‹ Histoire des peuples du NordChapitre 4 sur 206 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Quelles notions les Grecs et les Romains avaient de la Scandinavie.— Cimbres et Teutons. — Fenni ou SkrithUnui (Finnois). — Emigration des Gotbs. — Vœrirtgjar (Varœngers , Varangues) à Constantinople. — Les Saxons, les Angles et les Jutes émigrent en Grande-Bretagne. — Navigation d’Obter et de Wulfstan autour de l’Océan Germanique et de la Baltique.

Les Anciens, dont l’imagination féconde et poétique vivifiait toute chose , se plaisaient à regarder la prtie septentrionale de la terre comme le berceau de la religion et le centre de tous les mystères : c’était cependant pour eux la région des ténèbres. Mais de même que le jour s’échappe des ombres de la nuit, de même la lumière et tous les éléments divers qui constituent la nature, ont le Nord pour foyer primitif. Les Indous- plaçaient dans cette partie du

globe leur fabuleuse montagne Méru (1) (l’Olympe de la Mythologie Indienne); et là, dans une mystérieuse obscurité, les Divinités dérobaient leurs attributs célestes aux yeux profanes des mortels. C4’est dans cette terre Hyperboréenne, placée par les Grecs à l’extrémité du Nord, que Latone ila Nuit) donna le jour à ces deux lumières du ciel , Apollon et Artémis, ou Diane, qui plus tard émigrèrent à Délos ; c’est là qu’était la demeure des Dieux Scandinaves , dont la vue embrassait le monde entier ; et , lorsque les lougnes nuits d’hiver étaient éclairées par les reflets éclatants de l’Aurore Boréale qui brillait à l’horizon, les formes imposantes des Divinités, ceintes d’une auréole céleste , devenaient visibles aux enfimts de la nature, qui, trop ignorants pour deviner leur origine , les adoraient avec une dévotion ciaintive et respectueuse. Ainsi Hérodote rapporte- que les peuples Hyperboréens, « de toutes les races humaines la plus heureuse et la plus digne de l’être par ses vertus, » étaient en commerce habituel avec les Divinités, qui les admettaient à partager leur iutimité « au milieu d’un ciel pur et sans nuages, dans des champs couverts d’une éternelle verdure, où la terre fertile et généreuse produisait des récoltes deux fois l’année : » il ajoute que ses heureux habitants atteignaient une, vieillesse avancée , et qu’enfin, rassasiés de la vie, et ceignant joyeusement leurs têtes de couronnes, ils se précipitaient avec insouciance du haut

(t) Méru ou Héros (de cuisse), montagne qui dominait la ville do

N^sa; Pline nomme la montagne même Njisa. Elle était spécialement consacrée k Bacebus, qui J était sorti del a cuisse de Jupiter Plin.VIII. (iV du T.)

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