‹ Histoire des peuples du NordChapitre 37 sur 206 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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c la terre, des brises fraîches de la mer, et de l’hy- « dromel des Skalds ; — à l’Étre plus puissant que le « Tout-Puissant, qu’ils n’osent pas nommer; — au « Dieu inconnu ; — à celui enfin que les Athéniens , « selon saint Paul, adoraient aussi sans le savoir (1). » Les poésies mythico-historiques sont : le Vôlundar-Quida, que la belle imitation d’Œlenschliiger, sous le titre de Vaulundar-Saga, fera comiaitre à toute personne familiarisée avec la poésie Danoise, et vingt autres chants réunis, formant un faisceau de poëmes héroïques semblables au vieux poëme épique des Teutons , — le Nibelungenlied , qui cependant est d’une origine beaucoup plus moderne, du moins tel qu’il existe aujourd’hui (2). — La Vie et les Aventures si remarquables du fameux artiste Yoluudr le forgeron, le Dédale du Nord ; — les Aventures de Dietrich ou Théodoric de Berne, le type de la chevalerie Teutonique ; — de Sigurdr ou Sigfried et de son père Sigmund et d’autres héros de romans : — l’histoire, fausse ou vraie, d’Attila et de ses Huns, — forment le sujet des poëmes Ëddaïques et Germains. Mais aussi , dans tous les chants Scandinaves, les personnages prennent un caractère beaucoup plus mythologique que dans l’épopée Teutonique ; leurs aventures sont intimément liées à la religion d’Odin et de ses Goths, aux faits et gestes des héros du Nord. La scène varie à l’infini et embrasse l’histoire compliquée des Francs, des Huns et des Bourguignons, dans leurs diverses

(1) (jcijer, Svea Itikos Hâfder, 1. I, pp. ôâ95i0.

(i) Du Méril, llisloiie tic la Poésie Scandiiiavv , pp. 585-102

émigrations, leurs guerres et leurs conquêtes pour détruire l’empire Romain. Ce n’était pas seulement la grande famille Scandinave, occupant la péninsule qui forme aujourd’hui les royaumes de Suède et de Norwége, et les îles de la Baltique et de l’Océan Septentrional, qu’une communauté de religion, d’origine, de mœurs , de langage , de lois et de gouvernement réunissait par des liens étroits|; mais il y avait, eu outre, entre les destinées des Francs, des Saxons et des autres tribus Teutoniques, la môme ressemblance qu’avaient entre elles les nations Doriques, Ioniennes et autres tribus de l’ancienne Grèce. De là, la grande analogie entre leurs fictions poétiques; de là cette ressemblance entre l’ancienne poésie héroïque et la poésie populaire. Ce cycle de poésie épique a tout l’intérêt d’un drame compliqué par la variété des événements et des caractères qui sont esquissés avec un savoir faire merveilleux. La scène est sans cesse transportée d’un lieu à un autre, et on peut y trouver le sujet de beaucoup de tragédies et de romans tragiques. Ainsi, par exemple, dans les collections Teutoniques et Scandinaves , nous trouvons la môme sublime allégorie du Dragon cachant son trésor, et le transmettant de main en main, source désormais féconde en crimes nouveaux, d’une atrocité toujours croissante, et qui prouve le pouvoir terrible de Y Auri sacra famés dans le cœur de l’homme. Telle est aussi l’histoire de l’héroïne représentée dans Gudrùnar quida en fyrsta ou premier chant de Gudrun, couchée sur le corps inanimé de Sigurdr, son mari, traîtreuse-

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