu des ailes (2), » se trouvait partout à la fois. Déjà les hordes des Turks et les escadrons du roi de Servie, voyant que la victoire est assurée aux Normands, se dispersent dans toutes les directions ; l’armée Grecque a été débordée sur tous ses flancs, et partout où elle veut fuir, elle trouve les issues occupées par les troupes de Guiscard. Son digne adversaire, Alexis, remplit tous les devoirs d’un général ou d’un soldat ; mais , voyant le massacre des intrépides Vœringjar et la fuite des Turks et des Serbes, il désespéra de sa fortune. L’Empereur se défendit vigoureusement contre un chevalier Normand, qui, d’un coupde lance, avait mis en pièces son casque et lui avait fait une profonde blessure. Dans son désespoir, il enfonça un escadron de Normands qui s’opposait à sa fuite ; et, après avoir erré deux jours et deux nuits au milieu des montagnes, il put jouir de quelques repos, « non de l’esprit , mais du
(1) Anna Comti. Alex. , lib. I-
(2J la'flTO'TîÇ,
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corps, » dans les murs de Lychnidus. Le coup «jui l’avait blessé au front le faisait cruellement souffrir. « Mais, combien ne souffrait-il pas plus encore (nous
< dit sa fille), en songeant à la défaite de son armée,
< et à ses braves compagnons d’armes, morts la plu- « part sous ses yeux (1)! »
La première conséquence de cette victoii-e fut la prompte reddition de Durazzo, après un siège de sept mois. Robert pénétra ensuite au centre de l’Epire ; il passa les premières montagnes de la Thessalie, surprit trois cents Anglo-Saxons dans la ville de Castoria, s’approcha de Thessalonica, et fit trembler Constantinople. Un intérêt plus puissant ne lui permit pas de suivre en personne ses desseins ambitieux . Des lettres de l’Italie l’informèrent des malheui*s et des dangers qu’avait produit son absence, de la révolte des villes et des barons de l’Apulie , de la détresse du Pape son allié, et de Rome menacée par l’invasion de Henri IV, roi d’Allemagne etd’Italie, qui voulait se venger de toutes les humiliations que l’orgueilleux Hildebrand lui avait fait éprouver. Robert monta dans une barque, suivi seulement de quelques chevaliers, et vogua vei*s les côtes Orientales de l’Italie, laissant l’armée sous les ordres de son fils et des comtes Normands , exhortant Roëmond à respecter les droits de ses égaux, et les Comtes à obéir à l’autorité de leur généml.
Le premier soin de Robert, en anâvant dans la Péninsule, fut d’apaiser la révolte des barons Nor-
(1) Anna Coron. Alex., Ib. — Gaultier d’Arc, liv. 5, cb. 1. — Gibboa> ch. 5b.