‹ Histoire des peuples du NordChapitre 28 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Et le biographe de saint Ancharius , le grand apôtre du Nord, parle d’une lettre écrite en caractères Runiques, au ix® siècle, par un Roi de Suède à l’Empereur Loiiis-le-Dcbonnaire (1). Ces caractères étaient employés dans des occasions qui avaient quelques rapports avec la magie et la sorcellerie, et, dans ce cas, Odin lui-meme proclamait leur influence et leur ellicacité sidutaires ; c’est ce qui résulte de plusieurs passages des poésies fragmentaires réunies par Sœmund. Saxo-Grammaticus parle de chants magiques inscrits siu* des tablettes en bois; et dans le Saga d’Egill, célèbre et comme guerrier et comme Skald, il est dit que, « frappé au coeiu’ par t la perte de son fils chéri, il était résolu à mourir « de faim, lorsque sa fille, pour le détourner de ce « funeste projet , lui persuada de composer en sa « mémoire une complainte élégiaque qu’elle s’offrit « de transcrire elle-même sur du bois , pâ Kûjlé. » En résumé, les caractères Runiques étaient surtout employés pour les inscriptions sur les pien es , dans les ' occasions dont nous avons parlé ; et rien ne

médicinales étaient inscrites sur les feuilles des arbres pour donner la guérison; d'autres préservaient du naufrage» chassaient la mélancolie » ou adoucissaieutlcsiigucursd'uiie maîtresse. Ces dernières devaient être employées avec une grande circouspeclion, car la plus légère erreur causait à la dame une maladie dangereuse. I/eflicacité de la plujtari de ces charmes était subordonnée à la nature des choses sur lesquelles iU / aient écrits, ou à la manière dont les ligues étaient tracées, soit sous la forme d’un cercle, tl’un triangle, d’un serpent, etc.— Yerelius Runograph. Scand., p. 21. — Olaus

YVorm., Liter. Ruu., p. 33 l es bAloiis runiques étaient des barres de

bois poli, généralement en bélre {Buch ou Bog)t appelés bAtons d’hétre; de là l’étymologie du mot anglais Book, livre; en ang'o-saxon, Bek et Dôk; en islandais, Bueh. (Note du Traducteur.)

(I) Toyes ch, IX,Vie df' ^ainl Ancharius.

IIISTOIIIE DES HOMMES DL NOlU).

prouve qu’avant rinlroductiou de la religion et du langage de l’Église Romaine, il existât parmi les nations Scandinaves quelque chose qui ressemblât à des livres proprement dits. Le plus vieux livre manuscrit en caractères Runiques que nous possédions aujourd’hui, est lui digeste de droit coutumier de la Scanie, écrit au xiii^ ou xiv® siècle, que l’on conserve à la bibliothèque de rUniversité de Copenhague (1).

Le texte original de l’Edda poétique, avec une inscription latine, notes, glossaires, etc. , commença à être publié à Copenhague en 1787. Ce fut alors que parut le premier volume de cet ouvrage ancien et curieux, sous la surveillance d’hommes instruits, composant ce que l’on appelait la Commission Royale, Arna Magnœan, dépositaire d’une collcc- . tion de manuscrits Islandais, conservés maintenant à la Bibliothèque de l’Université de Copenhague. Cette collection fut léguée à l’Université par Arn Magndsen , ou , comme son nom est latinisé , Arnus Magnœus, Islandais de naissance, homme profondément versé dans la littérature de cette contrée, et qui vivait au commencement du siècle dernier (2). Un se-

(l)Geijer, Svea Rikes Hüfder, I. I, pp. 13i-183

(S) Arne oii Amas Magnûseï], Islandais instruit et ardent patriote, consacra son temps, ses talents et s,-) fortune fl la littérature nationale de sa patrie. Prolitant de la facilité que lui offrait sa place de professeur des Antiquaires du Nord .’t l'Université de Copenhague, pour le but qu’il se proposait, il amassa la plus grande collection de livres et de manuscrits qu'ait peutêtre jamais possédé un seul individu. Entre autres livres curieux, elleconticnt les manuscrits les plus anciens et les plus rares en vieille langue du Nord, relatifs à l'histoire, aux lois, aux mœurs et aux coutumes des anciens Scandinaves. L'incendie terrible de Copenhague , en 1728 (Arne llorissail au

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