CHAPITRE XVII
mands, et ce ne fut qu’en 1084 qu’il put porter des secoui's au Pape , avec l’aide des troupes auxiliaires levées en Sicile par son frère Roger. Henri, qui avait été couronné comme Emperem' dans Rome, par l’Ânti-pape Clément III, après avoir exhorté les Romains à demeurer fidèles à sa cause, prit la fuite pour la Lombai*die, trois joure avant l’arrivée des Normands. En moins de trois ans, le fils de Tancrède de Hauteville eut la gloire de délivrer le pontife Romain, et de chasser, devant ses armes victorieuses, l’Empereur d’Orient et celui d’Occident (1). Mais les malheurs de Rome diminuèrent l’éclat du triomphe de Robert. Trois jours se passèrent sans que les Romains osassent faire un mouvement, et cependant la faction Impériale était toujours active et puissante ; tout à coup le signal est donné , la inlle retentit des cris de la révolte, et les Normands, divisés et attaqués à l’improviste, sont vivement pressés de toutes parts. Le Duc n’a d’autres ressources que de faire mettre le feu aux maisons. La flamme brille de tous côtés, un vent impétueux en redouble l’activité, et un quartier spacieux, qui se prolongeait de Latéran au Colysée, fut consumé par l’incendie. À la vue de leurs habitations réduites en cendres, les Romains cessent le
(1) sic uno lempore vicli
Suot terra Domioi duo : Rex Allemai.icus islc ,
Imperii Rector Romani maiimus illc.
Aller ad arma ruens armis superalur ; et aller Nominis anditi soU formidine ceti^it.
Gtigl. App , lib. IV.
Tel était encore le prestige d.t l'empire d'Oi ienl que ce poêle latin dit que l’empei our Grec gouvernail l’empire Romain I
combat, et fuient; un grand nombre d’entre eux perd la vie dans cette déroute, et la ville est livrée au pillage. Les Sarrazins de la Sicile, les auxiliaires de Guiscard et les sujets de Roger saisissent avec joie cette occasion de dépouiller et de profaner la sainte Cité des Chrétiens : on réduisit en captivité et on égorgea des milliers de citoyens, sous les yeux du Pontife. Une députation fut envoyée pour demander la paix à Guiscard. c Les Ronnains, » répondit le Duc,
< sont des traîtres et des pervers. Comblés des bien- € faits de Dieu et des saints, ils ne leur montrent que a de l’ingratitude. Rome, cette capitale du monde « Chrétien, qui guérissait naguère fous les péchés, « est devenue un antre de serpents; j’y veux porter
< le fer et la flamme, détruire ce repaire infôme de
< brigands et tous ceux qui l’habitent. > Après avoir reproché aux Romains le meurtre de tous les martyrs dont sa mémoire put lui rappeler les noms, il déclara qu’il voulait faire périr jusqu’au dernier, afin de repeupler cette cité d’hommes pris au-delà des Alpes.
L’intervention de Grégoire parvint cependant à calmer la colère de Guiscard î la paix fut arrêtée et jurée, et l’armée Normande se retira sur Salerne. Grégoire la suivit, et, abandonnant une ville qui le détestait et qui ne le ci-aignait plus, alla finir ses jours dans les États et sous la protection du duc Normand.
Sous ces entrefaites, Boëmond avait continué la guei’re en Grèce, mais sans avoir le même succès que son père ; il fut enfin obligé d’abandonner le jKiys,