CHAPITRE IV
« Le Roi des hommes se lève avec précipitation et selle « lui-même son cheval d’un noir éclatant ; il court vers les « fentes escarpées qui conduisent k la terrible demeure <c d’Héla
Mais ou aura une idée plus exacte de l’original par la traduction littérale suivante :
« Il rencontra le chien, sentinelle avancée de l’enfer j sa « poitrine est caillée de sang, sa mâchoire grimace le com- « bat ; vigilant et incorruptible , il aboie après le père ter' « rible du charme , il ouvre sa gueule immense et fait * entendre des hurlements prolongés. Odin est k cheval ; n l’épaisseur de la terre est sondée; il atteint la maison éle- <i vée de Iléla, et aperçoit alors la tombe de Vâla. Il chante « des vers étranges k l'enchanteresse morte , et trace des
K lettres mystiques en regardant au Nord
U y a beaucoup de ces poëmes qui trahissent leur origine par leurs sujets, leurs images, leur mythologie et leur style, qui tous sont empreints des formes et du coloris de l’Orient. Tels sont le Vôlu-Spâ, le Vafthrudnis-mâl , le Grimnis-mâl , V Alvis-mâl , VHrafna-Galdur-Odins, et le Vegtams-quida, dont la forme prouve évidemment qu’ils furent composés à une époque d’une haute antiquité, et chez des peuples moins éloignés du berceau de la race humaine que les Scandinaves du Nord. Mais VHymisqnida, V Hamars-heimt , le Skirnis-Jôr, YHtjndlu- Ijôd, et d’autres de cette catégorie, étaient le produit de l’inspiration de la muse du Nord, qui excellait dans les allusions aux scènes locales et aux moeurs des contrées voisines du pôle Arctique. On peut comparer les plus anciens fragments de cette poésie.
soit aux restes organiques, — derniers vestiges d’uii monde plus ancien, — soit aux ruines gigantesques de l’Egypte et de l’indostan , prouvant une civilisation avancée, et dont la gloire est depuis longtemps oubliée. On peut les considérer comme des traces visibles d’une religion plus pure et plus régulière, dont la lumière, répandue jadis sur les habitants primitils de la terre , s’est depuis obscurcie par les nuages épais de la superstition. < Ainsi, > dit Thistorien de la Suède, * retentit à travers l’obscurité des « siècles la voix de la prophétesse du Nord, Vâla, — « inintelligible pour nous. Elle parle de temps qui « sont loin de nous, d’bomraes qui n’existent plus, « d’idées qui ne sont plus les nôtres, mais formant « un tout réuni par les mêmes liens de la supersti- « tion, et cependant soupirant tous après une lu- « mière éternelle, inconnue, et ressentaut vague- < ment le désir et le besoin d’une autre religion plus « parfaite. Dans cette doctrine, nous pouvons aussi 1 reconnaître quelques uns de ces esprits tout puis- <r sauts dont les sympathies s’éveillaient au souvenir « des nobles actions , qui font dire au poëte Grec « Pindare : Qu’ils errent éternellement sur la terre et « la mer. Telles sont les voix qu’empruntent et le « Ciel et la Terre pour annoncer une existence éter- « nelle, et prédire une mort certaine, qu’aucune « religion Païenne n’a plus vivement senti et mieux « exprimé que celle du Nord. On y trouve aussi une « allusion, — indirecte il est vmi, — à l’Étre-Su- « prême d’en haut, bien supérieur à ces Divinités qui « tirent leur existence et leur force des pouvoirs de