‹ Histoire des peuples du NordChapitre 2 sur 206 · XI.VI · texte numérisé non relu

XI.VI

ISTlîODW.TlOiS.

vie assumit rexislencc des Dieux. El cependant sa mort avait été prédite; Odin, ayant conjuré une Vala (oO) du séjour infernal, avait lu ce terrible secret dans le livre du destin. Tous les Dieux tremblèrent à cette fatale nouvelle, et, pour conjurer ce danger, Frigga fit jurer à toutes les créatures du ciel, de la terre et de la mer, de ne faire aucun mal à sou fils chéri ; à toutes les choses animées ou inanimées de ne pas détruire Balder, ni de fournir des armes contre lui. Le feu, l’eau, les rochers, les plantes, furent liés par ce serment solennel. Une seule plante, — le Gui, — fut oubliée (51). Loki soupçonna l’oubli et fit de l’arbrisseau dédaigné une arme fatale. Un des passetemps habituels des guerriers du Yalhalla, éUiit de lancer des dards à Balder, qui, — confiant dans son invulnérabilité, — se prêtait complaisamment à cette distraction, et présentait ses flancs aux traits inoflensifs. Dans un tournoi de ce genre, le mauvais génie mit une branche de gui dans la main d’Haudur, — l’aveugle, — et dirigea ses coups. La prédiction funeste s’accomplit par un fratricide involontaire. Tous les spectateurs furent frappés de stupeur, et leur chagrin s’accrut de ce que la sainteté du lieu protégeât le coupable et ai-rêtât leur vengeance. Au milieu des pleurs et des lamentations générales, on porta sur le rivage le corps sans vie de Balder; on le plaça sur un vaisseau funéraire (appelé Uringhorge), avec le corps de Nanna, sa fiancée bien-aimée, morte

(50) l’rophélcssc , devineresse ou sibylle.

(5DI.es Dieux ayant pressenti la mort de Balder, sa mère fit jurer de ne lui faire aucun mal à toutes les créatures du ciel, de la terre et de la miT;

INTHOnrCTION.

XLvn

de chagrin ; et, suivant la coutume des anciens héros delà Norwége, son cheval et ses armes furent brûlés avec lui.

Frigga, inconsolable de la perte de son fils, dépécha Hermodr {la légère) à la demeure d’Iléla pour mettre un prix h sa délivrance. I..a Déesse du sombre empire promit de rendre Balder, si toutes les créatures le pleuraient. Frigga envoya donc des messagers dans le monde entier pour que la prédiction s’accomplît, et les effets du chagrin universel furent comme « lorsqu’il y a un dégel général. »

Une seule créature, — une vieille géante, — que l’on trouva dans une caverne au milieu des rochers.

elle n'oublia que le gui , cl ce fut avec une branche de gui que llaudur le lua. VoiUi tan» doute pourquoi le gui était le sjmbolc de la nouvelle auiiéc; il avait tué l'ancienne , représentée p.tr le Soleil. An gui l'nn neuf, disailK>n en France , et cette signification du gui se retrouve aussi en Angleterre. Ap. Robert, Cambrian popular Antiquities; voyr: aussi Pline, liv. VI, c. AA; et Gcijer, Svea lUkes Uùfder, t. I", p. 330 et seq I.c rameau que? Virgile met i> la main cTEnée pour pénétrer dans les enfers , n’était autre chose que du gui; il le dit lui-méme sous la forme d’une comparaison; OEncid., liv. VI, v. 205.

Qualo solet sybis hrumali frigorn viscum Fronde vircre nova, quod non sua séminal arbos,

El croces foelu tereles circumdure truncos ;

Talis erat species auri frondenlis op.’ira llice, sic Leni crcpilabal braclea venlo.

Ferdusi raconte du prince Asfendiar une histoire absolument semblable h celle de Balder. Ap. CBrrcs, Heldenbuch von Iran, t. II, pp. 22A, 327 et seq. lin épisode de l’histoire de Baldur exerça une influence incontestable sur les idées poétiques du moyen Age. te Snor^-a-Eddu nous apprend que les Dieux mirent son corps sur un vaisseau appelé Hringhomi , qu’ils lancèrent en mer, A la merci des vagues; et dans Lancelot du I,ac, p. 1A7 , Edd. de 1591 , le corps d’un chevalier est déposé en • une nef richement équipée, qu’on laisse aller au gré du vent, sans conduilc, > (DuMéril, p. 100). (Noie du Traducteur.)

XLVIIl IXTIIODICTION.

l eliisa de pleurer : «que l'avare Héla garde sa proie, » fut la malédiction qu’elle proféra : ainsi s’évanouirent toutes les espérances de levoir Balder. Les Æsir, supposant que la géante pouvait être Loki déguisé , préparèrent une vengeance éclatante; niais il évita leur colère, se réfugia sur les montagnes , et ne put échapjier à leurs recherches qu’en se précipitant dans les eaux d’une rivière sous la forme d’un saumon, et là, il put, sans être découvert, déjouer tous les stratagèmes employés pour le perdre ; mais enfin il fut pêché par Thor à l’aide d’un filet de l'invention de Loki lui -même. Sa punition fut aussi terrible qu’avait été sou crime. Il fut attaché sur un rocher avec des cordes faites des entrailles de son fils; on suspendit un serpent sur sa tête , sa femme Sigyna recevait dans un vase le poison qui distillait incessamment de sa gueule ; mais lorsque le vase était plein, et qu’elle le retirait pour le vider, le poison tombait sur lui ; il reculait avec horreur , et les mouvements qu’il faisait pour changer de place produisaient les tremblements de terre. Il devait rester ainsi dans cette horrible position jusqu’au dernier jour (Ragnarok) des Dieux et des hommes.

Des présages nombreux et terribles devaient précéder le dernier jour du monde. « Le siècle de la « hache et de l’épée , le siècle des tempêtes et des « loups détruiront les plaines de la terre. Le crime « sera, dans le monde, l’adultère dans tous les lits;

« les fils seront tués par leurs pères, et les fi’ères se 4 souilleront du sang de leurs frères, n Avant que l’univers entre en fusion, le dernier homme aura

IKTRODl’CTION.

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