CHAPITRE IV
Stérile, il meurt bientôt ; n’en est-il pas de même de celui que personne n’aime? Pourquoi vivrait-il plus longtemps (1)?
c Sois l’ami de ton ami et des siens; mais ne le sois jamais de l’ami de ton ennemi.
c Âs-tu un ami dans lequel tu aies conliaiice et dont tu désires obtenir quelque chose, épanche ton cœur dans son cœur, échange des cadeaux avec les siens, vois -le souvent. Le chemin non frayé est bientôt couvert de ronces.
c Mais as-tu un ami dont tu doutes etdout tu veuilles cependant obtenir une faveur; que tes paroles soient mielleuses, que ta langue soit dorée; dissimule et rends lui fausseté pour fausseté.
« Je n’ai jamais trouvé un homme assez libéral et assez magnifique pour dédaigner un présent.
* N’aie pas confiance dans le mot d'une femme ; car le cœur de la femme ressemble à une roue qui tourne sans cesse ; la ruse et la tromperie nichent dans son sein.
< Celui qui veut séduire le cœur d’une vierge doit lui chuchoter à l’oreille de douces paroles, vanter sa beauté et lui offrir de riches présents. » L’utilité du savoir , l’essence de la vraie sagesse telle qu’elle est comprise par l’auteur de cette collection, ressortent clairement dans une série d’aphorismes sententieux, et on attache une valeur réelle à la vie et aux bienfaits qui en découlent; d’un autre côté, la fragilité des choses humaines et des ri-
(I) La même pensée, exprimée de la même manière, sc trouve dans le poème Sanseril appelé Màha-Barâtn
chesses, biens si périssables et si éphémères, est parfaitement sentie et heureusement exprimée.
« Mieux vaut vivre malheureux que de ne pas vivre du tout ; mieux vaut être aveugle que d’étre mis sur le bûcher fiméraire.
« Le dernier enfant est le plus précieux.
« Il n’existe sur la voie publique d’autres monuments durables , — souvenirs d’un êti-c qui n’est plus , — que ceux élevés par un fils à la mémoire de son père.
€ Bien fou est celui qui place ses affections dans les richesses ; elles s’évanouissent en un clin-d’œil • ce sont les plus inconstants et les plus infidèles des amis.
« J’ai vu les appartements d’un homme riche remplis de marchandises, et ses enfants mendier leur pain.
€ L’homme insensé pense ■ tromper la mort en échappant aux périls de la guerre; mais la vieillesse inexorable le saisira , bien qu’il ait évité la lance.
« La foule et le peuple périssent , les amis et les parents meurent, nous-mêmes nous mourrons ; mais une chose que je sais être impérissable, c’est la « réputation d’honnête homme. »
Les poèmes purement mythologiques sont :
1° Hymisquida, ou \e chant d'Uy mer, contenant la description d’une fête donnée par Ægir, le Dieu de la mer, à laquelle assistèrent presque toutes les Divinités de l’Olympe du Nord ; et Ægir n’ayant pas