‹ Histoire des peuples du NordChapitre 180 sur 206 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Bopmond et do. scs chevaliers, rendit la [>aix aux États de Roger qui restait sans rivaux; mais, d’un autre côté, elle aflliiblit la puissance Normande et mit fin à tout projet d’agrandissement ou de conquête (1).

La ligne masculine de Robert Guiscard s’éteignit à la seconde génération dans l’Apulie et à Antioche ; ■ mais son frère cadet, Roger, qui régnait en Sicile , fut la souche d’une ligne de Rois. Le fils du premier Grand- Comte , Roger II , hérita de son titre , de ses conquêtes et de son courage. C’est lui que nous avons vu recevoir avec une hospitalité si généreuse et si magnifique, Sigurdr I®'', Roi de Norwége, lors de son expédition dans la Méditerranée (2). Roger II était né en Sicile, et n’avait que quatre ans lorsqu’il succéda à la suzeraineté de ce pays ; s’il s’était contenté de son fertile patrimoine, ses peuples reconnaissants auraient pu bénir leur bienfaiteur; sous une sage administration, on eût peut-être retrouvé les heureux temps des anciennes colonies Grecques. Mais l’ambition du Grand-Comte ne se contentait pas de ce royaume; il n’était pas content de son lot dans les conquêtes de so race : et il épiait avec impatience le moment où la santé chancelante de son cousin , Guillaume duc d’Apulie, petit-fils de Roberd Guiscard, lui permettrait de satisfaire ses projets ambitieux. Roger, instruit de sa mort en 1130, partit de Païenne avec sept galères, mouilla dans la baie de Salerne, et reçut

(1) Sismondi, Républiques llalienucs, t. I, ch. 14, pp. Ô03-304. — Glannonc, Stoi ia di Napoli , 1. U, pp. 88 , 95.

O) Chapitre 16, p. 415.

le serment de fidélité des barons Normands et l’investiture par l’Anti-Pape Anaelet II , de tous les États qui composent le royaume actuel des Deux-Siciles, le duché de Bénévent excepté. Le même Pontife lui conféra le titre de roi de Sicile, et plaça lui-même la couronne sur sa tête. Le nouveau Roi épuisa les forces de sa monarchie dans les guerres contre le vrai pape Innocent II, contre les Arabes de l’Afrique, et contre l’empereur Grec ; mais il n 'entre pas dans le but de notre ouvrage de tracer les événements postérieurs à l’histoire de la dynastie Normande en Italie ; il suffit de dire que le sceptre de Roger II passa successivement à son fils Guillaume P'' (1154) et à son petit-fils Guillaume II (1166). La postérité mâle légitime de Tancrède de Hauteville s’éteignit â la mort de Guillaume II, en 1189 ; mais Constance, sa tante, fille de Roger, avait épousé Henri IV, fds de Frédéric Barberousse, qui vint en Italie réclamer la couronne de l’empire et la succession de sa femme. Un peuple libre lui refusa cet héritage, et les Siciliens donnèrent le sceptre d’une voix unanime à Tancrède, petit-fils du premier Roi, qui, quoique illégitime, fut l’héritier des qualités héroïques de ses ancêtres. Il combattit pendant quatre années les forces de son ennemi ; mais , après sa mort, sa femme et son fils en bas âge ne purent soutenir le poids de la couronne, et la dynastie des Hohanstauffen remplaça celle des Hauteville sous Frédéric II, en 1204. Dix ans après cette révolution, Philippe- Auguste réunit le duché de Normandie à la couronne de France ; le sceptre des anciens Ducs avait été trans-

CIIAPITHE XVII.

mis à la maison de Plantagenet par une petite-fille de Guillaume-le-Conquérant, et les hommes du Nord, qui avaient joué un si grand rôle en Occident et en Orient, se trouvèrent au nombre des nations vaincues, ou confondues avec d’autres races (1).

(I) Sismondi , Républiques Italiennes, I. I, ch. 4, pp. 304.522. — Giannonc, Sloria di Napoli, t. Il, lib. 14. — Gibbon, eli, 56.

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